Strasbourg : Manifestation des travailleurs de General Motors

Dernières Nouvelles d’Alsace, 1 juillet 2012 :

Plusieurs centaines de personnes ont manifesté hier après-midi dans les rues de Strasbourg, à l’appel de la CGT, afin de garantir l’emploi sur le site de General Motors. Les salariés, parfois venus en famille, ne se font pourtant plus guère d’illusion.

Désormais, les GM s’attendent ouvertement au pire, et pensent d’abord à sauver les meubles. Salarié « depuis vingt ans », Daniel Lesur est quasi certain que son entreprise « va fermer cette année ». « On a fini les commandes pour BMW, qui était notre plus gros client et qui nous lâche, explique cet homme de 40 ans. Au mieux, on est racheté, mais on sera à nouveau là dans deux ans. » Marie-Madeleine, son épouse, est venue battre le pavé à ses côtés.

« Coups tordus »

C’est mon mari, c’est normal, dit-elle. S’il perd son emploi, on devra tout reprendre de zéro. » Quant à une éventuelle fermeture, « je préfère que ce soit le plus tôt possible », concède-t-elle.

« Nous voulons une garantie de la direction nous assurant que si un repreneur venait sans respecter nos acquis, GM reviendrait, détaille Alain Blames-Brice, représentant des cadres du site strasbourgeois. Les engagements pris doivent être tenus. »

Le délégué CGT de l’entreprise dénonce quant à lui « les coups tordus de la direction » depuis un premier plan social en 2008. « Les gens se sont sacrifiés et on nous a joué le coup de la vente. Finalement, en 2011, GM a fait 7,6 milliards d’euros de bénéfice, un record historique », fustige Roland Robert.

Les manifestants, qui voulaient aussi « faire pression sur le gouvernement », ont reçu le soutien du maire de Strasbourg et du président de la Communauté urbaine (CUS). « Nous sommes venus témoigner notre solidarité avec les entreprises en difficulté, explique Roland Ries, et transmettre leur message à Arnaud Montebourg [ministre du Redressement productif, NDLR]. » Jacques Bigot ajoute que les autorités locales « vont interpeller la direction de GM » et travailler à la problématique de « la reconversion industrielle ».

La CGT appelle à un rassemblement « interprofessionnel et régional » mercredi à 11 h 30 devant le siège du Medef 67, à l’Espace européen de l’entreprise de Schiltigheim, afin de dénoncer « la casse de l’emploi, les blocages de salaires, les chantages et la remise en cause des acquis ».

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