Algérie. Indifférence générale face à la grève de la faim des greffiers.

D’après El Watan du 7 juin 2012 et le Communiqué du Collectif algérien en France, ACDA, Paris Le 9 Juin 2012 :

Les pouvoirs publics n’ont pas réagi à la grève de la faim illimitée  initiée par les travailleurs de la justice depuis maintenant cinq semaines. Même l’opinion publique ne semble pas y prêter attention. L’état de santé des greffiers est très critique. 

Communiqué du collectif algérien en France ACDA (Agir pour le changement et la démocratie en Algérie), en soutien aux greffiers de justice en grève de la faim depuis le 5 mai 2012 – soit plus de 35 jours :

Depuis plus de trente-cinq jours maintenant, des greffiers du tribunal, syndiqués au SNAPAP/Fédération des travailleurs de la Justice) et des non-syndiqués, sont entrés en grève de la faim pour dénoncer les mesures abusives et les refus opposés par le ministère de la Justice à leurs revendications. 
L’association ACDA (Agir pour le changement et la démocratie en Algérie) apporte son soutien à ces travailleurs en grève et appelle à la solidarité la plus large. L’ACDA dénonce les arrestations des grévistes et le refus persistant de la discussion par le ministère, qui pousse ces travailleurs à la grève de la faim et met leur santé et leur vie en grave danger.
Les fonctionnaires de la justice, qui en sont à leur quatrième grève depuis février 2011, revendiquent « une révision de leur statut particulier digne de leur profession, un règlement de leur situation socioprofessionnelle et l’ouverture du dialogue avec les représentants légitimes des greffiers ».


Par son silence, le gouvernement affiche son mépris pour la revendication exprimée démocratiquement. Cette grève, comme celles, récentes, des sans-emploi à Ouargla, dans la Santé publique, chez les étudiants, les enseignants d’Oran, et tant d’autres, comme les mouvements innombrables sur les questions de logement ou de santé, souligne cruellement l’incapacité de ce régime, sans projet, à proposer un avenir aux Algériens, à la veille du 50e anniversaire de l’Indépendance. 

L’ACDA appelle toutes celles et ceux qui croient en un avenir démocratique et prospère pour l’Algérie à se mobiliser et se donner les moyens d’agir ensemble pour ce bel objectif.

Contact ACDA : acda@mailfr.com

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Sur la grève de la faim, en tant qu’action revendicative des droits des travailleurs :

Un des grévistes, en l’occurrence, le président de la fédération nationale des travailleurs de la justice affiliée au SNAPAP,  a déclaré que c’était « avant tout c’est une grève pour la dignité ».

Car argumente-t-il, ses collègues greffiers ont fait objet de harcèlements, de licenciements et même d’humiliation au lendemain de la grève qui a duré un mois et a paralysé le secteur de la justice.

Par la grève de la faim, les grévistes ont pour buts : « d’exhiber leur corps vulnérable en symbole de leur situation d’impuissance. S’exposant en victimes, ils cherchent à alerter l’opinion publique et à provoquer une compassion massive capable d’ébranler les autorités et de les contraindre à modifier leurs politiques ».

Mais là encore, la réaction de l’opinion publique demeure limitée et ne risque donc pas d’ébranler les hauts responsables pour les inciter à réagir  et ouvrir le dialogue avec les greffiers.

Une grève de la faim constitue elle-même une action de protestation extrême. Voyant cette action presque avortée, d’autres greffiers ont rejoint leurs collègues en tenant un sit-in illimité devant la Maison de la presse en s’enchaînant avec une corde comme pour marquer  une ultime action pour se suicider.  « Je suis prêt à mourir » nous répète un syndicaliste appartenant aux corps communs de la justice.

Par ailleurs l’encyclopédie en ligne nous renseigne comme pour nous prévenir  sur le fait que « cet appel spectaculaire (la grève de la faim) à la conscience populaire n’est guère possible que dans les régimes politiques où l’opinion publique jouit d’un pouvoir réel et pèse sur les décisions des gouvernants ».

Enfin peut-on dire que la grève de la faim des greffiers est passée inaperçue. Si c’est le cas, l’encyclopédie nous enseigne sans trancher que «  dans les régimes totalitaires et dans les pays pauvres, on fréquente la faim et on frôle la mort quotidiennement. Une grève de la faim y risquerait de passer inaperçue et ne réussirait pas à provoquer une mobilisation populaire capable de revendiquer des droits bafoués ou de créer des mutations sociales importantes ».

Face à ce silence et cette indifférence, les greffiers meurent à petit feu. Que dira t-on si par malheur un des grévistes venait à perdre la vie?

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