Au deuxième jour de grève, échos de la lutte des travailleurs de Veolia Eau

Dépêche AFP du 19 juin 2012 :

La grève débutée lundi par des salariés de Veolia Eau pour une augmentation générale des salaires se poursuivait mardi, a-t-on appris auprès des syndicats FO et CGT, à l’origine du mouvement, et de la direction.

Travailleurs de Veolia Eau en grève à Troyes

On va vers un blocage. Jean-Michel Herrewyn, le patron de la branche Eau de Veolia, a décidé qu’il fallait rassurer les marchés à tout prix et ne veut donc pas d’augmentation salariale générale avant 2014-2015, la fin de son plan de déploiement Hellebore qui doit redonner de la compétitivité à l’entreprise, a dit à l’AFP Christophe Gandhillon, délégué central FO.

Lors de la dernière réunion de négociation, la direction a proposé, outre une augmentation générale de 0,5%, une prime exceptionnelle de 450 à 300 euros brut, soit 240 à 360 euros net en fonction de la rémunération, selon les syndicats.

Ce n’est pas suffisant, on estime qu’on est en perte de pouvoir d’achat, a assuré M. Gandhillon.


Les syndicats doivent cependant soumettre ces propositions aux salariés qui décideront mercredi, lors d’assemblées générales, de la suite du mouvement. Ils réclament près de 100 euros d’augmentation et une prime de résultat de 500 euros net pour tous.

Le taux de grévistes était mardi de 26%, selon la direction et de 45%, selon les syndicats. Veolia Eau compte 15.000 salariés.

Par ailleurs, les salariés de six centres de tri d’Ile-de-France appartenant à Generis, une filiale de Veolia propreté, qui étaient en grève depuis le 6 juin, ont repris le travail lundi après avoir obtenu 500 euros de prime d’intéressement et 2% d’augmentation salariale, selon Genaro Suazo, délégué central CGT.

Quelques échos de la mobilisation à travers le pays :

Avignon :Les banderoles ont à peine eu le temps de prendre la poussière. Quinze mois après le dernier mouvement, une nouvelle grève secoue Veolia et son site de la route de Montfavet. En 2011, le conflit, purement local, était nourri autant par un niveau de salaire jugé trop bas que par « un certain mépris de la direction » de l’époque. Les 15 jours de grève menée par 72 salariés du site avignonnais avaient débouché sur l’augmentation de la prime d’eau annuelle et 500€ de prime exceptionnelle pour tous les salariés. Cette fois, la colère est nationale et les revendications purement salariales. Les syndicats (CGT, FO, CFDT et CFE-CGC) ont entamé hier une grève, conséquence selon eux de « cinq mois d’âpres négociations » demeurées vaines avec la direction parisienne. « Nous déplorons la perte d’une prime d’intéressement annuelle de 700€, détaille Cédric Colomb, délégué CGT. La direction nous dit qu’il n’y a pas d’alternative alors que les actionnaires perçoivent de larges dividendes. »

FO et la CGT demandent notamment l’instauration d’une prime annuelle de 500€ nets, l’augmentation du régime indemnitaire de 5 % et le rétablissement des 10 % retirés de la masse salariale des cadres. Les employés qui tenaient le piquet de grève hier après-midi pointaient également du doigt une augmentation de 0,5 % sur leur fiche de paie : « Ça me fait 8€ par mois, c’est ridicule », illustrait l’un d’entre eux. Pendant ce temps, une partie des 80 grévistes (85 % des salariés avignonnais selon la CGT) menait une « opération escargot » à travers la ville. À bord d’une dizaine de véhicules tournant au ralenti, ils ont rejoint la mairie, puis les bureaux de la direction locale, route de Marseille. Et dans un communiqué national, les syndicats demandaient l’intervention des députés fraîchement élus. (La Provence, 19 juin)

Épernay (Marne). Selon les syndicats, 80 % des salariés de Veolia Eau à Epernay auraient suivi le mouvement de grève. Au cœur des revendications : les salaires.

Veolia en grève ! Trois mots inscrits en vert sur les grilles du site d’Epernay, avenue du Vercors.

