Journée de grève en Colombie

L’Humanité, 31 mai 2012 :

Les principales confédérations ont protesté hier (dlr : 30 mai) contre les salaires et leurs conditions de travail, notamment dans l’éducation.

Rien ne change. C’est le message qu’ont adressé, hier, les principales confédérations colombiennes au gouvernement de droite de Juan Manuel Santos. Les principales confédérations syndicales – CUT, CTC, CGT – et fédérations de fonctionnaires se sont mises en grève contre des négociations collectives au point mort, mais également pour défendre les services publics. Le corps enseignant était singulièrement attendu lors de la marche qui devait traverser le centre de Bogota, à l’appel de la Fédération colombienne des éducateurs (Fecode). Le mouvement contre la privatisation de l’enseignement a gagné le pays, à l’image des mobilisations qui structurent, depuis un an, la vie sociale du continent, comme au Chili, au Mexique, ou encore au Québec.

En octobre et novembre 2011 déjà, ce sont des dizaines de milliers d’étudiants qui sont descendus dans les rues en faveur d’une « éducation alternative, démocratique, gratuite, au service de la majorité », en réaction au projet de l’exécutif qui entendait ouvrir les portes de l’enseignement aux entreprises privées. Le 15 mai dernier encore, ils manifestaient contre la mise en concurrence des centres d’enseignement telle que le prévoit le traité de libre-échange signé avec les États-Unis. Un traité rejeté par l’ensemble des syndicats qui dénoncent des asymétries économiques qui seront désastreuses sur le plan des droits sociaux et de la pauvreté alors que la Colombie est l’une des nations les plus inégalitaires de l’hémisphère Sud.

Ce mouvement inédit 
– rappelons que la Fecode n’avait pas appelé à une grève générale unitaire depuis plus d’une décennie – n’a pas manqué de susciter les réactions acerbes de la ministre de l’Éducation. « Que les parents envoient leurs enfants étudier », a cru pouvoir sermonner Maria Fernanda Campo Saavedra lors de la présentation, mardi, d’un programme censé améliorer la qualité de l’éducation dans les écoles et collèges publics. « Cette grève est injustifiée », a-t-elle persiflé. La fédération des enseignants, quant à elle, rappelle les engagements non tenus comme « le problème d’accès à certaines zones scolaires, le transfert des enseignements menacés de mort, ou encore la circulaire censée garantir le versement des pensions non payées à ce jour ».

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