Après 9 mois sans salaire, les Sodimécal remportent leur combat judiciaire.

France Culture 11.07.2012

La chambre sociale de la cour d’appel de Reims a condamné  mercredi le groupe Lohman et Rauscher à payer les arriérés de salaire et à donner du travail aux employés de leur filiale Sodimédical. Les 54 ouvriers pointaient tous les jours malgré la fermeture de l’usine et l’arrêt du versement des salaires en octobre dernier.

C’est l’épilogue d’un bras de fer qui aura duré neuf mois et engendré pas moins de trente-cinq décisions de justice parfois contradictoires. En 2010, le groupe allemand Lohman et Rauscher annonce la fermeture de son site de fabrication de matériel médical Sodimédical, à Plancy-L’Abbaye dans l’Aube. La direction tente alors de mettre en place cinq plans sociaux consécutifs, tous invalidés par la justice, d’abord pour insuffisance d’accompagnement des salariés puis pour absence de motif économique valable. Car si la filiale est bien déficitaire, le groupe, lui, dégage de confortables profits, et les salariés estiment qu’il a sciemment laissé Sodimédical à l’abandon. C’est la thèse que défend l’avocate des Sodimédical, Nathalie Campagnolo.

Fin 2010, la société décide de déposer le bilan. Mais la justice s’y oppose encore. En octobre 2011, elle interrompt le versement des salaires. Les ouvriers (à 90% des femmes) continuent malgré tout de pointer chaque jour à l’usine de 7h à 15h, cinq jours par semaine, pour ne pas se faire licencier pour faute grave. Débute alors une série de manifestations régulières à Troyes et Paris. Les salariés ont également interpellé le députe-maire de Troyes et alors ministre de l’Economie, François Baroin. En vain. Jusqu’à cette décision de la chambre sociale de la cour d’appel de Reims qui leur accorde le versement de tous les arriérés de salaire et la ré-embauche.

L’avocate Nathalie Campagnolo a accompagné les salariés de Sodimédical pendant deux ans, elle estime que ce dossier est exemplaire d’une « stratégie de contournement du droit du travail » qui tente de plus en plus de directions d’entreprises. Elle estime que le gouvernement doit s’atteler à une réforme du droit du travail et du droit commercial pour éviter de telles dérives.

La chambre sociale de la cour d’appel de Reims a condamné Lohman et Rauscher à payer les salaires dus et à venir ainsi qu’à redonner du travail à tous les salariés. Le non-respect de ces conditions entraînerait le paiement d’une amende de 1400 euros par jour de retard et par salarié. La direction ne s’est pas encore exprimée.

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