Veolia : La grève prend fin, pas la colère

L’Union, 22 juin 2012 :

Les pneus ont brûlé pendant trois jours, devant les sites Véolia d’Hirson et de Vervins. Hier, une vingtaine de grévistes a repris le travail. Pas dans la joie…

Une goutte… d’eau.

0,5 % d’augmentation des salaires, soit 240 à 360 euros nets par an, en fonction de la rémunération, ce n’est pas suffisant, pour Maxime Lesain, délégué du personnel CGT chez Véolia, à Vervins, seul syndicat. « C’est une toute petite avancée, alors que nous demandions une prime annuelle de 500 euros. Nous pensons aux petits salaires. Chez Véolia, désormais, que l’on ait 20 ans d’ancienneté ou que l’on commence à travailler, l’ouvrier gagnera la même chose. Ou presque. »

C’est le « son de cloche » de la CGT. Et dans les faits ? Les salaires versés le sont de 21 000 à 25 000 euros par an, et d’une à vingt années d’ancienneté.

« Nous manquons de reconnaissance à tous les points de vue, confie un ouvrier. Sur le plan financier, comme sur le plan de la considération. Pour la direction, nous sommes les derniers maillons de la chaîne, des ouvriers qui ne savent ni lire, ni écrire. »

Table ronde

Un fossé. Entre la direction régionale, à Arras, et ses ouvriers en Thiérache, ses trente et un réparateurs de fuite auprès des réseaux d’eau des collectivités ou chez les particuliers, le gouffre s’agrandit depuis deux ans. « Nous avions aussi fait grève l’an dernier. Mêmes revendications. Pourquoi faire ? »

La question est posée, par Maxime Lesain. « Nous reprenons le travail ce matin, mais dans le mécontentement. »

Les derniers tracts, nationaux, en témoignent. Hier, à l’heure où certains grévistes continuaient de battre le pavé, dans le sud notamment, l’un d’eux s’intitulait : « C’est confirmé, la direction méprise les salariés, son silence en est la preuve. »
« Dans le sud, ils sont beaucoup plus véhéments que nous. Mais on commence à se réveiller. Car on ne peut plus continuer de travailler dans ces conditions. »
Aucune action n’est cependant prévue pour l’instant. Les grévistes thiérachiens, une vingtaine au total, ont, hier matin, balayé devant leurs portes, fait le ménage devant les locaux d’Hirson et de Vervins.

Depuis lundi minuit, ils étaient sortis de l’ombre, en agitant les drapeaux rouges de la CGT et en brûlant des pneus. « On a distribué quelques tracts, mais très peu. Et au final, l’eau a continué de couler. » Hier matin, la pluie ruisselait sur les parvis des deux établissements. Sous les préaux, les mines étaient grises.

Seul point positif, peut-être : une visite, hier matin, du responsable de l’agence de Chauny, Martin Laurenc, ainsi qu’une rencontre, ce mardi, avec des membres de la direction régionale Flandres-Artois-Picardie. Une table ronde est prévue pour apaiser les tensions. Quant aux salaires…

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