Les Rotos 93 occupent leur imprimerie fermée.

Le Parisien, 6 juin 2012 :

Les 24 salariés de cette entreprise du Blanc-Mesnil qui cesse son activité aujourd’hui se retrouvent sans emploi et sans aide. Ils en appellent au ministre du Redressement productif.

RUE DU PARC, LE BLANC-MESNIL, hier. Les 24 salariés de Rotos 93, une imprimerie placée en liquidation judiciaire le 29 mai, occupent leur usine jusqu’à ce qu’ils obtiennent un plan social.

RUE DU PARC, LE BLANC-MESNIL, hier. Les 24 salariés de Rotos 93, une imprimerie placée en liquidation judiciaire le 29 mai, occupent leur usine jusqu’à ce qu’ils obtiennent un plan social.

A l’entrée de leur usine, au Blanc-Mesnil, ils n’ont pas déployé de banderole « salariés en grève » ou « entreprise occupée » mais « ouvriers oubliés ». C’est dire si les vingt-quatre employés de Rotos 93 en ont gros sur le cœur depuis que le tribunal de commerce de Bobigny a prononcé il y a une semaine la liquidation judiciaire de leur imprimerie.

La cessation d’activité prend effet aujourd’hui, mais ils ont décidé d’occuper leur usine jusqu’à ce qu’ils obtiennent gain de cause.

« Liés par cette épreuve », ils gardent jour et nuit les rotatives qui imprimaient encore il y a deux semaines six quotidiens de courses et defootball (dont « Bilto » et « Loto Foot ») et quatre magazines (« Tiercé Quinté Magazine », « le Gri-Gri », le journal de Lutte ouvrière et « Rivarol »). « Notre outil de travail, c’est la dernière chose qui nous reste, clament-ils d’une seule voix. Nous, nous avions du travail! On nous l’a enlevé du jour au lendemain, on nous a enlevé nos clients. Les patrons se sont enrichis sur notre dos pendant vingt-cinq ans et maintenant ils nous virent comme des moins que rien. Ce sont des patrons voyous. »

« Le pire, c’est le manque de considération », soulignent ces ouvriers, âgés de 27 à 62 ans, qui sont tous à la CGT mais n’ont affiché aucun drapeau du syndicat dans leur usine. « Car notre combat dépasse toute considération partisane, disent-ils. Cela fait quinze ans en moyenne que nous suons sur ces machines, de 6 heures à 19 heures, six jours sur sept, parfois même le dimanche. Depuis des années, la direction n’a rien investi. Et depuis la liquidation judiciaire, elle n’a même pas le courage de venir nous parler, nous n’avons aucune proposition d’indemnité ni de reclassement. Son avocat nous demande juste des RIB en nous promettant de l’argent public. C’est fou! On ne lâchera rien, on ne sortira pas d’ici sans plan social. »

Le gérant de Rotos 93, Michel Lange, assure au contraire « avoir tout fait pour sauver l’entreprise » et « averti les salariés des difficultés ». « La crise de la presse est telle que nous avons perdu plusieurs publications importantes ces dernières années, l’hebdomadaire But en 2010 avec 144000 € d’impayés, Paris Courses, en 2011, explique-t-il. Après deux plans sociaux, je ne ferme pas Rotos 93 de gaîté de cœur. J’ai 58 ans et moi non plus je n’ai pas de travail derrière. » La députée Front de gauche de la circonscription Marie-George Buffet est venue lundi soutenir les salariés et leur a promis d’intervenir auprès du préfet. De son côté, le conseiller municipal (ex-PS) du Blanc-Mesnil Alain Ramos a envoyé un courrier en forme d’appel au secours au ministre du Redressement productif. « On espère vraiment qu’Arnaud Montebourg viendra nous voir, avouent les Rotos 93. Nous ne sommes pas des casseurs. Nous nous battons pour nos familles et notre dignité. »

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