Pas ou peu d’activité, ce lundi pour le premier opérateur d’eau en France, notamment pour une partie des salariés d’Epernay et de Châlons installés en piquet de grève devant l’entreprise. « Les négociations salariales avec notre direction sont au point mort », expliquait hier, le syndicaliste Michel Charmel. « La direction nous a reçus le 8 juin dernier, sans progresser dans sa proposition de + 0,5 % d’augmentation générale des salaires ». L’intersyndicale a donc lancé un mot d’ordre de grève, qui selon ses responsables aurait été suivi, lundi par 80 % des salariés. A Epernay, les salariés de Veolia ont été rejoints par une partie des agents de Châlons-en-Chamapgne. Ils étaient donc près de 50 avenue du Vercors à manifester leur colère.

Du côté des syndicats, on réclame notamment une augmentation des salaires adaptée à l’inflation générale en 2011 de + 2,4 %. « Nous ne pouvons accepter une si faible revalorisation quand dans le même temps, les résultats nets de l’entreprise se chiffrent en centaines de millions d’euros ».

Lundi donc, un nombre limité d’agents et de véhicules s’est donc rendu sur le terrain, alors que coïncidence, le violent orage survenu au cours de la nuit de dimanche à lundi a sans aucun doute nécessité plus d’interventions. « C’est vrai que les services d’eau potable et d’assainisement gérés par Veolia ont été fortement perturbés », admet le syndicaliste, « en revanche, il y a toujours un service d’astreinte pour les urgences. Il y a également cette possibilité pour nos agents d’être réquisitionnés, ce qui n’a pas été le cas ce lundi de grève, le service minimum étant assuré ». Clairement pour FO, la CGT, mais aussi la CFDT et la CFE-CGC, « il reste deux jours à la direction de Veolia pour revenir à la table des négociations avec des propositions décentes et ainsi éviter un conflit qui s’annonce dur, tant la colère des salariés et leur frustration sont grandes ».

Granville-Avranches  : Dans le cadre du mouvement de grève national lancé par les syndicats FO, CGT, CFDT, et CFE-CGC, une trentaine de salariés de l’agence Véolia Eau de Granville-Avranches se sont mobilisés devant leur lieu de travail dès 12 h, ce mardi, pour dénoncer l’augmentation de 0,5 % proposée par Véolia.

Ils n’excluent pas de poursuivre le mouvement, demain mercredi, si la 2e journée de négociations venait à échouer. (Ouest-France, 19 juin)

Montpellier / Alès : Veolia Eau : une opération escargot à Montpellier. Les salariés de Veolia Eau sont en grève nationale depuis lundi matin à l’appel de la CGT et de Force ouvrière. A Alès, un peu plus de la moitié des 70 salariés ont suivi le mouvement, lundi. Une délégation alésienne s’est même rendue à Montpellier pour manifester devant le siège régional de la société. Une opération escargot a également été menée dans les rues de la capitale régionale. Les syndicats ont déposé un préavis de grève reconductible en Languedoc-Roussillon et au niveau national.

Des revendications salariales sont à l’origine de ce mouvement social au sein du groupe qui gère la collecte, le traitement et la distribution de l’eau potable pour des collectivités et des entreprises. Les syndicats demandent également une prime de résultat de 500 euros net au minimum pour tous. La production et la distribution de l’eau n’ont pas été affectées par ce mouvement, selon la direction nationale. Les syndicats affirment pour leur part que les services d’eau potable et d’assainissement pourraient être fortement perturbés au fil des heures. (Radio Totem, 19 juin)

Nantes : 200 agents de Veolia font une opération escargot sur le périph’ ce matin. Ils sont actuellement en grève pour suivre les négociations nationales sur les salaires. Quelque 200 agents de Veolia sont en train de quitter le site de Rezé, où ils s’étaient retrouvés ce matin, pour rejoindre le centre d’appels situé à Saint-Herblain, près du Zéntih, où ils ont prévu un pique-nique ce midi. La circulation sur le périphérique risque d’être perturbée. (Ouest-France, 19 juin)

Nice : La colère gronde parmi les personnels de Véolia-Eau. Ils ont manifesté ce matin devant la direction régionale, boulevard René-Cassin à Nice, puis sous les fenêtres de la Métropole Nice Côte d’Azur. A l’origine de cette grève nationale, lancée depuis lundi, à l’appel des syndicats CGT, FO et CFDT,la diminution de moitié de la prime annuelle d’intéressement versée au personnel. Baisse expliquée par la direction nationale par une diminution des bénéfices réalisés en 2011 par l’entreprise.

