Les identitaires : Des brutes néo-nazis

Comme toute une partie de l’extrême-droite, la mouvance des “Identitaires” cherche depuis un certain temps à se donner une image de “respectabilité” et à faire oublier que son origine est le groupuscule néo-nazi “Unité Radicale”. Après Toulouse, les dernières informations de Lyon confirment bien la nature profonde des Identitaires : une bande de néo-nazis racistes et violents.

 

Lyon Capitale, 25 juillet 2012 :

Après un mois et demi d’enquête, les deux auteurs principaux de la rixe qui avait coûté 15 jours d’arrêt à un restaurateur d’origine maghrébine ont été interpellés. Il s’agit de deux jeunes identitaires de 23 ans. Tous les deux ont reconnu les faits.

Il aura fallu un mois et demi d’enquête aux policiers du commissariat du 5e arrondissement de Lyon pour interpeller les auteurs de cette agression. Une descente à motivation raciste qui avait secoué tout le quartier de St-Jean dans la nuit du 8 au 9 juin dernier.

Ce soir là, peu après minuit, une vingtaine de jeune cagoulés, dont certains le crâne rasé font irruption Chez Louise, un restaurant de la place du Change à Lyon 5e,. Ils viennent pour en découdre avec le gérant et son personnel d’origine maghrébine. « Bande de bicots, rentrez chez vous, ici, c’est notre territoire » lancent les jeunes aux restaurateurs.

Deux jeunes de 23 ans au « profil identitaire »

C’est la fin du service, une rixe violente éclate. Les jeunes cagoulés urinent dans les bacs à fleurs avant de saccager la terrasse. Le personnel du restaurant se défend. Bilan, trois victimes : le restaurateur et deux de ses collègues. L’un à la jambe cassée et douze points de suture. Ils subiront respectivement 15,10 et 5 jours d’interruption temporaire de travail (ITT). Quelques jours après les faits, le restaurateur interrogé par nos journalistes pense à fermer boutique et à s’exiler loin de Lyon. Malgré son expérience chez Bocuse et au Ritz Carlton de Londres, il veut quitter la ville.

Depuis, les rumeurs vont bon train dans le quartier où les habitants s’inquiètent de « l’impunité des jeunes identitaires ». Leur local – La Traboule – est situé montée du Change non loin du restaurant. « Tout le monde sait qui c’est et personne ne les arrête, ce n’est pas normal » s’inquiète un riverain. Entre temps, l’intervention d’Alexandre Gabriac et de quatre de ses amis à Lyon 3e jette de l’huile sur le feu. Pour avoir déployé une banderole à caractère xénophobe sur le toit d’un immeuble à la Part-Dieu et déplacé le GIPN, ils ne seront pas poursuivis.

Mais mercredi 25 juillet, un mois et demi après les événements, la Sureté départementale affirme avoir arrêté « les principaux auteurs de l’agression » du 9 juin. Sans surprise, il s’agit de deux jeunes « au profil identitaire », âgés de 23 ans. Interpellés au petit matin, ils ont été présentés au juge dans la matinée et mis en examen pour coups et blessures en réunion. Tous deux ont reconnu les faits selon la police. Ils ont été laissés libre. Le parquet a ouvert une information judiciaire, l’enquête se poursuit.

Article sur l’agression, Lyon Capitale, 5 juillet 2012 :

Dans la nuit du 8 au 9 juin, le personnel des restaurants « La Grange » et « Chez Louise », dans le quartier Saint-Jean (Lyon 5e), a été victime d’une attaque raciste. L’agression, perpétrée par un groupe d’une vingtaine de personnes, a laissé le propriétaire sous le choc. Il a décidé de vendre ses établissements.

“Bande de bicots, rentrez chez vous, ici c’est notre territoire.” Voici les insultes qui ont été proférées à l’encontre de Mohammed Chikha et de son personnel. Selon le restaurateur, alors que le terrassier de La Grange finissait son service, un homme est venu uriner dans les plantes. Rapidement rejoint par quatre ou cinq personnes, le ton est monté. C’est ensuite une vingtaine d’individus, cagoulés pour certains, crâne rasé pour d’autres, qui ont afflué et s’en sont pris au personnel du restaurant.

Le beau-frère de Mohammed, Hamid Emerzoukene, a même été attaqué au moyen de barres de fer et de poings américains. Il s’en est sorti avec 12 points de suture au crâne et une jambe cassée. Nous l’avons rencontré, il marche avec une béquille. Maurice, cogérant des restaurants, explique que les agresseurs ont clairement signifié que leur but était de “mettre un terme à leurs activités”.

« Sales juifs, sales bougnoules, sales noirs »

Le directeur de cabinet de la mairie du 5e arrondissement, présent sur les lieux de l’agression, déclare avoir constaté des mouvements de fuite. Plusieurs dégâts matériels ont aussi été déplorés. Les restauratrices du Cozy Corner, situé en face des deux bouchons, nous confirment également avoir vu les individus lancer le matériel de la terrasse sur le personnel. Le directeur de cabinet affirme qu’une enquête est en cours pour déterminer les “motivations des agresseurs”.

Deux jours plus tard, un groupe d’une dizaine de clients s’est présenté au restaurant. « Rapidement, j’ai reconnu des croix gammées sur leurs blousons. A chaque fois qu’ils commandaient, ils faisaient le salut nazi, ils n’arrêtaient pas de répéter : sales juifs, sales bougnoules, sales noirs », nous confie le serveur Damien. M. Chikha décide alors d’alerter la police.

“Je réfléchis à l’Algérie”

Mohamed Chikha affirme aujourd’hui être “dégoûté”. Ayant fait ses classes de restaurateur chez Bocuse, puis au Ritz Carlton de Londres, il se dit “désabusé” par un tel “manque de reconnaissance”. Ses ambitions, son passé et son ascension dans la restauration sont “souillés” par cette agression. Il est aujourd’hui suivi psychologiquement, expliquant avoir “très peur”. Selon lui, l’agression est liée directement à la diversité d’origines de son personnel qui, pourtant, “s’investit activement dans le travail”.

Comparant avec l’expérience du Ritz Carlton de Londres dont il a bénéficié, il avoue qu’en France, “ce qui manque, c’est le respect”. Aujourd’hui, il envisage sérieusement de quitter la France. “Je réfléchis à l’Algérie ou au Maroc”, nous confie-t-il, avant d’ajouter : “J’ai envie de voir grandir mon fils.” Soupçonné par la victime d’être à l’origine de l’agression, le groupe de jeunes identitaires Rebeyne, dont le local se situe dans le quartier, dément cette accusation. La police, quant à elle, n’a pas souhaité communiquer sur cette affaire.

2 réponses à “Les identitaires : Des brutes néo-nazis

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