La chasse au carré rouge fait des victimes.

Le Devoir.com, 23 août 2012 :

La chasse au carré rouge semble vouloir se poursuivre auprès des employés de la fonction publique.

Six correctrices employées par le ministère de l’Éducation, dans ses bureaux montréalais de la rue Fullum, ont été suspendues après avoir porté le symbole lié au mouvement étudiant contre la hausse des droits de scolarité, a appris Le Devoir.

Mercredi, deux correctrices ont été averties par la division des ressources humaines qu’elles ne pouvaient plus revenir travailler si elles portaient le carré rouge. Le lendemain, jeudi, quatre autres correctrices qui l’ont porté par solidarité ont connu le même sort.

L’une d’entre elle, Michèle Tremblay, se dit médusée par ce qui lui arrive. Selon elle, ce sont des employés d’un autre département du ministère de l’Éducation (MELS) qui l’ont dénoncée, elle et ses collègues.

Au début du mois de mai dernier, une note de service avait été diffusée à l’interne dans les bureaux du ministère de l’Éducation, rappelant que les fonctionnaires ont une «obligation de loyauté et de fidélité envers [le ministère de l’Éducation ]». Cette note avait été élaborée parce que plusieurs employés portaient le carré rouge.

Michèle Tremblay, qui travaillait aussi comme contractuelle pour le MELS au mois de mai dernier, a porté le carré rouge pratiquement tous les jours, mais elle n’avait pas été embêtée. «Nos bureaux étaient au cégep André-Grasset et on était entre collègues correcteurs. Ça a peut-être moins choqué les gens», analyse-t-elle.

Cette fois, Mme Tremblay, qui est employée contractuelle, avait été rappelée dans les bureaux du MELS rue Fullum pour travailler toute la semaine. Une note de service a de nouveau été transmise au mois d’août reprenant les propos de celle du mois de mai et appelant les employés à respecter l’éthique.

«En tant qu’employé du ministère, vous avez l’obligation de faire preuve de réserve, c’est-à-dire, d’agir avec neutralité dans l’exercice de vos fonctions et de réserve dans la manifestation publique de vos opinions. Cette obligation s’applique autant dans votre vie privée que professionnelle», peut-on lire. «Également, vous avez l’obligation de loyauté et d’allégeance à l’autorité constituée qui requiert que vous défendiez les intérêts du ministère.»

Mme Tremblay remarque que cette fois plutôt que de parler de «symboles liés au mouvement étudiant», les directives sont plus claires. «C’est le carré rouge qui est visé. C’est dit dans la lettre», note-t-elle. C’est ce qui explique que personne n’a rechigné sur le fait qu’elle a porté un t-shirt Anarchopanda pendant deux jours cette semaine.

Le ministère de l’Éducation n’a pas été en mesure de fournir des explications au Devoir.

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