Si les négociations se poursuivent avec les organisations syndicales,la direction nationale souligne que les services de Véolia-Eau sont assurés normalement.

Demain matin, le personnel en grève devraient se réunir en assemblée générale, devant la direction régionale à Nice, pour décider de la suite du mouvement. (Nice Matin, 19 juin)

Perpignan : Ça bouchonnait sévère aux alentours de cinq heures dans le centre-ville de Perpignan… Des employés de Véolia étaient en effet en grève comme la plupart de leurs collègues au niveau national afin d’obtenir augmentation mensuelle de 80 euros brut ainsi qu’une prime annuelle de résultat de 500 euros.  au volant de leurs  véhicules de services, les grévistes sont descendus depuis le Champ de Mars vers la préfecture et ont fait le chemin dans le sens inverse causant de nombreuses perturbations de la circulation. (L’Indépendant, 19 juin)

Rennes : « C’est le bazar ! », maugrée un automobiliste. À l’appel de la CGT et de Force ouvrière, les salariés de Veolia Eau se sont fait entendre, à Rennes, hier. Plusieurs dizaines d’entre eux, au volant de fourgons décorés de drapeaux, ont d’abord réalisé une opération escargot sur la rocade, ralentissant des centaines d’automobilistes, dès 11 h 30. Puis, environ 150 autres ont défilé dans les rues, dans le quartier de Villejean, jusqu’au siège régional de Veolia environnement, à l’entrée Ouest de la ville.

Une revendication sur les salaires. « On souhaite 95 € bruts d’augmentation, lance Pascal Couillard, secrétaire CGT. La direction ne nous propose que 0,5 % d’augmentation. Insuffisant quand on sait que nos actionnaires ont touché 280 millions d’euros. » Les grévistes réclament aussi une prime d’intéressement de 500 €.

Impossible, rétorque la direction nationale, à Paris : « Les résultats sont à la baisse ». La direction estime aussi que « l’augmentation proposée est en réalité de 2,45 % si on y ajoute les avancées à l’ancienneté et au mérite ». Pas de quoi convaincre les manifestants. « Au plus bas de l’échelle, un salarié touche 1 250 €, confie Valérie, 22 ans de boîte. Alors 95 € en plus, ce n’est pas la mer à boire. »

Les agents ont manifesté jusqu’à 17 h sous les fenêtres de la direction, à Villejean, filtrant la circulation vers la rocade de Saint-Brieuc. « Nos services d’eau potable et d’assainissement n’ont pas été perturbés par le mouvement », assure Veolia Environnement.

Une délégation de responsables syndicaux a été reçue par la direction nationale, à Paris, hier soir. Le résultat ne devait pas être connu avant ce mardi matin. En attendant, les salariés rennais projettent de reconduire leur action ce matin. « Il y aura de nouvelles opérations escargot sur la rocade ou en centre-ville », annonce la CGT. (Ouest-France, 19 juin)

Troyes : La grève nationale chez l’opérateur d’eau potable et le spécialiste de l’assainissement a été très largement suivie hier par ses salariés de Troyes.

Véolia n’est pas généreux envers ses salariés. « Comme augmentation cette année, il ne nous accorde que 0,5 % de hausse », signalent-ils. Et cette faible progression salariale a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

Les salariés de l’opérateur d’eau potable et du spécialiste de l’assainissement se sont mis en grève hier. Cet appel national lancé par quatre syndicats (CFDT, CGT, FO et CFE-CGC) a été très largement suivi les salariés de Troyes.

« Pratiquement tous les ouvriers, les employés et les techniciens étaient en grève », signale Alexandre Duvaux, le délégué syndical régional CFDT. Ce syndicat étant majoritaire à Troyes.

Par contre, malgré l’appel de la CFE-CGC, les cadres se sont peu mobilisés.

Depuis trois ans, Véolia a quitté à la fois Sainte-Savine où il avait ses services techniques et le quai La Fontaine où il avait ses bureaux pour s’installer aux Bas-Trévois. Sur le site de l’ancienne usine Poron du Parc.

