Cauval industries : les salariés s’invitent à la table de la direction.

L’Est Eclair, 18/07/2012 :

Bar-sur-Aube- : Près de 80 salariés de l’usine Valco se sont invités à une réunion de la direction pour demander une prime de pénibilité dans une ambiance tendue.

 

Le mouvement de grève d’une partie des salariés de Valco a pris une tournure inattendue hier. Réunis à l’entrée du site de l’entreprise, les quelque 80 salariés mobilisés par la CGT qui avaient prévu de débrayer deux heures se sont rapidement invités à une réunion de leur direction : « Ils ne veulent pas nous recevoir. Alors on va se rendre à leur table pour demander l’ouverture de négociations. Le rapport de force, c’est ce qui fera tout » a lancé un représentant de l’organisation syndicale, avant d’entraîner avec lui ses collègues.

Toc, toc, toc ! C’est la CGT

Enceinte sous le bras, drapeau rouge à la main, les salariés de l’entreprise de fabrication de canapés et d’articles de literie ont donc investi, de force et en musique, la salle de réunion devant des responsables interloqués.

Ils ont demandé une nouvelle fois l’ouverture d’une négociation pour une prime de pénibilité qu’ils ont fixée, en préambule à d’éventuelles discussions, à 20 euros brut par mois : « Nous avons travaillé près de 40 h 30 par semaine depuis le début de l’année. Les gens ne font que des allers et retours à l’infirmerie. Beaucoup sont épuisés, en arrêt maladie. Une prime de 20 euros, cela ne paie même pas le médecin » argumente Jean-Claude Collin, représentant du syndicat.

Réduire la pénibilité du travail

Contacté à l’issue de la réunion, celui-ci a souligné qu’elle avait « surtout été l’occasion pour les salariés de s’exprimer sur leurs difficiles conditions de travail. La direction a expliqué qu’elle souhaitait bien négocier sur ce point mais ils ont expliqué qu’ils ne céderaient pas sur la prime ».

Interrogés hier, les membres de la direction n’ont pas souhaité réagir.

« Mauvaises conditions de travail ». Ces mots reviennent avec insistance dans la bouche d’une partie des salariés attachés à la production. La semaine dernière déjà, les représentants syndicaux avaient pointé du doigt les difficultés rencontrées : « Il n’y a qu’à regarder l’aménagement administratif de la plateforme Logibar. Les agents sont entassés les uns sur les autres dans une toute petite pièce. Quant à l’état des quais de chargement, plus d’un transporteur est surpris de leur délabrement. Il y en a qui disent qu’ils ne voient cela que chez nous. L’hiver, il fait moins 15 degrés, nous sommes en plein vent […] Le travail de garnissage est tellement difficile que la direction ne trouve personne pour occuper les postes vacants » rapportaient, à tour de rôle, plusieurs salariés syndiqués.
Pour toutes ces raisons, ils demandent aujourd’hui à l’actionnaire d’investir sur le long terme pour réduire la pénibilité du travail : « La sécurité a un coût. Pour l’instant, ce qui est mis en place, c’est du bricolage interne », assène Moustapha Mamouri. Un « bricolage » qui n’a que trop duré pour les grévistes présents hier.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s