50 ans de l’usine PSA Mulhouse : Qu’y a-t-il à fêter?

Tract de la CGT PSA Mulhouse, 21 juin 2012 :

Depuis des mois la direction nous rebat les oreilles avec la fête des 50 ans qui aura lieu ce week-end. Pour notre part, nous pensons que l’histoire des patrons et de la famille Peugeot, ce n’est pas du tout celle des salariés de l’usine qui produisent des richesses au quotidien.

  • Faut-il fêter les 5000 emplois supprimés ces 10 dernières années ?
  • Faut-il fêter les conditions de travail qui se dégradent, les départs non remplacés, la précarité imposée en permanence à des centaines d’entre nous?
  • Faut-il fêter des salaires bloqués qui ne nous permettent plus de vivre correctement?
  • Faut-il fêter la course aux gains de productivité qui nous esquinte bien avant que l’on arrive à l’âge de la retraite, les maladies professionnelles, les accidents du travail qui font que des ouvriers ont laissé leur vie à l’usine ?
  • Faut-il fêter la chasse aux malades, les pressions pour nous empêcher de se soigner, les licenciements des plus fragiles?
  • Faut-il fêter la politique du « diviser pour mieux régner» instaurée par la direction, qui va des grilles de classification bidon à l’instauration de méthodes de travail censées nous faire accepter le mode de pensée du patron?
  • Faut-il fêter tout ce que la direction supprime, des postes de travail aux lignes de bus en passant par les selfs?
  • Faut-il fêter la flexibilité de nos horaires poussée à l’extrême, des H+/H- à l’APLD en passant par le numéro vert ou l’overtime, qui tend à généraliser le travail à la carte ?

Nous pourrions pratiquement continuer cette liste à l’infini, tant chacun d’entre nous a des exemples de la détérioration de nos conditions de vie au travail.

A la CGT, nous préférons fêter les moments ou les travailleurs se sont battus collectivement, comme la grève de 1989 qui a permis une augmentation pour les salaires les plus bas. Nous préférons penser aux luttes, petites ou grandes, qui nous ont permis de nous faire respecter. Et nous préférons préparer celles qui sont indispensables pour défendre nos emplois et nos salaires, sans cesse attaqués actuellement.

Depuis 50 ans, toutes les voitures et toutes les pièces produites dans les ateliers de l’usine l’ont été et le sont toujours grâce au travail collectif de milliers de salariés. Alors il en va de même pour défendre nos intérêts: c’est toujours collectivement que l’on est plus fort. Et c’est ce cap qu’il faut garder, quand tous les discours que l’on nous tient visent à nous faire accepter le « chacun pour soi» et l’idée que les travailleurs et les patrons peuvent se retrouver sur la base d’intérêts communs.

Il n’y a qu’à se rappeler que la famille Peugeot s’est enrichie de 1300 euros chaque minute l’an dernier pour se convaincre qu’entre salariés et patrons, ce n’est pas la même fête !

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