Que la grève ait été très suivie à Troyes ne surprend pas Alexandre Duvaux. « Véolia ne veut nous accorder que 0,5 % d’augmentation alors que l’inflation est déjà de 2,5 %. Nous demandons une hausse des salaires de 6 % », explique-t-il.
Cette grève a fait ressortir d’autres points de mécontentements. Comme la reconnaissance des compétences professionnelles et l’expérience des agents.
« Il n’y a pas grande différence entre un nouveau salarié qui est embauché et celui qui est en poste depuis dix ans. Pourtant il n’a pas la même expérience », déplorait hier un ouvrier devant le siège de l’entreprise. Pour attirer l’attention sur leur mouvement, les salariés en grève brûlaient des palettes en bois.

Autre sujet de mécontentement : l’aggravation de la charge de travail. « Nous sommes de moins en moins dans les services mais on nous demande de faire plus », ajoutait un de ses collègues. Au niveau national, Véolia compte plus de 26 000 salariés. Le groupe exerce ses activités dans l’eau, la propreté, l’énergie et le transport. Mais sur Troyes, il n’a que deux activités. Il a obtenu, en affermage, le réseau d’eau potable de la ville de Troyes et il assure l’assainissement pour le Grand Troyes. Il a repris en fait l’activité de la Compagnie générale des eaux, dont certains salariés portent encore le nom sur leur vêtement. (L’Est Eclair, 19 juin)

Toulon : Une centaine de salariés de Veolia Eau ont battu le pavé, lundi matin à Toulon, de la place de la Liberté à l’hôtel de ville où une délégation intersyndicale a été reçue. Le cortège a conclu la manifestation devant les bureaux de l’entreprise, à la Rode.

Selon l’intersyndicale, le taux de grévistes était de 85 % à 90 % (hors cadres) dans le Var – « un chiffre basé sur le comptage des présents dans les agences », a observé un délégué de la CGT. La direction nationale de Veolia fait état de 57 % de grévistes en région sud-est (Paca-Corse).

Ce mouvement national de grève est reconductible chaque jour. Des votes doivent avoir lieu ce matin en assemblée générale dans les agences. Dans le Var, 500 salariés environ travaillent dans les bureaux de Toulon, Fréjus, Draguignan, Le Luc.

Le conflit porte sur les revalorisations salariales liées à la négociation annuelle obligatoire (NAO). La direction propose une augmentation de 0,5 %, refusée par les syndicats*. « Cela équivaut à 7,50 E mensuels pour un salaire moyen, nous demandons 6 % d’augmentation soit 90€ », a affirmé Pascal Corrot, délégué Cfdt au nom de l’intersyndicale CGT-FO-Cfdt.

Par ailleurs, les représentants syndicaux fustigent la politique d’austérité de Veolia Eau et, plus largement, de sa maison mère Veolia Environnement, dont les plans d’économie sont chiffrés respectivement à 250 M€ et 400 M€ sur trois ans. « Ces économies doivent être réalisées principalement par des gains de productivité sur le dos des personnels, considérés comme “variable d’ajustement”, dont les conséquences se reporteront sur la qualité du service rendu aux usagers et le respect des contrats avec les collectivités qu’il sera plus difficile d’honorer », a repris Pascal Corrot.

L’intersyndicale CGT-FO-CFDT a décidé mardi de poursuivre la grève entamée lundi chez Veolia Eau.

Les personnels de l’aire toulonnaise se réuniront mercredi matin devant le site de La Garde afin de décider des actions à venir.

A Draguignan, une cinquante de salariés de Veolia Eau de la cité du Dragon mais aussi de Sainte-Maxime, La Garde ou encore Fréjus s’étaient donné rendez-vous ce 18 juin à 11h et ont défilé, une petite heure, boulevard Clemenceau. Ils se sont ensuite réunis devant la mairie avant de se disperser.

Ce mouvement national, qui porte sur les revalorisations salariales, est très suivi (à plus de 80 % selon les salariés, 57 % selon la direction), mais n’a pour l’heure aucune conséquence sur la continuité du service public de l’eau potable. (Var Matin, 19 juin 2012)

Une réponse à “Au deuxième jour de grève, échos de la lutte des travailleurs de Veolia Eau

  1. aubert lucien

    elu conseiller municipal de FROUARD: lucien AUBERT.j’interviens en solidarité aux travailleurs de VEOLIA exploités par leur patron qui remplit les poches des actionnaires,vident celles des usagers avec l’aval des collectivités et s’attribuent des salaires mirobolants. la lutte et la grève générale est la force des travailleurs. ce soir au conseil, je serais un fervent défenseur de votre lutte.

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