Le Ministère de la famille au Maroc insensible face au suicide de Amina El Filali.

Objectif-ZorreteRobert, 05/09/2012 :

Les Groupes des droits des femmes au Maroc dénoncent les dires de la Ministre de la famille Bassima Hakkaoui qui prend à la légère le viol des femmes et les mariages précoces et forcés.

Hakkoui a déclaré aux parlementaires de la justice et du développement au mois de mai : «la question de l’abus sexuel des enfants a été exploitée politiquement par les associations des droits de l’homme (Maroc), qui ont grandement nui à l’image du Maroc à l’étranger » .

Elle ajoute : « le mariage de filles mineures devrait être mis sur la table de discussion », parce que de nombreux pays (occidentaux) permettent aux filles d’avoir des rapports sexuels à l’âge de 14 ans. »

Ces discutions ont débuté suite au suicide d’une jeune fille de 16 ans, Amina al-Filali, car elle ne voulait pas se soumettre au mariage avec l’homme qui l’avait violée. Sa mort a entraîné la colère des associations pour la protection de la femme par laquelle, elles ont demandé de supprimer la loi sur le viol prémedité pour imposer un mariage non souhaité.

Deux jeunes marocaines pleurent à côté de la tombe de Amina. Morte, suite à un suicide car elle ne voulait pas épouser l’homme qui l’avait violée.

Amina El Filali

Amina El Filali

Selon la loi actuelle, si une enfant est violée, et que son violeur est son époux, seule une personne ayant un « statut social » peut déposer des accusations de viol.

La Ligue Démocratique des Droits des Femmes (LDDF) du Maroc dirigé par Rabah Khadija a expliqué à Magharebia que les déclarations de la Ministre de la famille, Hakkoui va entraîner des « dégâts au lieu d’honorer sa carrière de ministre. » Elle devrait : « attirer l’attention sur les questions touchant les enfants et les femmes, car elle est responsable de la famille, plutôt que de blâmer les associations qui font leur travail. »

Bayt Al Hikma Khadija Rouissi qui est aussi présidente d’une association de protection de la femme a également exprimé sa frustration contre le gouvernement qui n’a pas condamné les propos de Hakkoui.

«Je tiens à dire au ministre que le monde est devenu un petit village, » a-t-elle déclaré dans une interview sur Magharebia. «Grâce à la révolution technologique et le printemps arabe, rien ne peut être caché. »

Hala Mourad, un étudiante et militante dans la capitale de Rabat, a dit :

«Il s’agit d’un problème local qui touche toutes les femmes dans ce pays. Alors que dans le monde, ce n’est pas le cas. Comme nous sommes préoccupés à ce sujet, nous allons changer la façon dont les femmes sont traitées « .

Les mouvements sont frustrés car le Maroc est en perte de vitesse concernant la protection des femmes, contrairement à la Constitution marocaine qui garantit l’égalité politique, civile et sociale.

« Quelle est la position du gouvernement sur ces questions, si le ministre, qui est la seule femme dans le gouvernement, est contre l’exposition publique des violations contre les enfants et les femmes? » se demande Rouisi.

Aller plus loin :

D’après une récente enquête réalisée par le Haut Commissariat au Plan du Maroc (HCP), institution marocaine de prospective, d’analyse et de prévision économique, en charge du système national de production statistique, 6 millions de femmes sont victimes de violences au Maroc. Cela signifie qu’ une femme marocaine sur trois subit en silence son quotidien de violence. 

D’ après une autre enquête récente de la Ligue démocratique pour les droits de la femme, 22 % des femmes marocaines sont mariées dans le cadre de mariages arrangés par la famille, dont 8 % contre leur gré. L’ enquête a porté sur un échantillon de 1510 femmes issues des milieux rural et urbain.

Aujourd’hui, le Maroc, signataire de la convention internationale pour l’ élimination de toutes les formes de violence à l’ égard des femmes, déclenche tout un processus de réformes en vue de combattre la violence sous toutes ses formes, partant de la violence psychologique en raison du non-paiement de la pension alimentaire, passant par la violence physique, allant jusqu’ à la violence morale et sexuelle.

L’ heure est à la mobilisation pour une formulation d’ un cadre juridique protégeant la femme de la violence. Un projet de loi définissant les différentes formes de violences conjugales a été déposé en 2010 devant le Parlement marocain, mais il n’a toujours pas été adopté par les députés.

En attendant, bon nombre de femmes subissent en silence leur quotidien de violence. Cette réalité reflète une quantité considérable d’ actes de violence non déclarés, cachés, tus, gardés sous silence, en raison de la honte, par crainte de représailles, ou au nom de la solidarité familiale ou de la non-ingérence dans la vie privée des familles.

Les violences à l’égard des femmes revêtent plusieurs formes, physiques, psychologiques et sexuelles, explicites et implicites, occasionnelles et répétées : coups et blessures, violences verbales, cris, hurlements et menaces de mort, isolement, non subvention aux besoins de la famille, viol conjugal, abandon, empêchement de travailler, avortement forcé, travail forcé, séquestration, humiliation, dépossession des biens.

Dans ce cadre, Mme Fouzia Assouli, présidente de la Fédération de la Ligue démocratique des droits de la femme (FLDDF), a souligné que le gouvernement et le parlement doivent prendre toutes les mesures administratives et judiciaires pour mettre fin à l’impunité. Elle a également jugé urgent de promulguer une loi incriminant la violence à l’égard des femmes en général, estimant nécessaire de procéder à une révision du code pénal et à la promulgation d’une loi-cadre pour lutter contre toutes les formes de violence à l’égard des femmes.

2 réponses à “Le Ministère de la famille au Maroc insensible face au suicide de Amina El Filali.

  1. courage à celles qui se battent pour faire évoluer les mentalités aussi ignobles, mais je crois que c’est un peu général dans beaucoup de pays meme d’occident, en france aussi c’est pas le top à ce niveau et pour porter plainte c’est pas mieux et si la plainte passe il ne se passe rien qui fait que tout doit suivre, combien de fois entend on, la police était au courant mais rien n’a été fait et la femme est morte, d’ailleurs je vais finir par dire que la mode en france c’est de tuer conjointe et enfants…ça devient un fait divers

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  2. eh, tu ne vas pas comparer quand même: en France on ne t’oblige pas à épouser l’homme qui t’a violée !?!? En France, peu de plainte aboutissent mais ça concerne toutes les plaintes, parce que la Justice n’a plus de sou.

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