Le « vrai problème » de PSA Aulnay selon la bourgeoisie et ses alliés.

Depuis un an, pour les ouvriers, le « problème de l’usine PSA d’Aulnay » c’est la menace, démentie par les mensonges de la direction, de la fermeture de l’usine et de la perte de 3.300 emplois sur le site et de 10.000 emplois en tout sur le bassin d’Aulnay-sur-Bois suite à cette fermeture, et ce dans un département, la Seine Saint-Denis, déjà particulièrement touchée par la misère et le chômage. Depuis hier, les ouvriers de l’usine d’Aulnay, de Rennes et plus largement tous les travailleurs de PSA et même l’ensemble de la classe ouvrière de France est sous le choc de l’annonce de la direction de PSA de son plan de suppression de 8.300 emplois, de la fermeture de l’usine d’Aulnay et de la suppression d’un quart des effectifs de l’usine de Rennes (voir ici l’info CGT du CCE du 12 juillet).

Bref, pour chaque travailleuse et chaque travailleur de ce pays, le problème c’est les licenciements pour les uns et l’accroissement de la charge de travail pour les autres, c’est cette société où une poignée d’individus, comme la famille Peugeot, parce qu’ils possèdent les moyens de production, peut décider de la vie et de la mort de régions entières, peut condamner des milliers voir des dizaines de milliers de familles ouvrières au chômage et à la misère, peut, après avoir exploité pendant des années le travailleur, le jeter à la rue. Et tout ça, alors que cette même poignée d’individus se partagent des milliards et des milliards. Bref, le problème pour nous les prolétaires, c’est la dictature de la propriété privée, la dictature du capital, et son cortège d’oppression, de pressions, l’exploitation quotidienne et les licenciements. Le problème, à PSA, c’est la famille Peugeot et les autres actionnaires.

Dès le 13 juillet, Varlin, PDG de PSA, l’homme qui touchait en 2011, 9000 euros par jour dimanches compris, réclame une « baisse massive » du « coût du travail ». Selon lui, ce qui coûte c’est le travail de l’ouvrier. En 2011, la famille Peugeot s’est enrichie de 1300 euros chaque minute ! A peu près un salaire ouvrier par minute ! Voilà ce que la famille Peugeot s’est mis dans la poche en 2011, et cela sur le dos, par la sueur et le sang, de dizaines de milliers d’ouvriers du groupe et des entreprises sous-traitante ! Et on ose parler du « coût » de l’ouvrier !?! L’ouvrier, par son travail, produit des richesses, richesses dont la plus grande partie est accaparée par les actionnaires et grands patrons. Ce qui « coûte » à la société, ce qui est accaparé, gaspillé, ce que la société toute entière et en particulier la classe ouvrière doit supporter de tout son poids, ce sont les actionnaires, les capitalistes, ceux qui s’enrichissent chaque minute sans rien produire d’utile à la société, et qui, pour accroître encore leurs profits, peuvent décider de fermer une usine et de condamner des milliers de familles au chômage et à la misère.

Dès l’annonce de la fermeture du site d’Aulnay et des 8.300 suppressions d’emplois, politiciens et membres du gouvernement se sont mis à « condamner », verbalement, la décision de la direction de PSA. Mais sans même parler d’expropriation de la famille Peugeot, sans même parler de revendications ouvrières comme l’interdiction des licenciements et l’embauche des travailleurs intérimaires, il y aurait une mesure simple, de bon sens, que pourrait brandir un gouvernement qui de cesse de parler d’économies lorsqu’il s’agit des emplois publics. Depuis des années, PSA a touché des milliards de fonds publics au nom de la « sauvegarde de l’emploi ». Il serait simple, logique, de bon sens, que le gouvernement annonce que si le site d’Aulnay ferme, si 8.300 emplois sont supprimés, et bien que Peugeot doivent rembourser ces milliards d’euros !

Mais c’est dans son édition du 13 juillet que « Le Figaro » parle de ce qu’est le « véritable problème », pour la bourgeoisie, de l’usine d’Aulnay. Sous le titre « PSA : Aulnay, aux mains des ultras de la CGT« , Le Figaro écrit : « Le site d’Aulnay en Seine-Saint-Denis, où l’ambiance est explosive, va-t-il s’embraser socialement? C’est la question qui inquiète tant la direction que le gouvernement, ainsi que la plupart des syndicats du groupe. » Oh, quelle horreur ! Les ouvriers de l’usine ne sont pas prêts à accepter passivement la perte de la gagne-pain ! Et bien sûr, Le Figaro ne manque de rappeler que parmi les militants CGT de l’usine on compte des militants de Lutte Ouvrière. N’est-ce pas là aussi inacceptable que des ouvriers fassent aussi de la politique et militent dans une organisation qui lutte pour en finir avec l’exploitation ? Et pour bien marquer l’opposition entre le « mauvais ouvrier », militant CGT, communiste, « rouge » et combatif, et le « brave travailleur », Le Figaro a su trouvé des dirigeants syndicaux conciliateurs.

On peut ainsi y lire « «Le gros problème d’Aulnay, c’est la CGT LO», renchérit un autre responsable syndical, qui accuse ce syndicat «d’être dans le rapport de force» et de recourir à des méthodes «dures» et «extrémistes». » Puant retournement de situation de la part d’un « responsable syndical », plus proche de la direction que de la classe ouvrière… La CGT serait « dans le rapport de force », aurait des méthodes dures et extrémistes ? Et la direction ? Ne s’agit-il pas de « méthodes dures et extrémistes » lorsque l’on menace des milliers d’ouvriers du chômage ? Lorsque l’on condamne tout le bassin d’Aulnay-sous-Bois au chômage et à la misère ? Lorsque l’on pratique la chasse aux ouvriers malades, handicapés et brisés par des années d’exploitation ? Ce n’est pas du « rapport de force » de menacer de fermer l’usine de Sevelnord si les travailleurs n’acceptent pas le gel des salaires et la flexibilité accrue ?

La bourgeoisie dans son ensemble et la famille Peugeot en particulier connaissent très bien les règles de la lutte des classes. La guerre sociale, cela fait des années et des années qu’elle est déclarée par le patronat contre notre classe sociale. Ils nous imposent des conditions de travail toujours plus insupportables, des salaires qui ne nous permettent plus de vivre, et nous licencient quand bon leur chante, tout ça pour accroître leurs profits. Et nous devrions rester passifs ? Accepter ? Discuter gentiment avec le patronat ? Discuter de comment ils vont fermer l’usine, de comment ils vont nous virer ?

Puante hypocrisie ! A la guerre que nous mène le patronat, nous n’avons pas d’autres choix que de rendre coup pour coup. Les luttes qui nous attendent seront longues et difficiles, mais une chose nous permet d’être confiants dans l’avenir, dans un avenir qui n’appartient pas à la famille Peugeot et autres grands bourgeois, mais à nous, à notre classe sociale, à la classe ouvrière. Mille et une fois les travailleurs ont prouvé qu’ils peuvent se débarrasser des patrons et autres parasites de la bourgeoisie, mais jamais les actionnaires et autres capitalistes ne pourront faire tourner les usines, assurer la production des richesses et des services, sans nos bras et nos têtes, sans nous les prolétaires.

Et c’est bien, comme le souligne Le Figaro et avant lui Les Echos, le problème principal de la bourgeoisie, c’est qu’à Aulnay comme ailleurs, nous sommes des travailleurs, nous sommes des êtres humains, et nous avons la capacité et la force de rendre les coups et de riposter aux sales coups du patronat. Et, tous ensembles, nous sommes une force collective capable de soulever des montagnes, d’imposer nos revendications et même de balayer l’exploitation capitaliste.

Camille Boudjak, 13 juillet 2013

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