Grève dans les cantines scolaires à Brest

Le Télégramme, 1 juin 2012 :

Remontés! À l’heure de la pause déjeuner, les agents de la ville se retrouvent dorénavant devant la porte de l’hôtel de ville pour répéter leur malaise, au lieu de servir les têtes blondes aux quatre coins de Brest. Entamée mardi, la grève des cantines s’est ainsi poursuivie hier et se poursuivra aujourd’hui. Et sans doute bien au-delà, à en croire la CGT, si leur employeur, la mairie de Brest, continue à faire la sourde oreille à leurs revendications. Hier, seules cinq cantines ont pu accueillir les enfants (Dukas, Algésiras, Quéliverzan, les Quatre-Moulins et Vauban). Aujourd’hui, à en croire Éric Pellennec, secrétaire de la CGT Éducation-Enfance, il n’en restera que trois. «Le mouvement se durcit. Et encore, il peut se durcir davantage. Ce n’est pas notre faute, mais celle de la collectivité. On a essayé le dialogue, elle le refuse. La collectivité prendra donc ses responsabilités».

Jusqu’aux vacances d’été?

Au coeur du problème, le salaire et spécialement l’indemnité versée par la mairie. Elle est aujourd’hui quantifiée à 174€ dans le salaire des agents territoriaux et la CGT souhaite son augmentation à 224€, en deux temps. «Nous sommes des smicards, des agents de catégorie C, poursuit-il, nos salaires sont gelés depuis trois ans, nos cotisations ont été alourdies et, en cas de maladie, nous devons maintenant un jour de carence. Nous sommes moins payés qu’il y a un an».

Voici pourquoi ils réclament à François Cuillandre, et son équipe, deux hausses salariales de 30€ net le 1erjuillet et de 20€ net en juillet 2013, «Nous ne ferions que compenser la moyenne indemnitaire, qui est de 224€ dans le grand Ouest. Mais il fera comme il voudra. Nous observons seulement qu’il a de l’argent pour un tram ou des festivités gigantesques, mais pas pour les ouvriers», attaque bille entête Éric Pellennec. Pour parvenir à leurs fins, les grévistes n’excluent pas non plus de durcir encore ce mouvement largement suivi, au moins dans les cantines scolaires. Ils ont pour eux le temps et l’absence de service minimum imposé dans la fonction publique territoriale. «En faisant grève deux heures par jour, nous tiendrons, sans souci, jusqu’à la fin de l’année scolaire. Nous ne lâcherons rien», promet Éric Pellennec.

Bientôt les garderies…

Il embraye: «jusqu’à présent, nous avons prévenu les parents pour qu’ils puissent s’organiser. Mais il est possible qu’en cas d’absence de négociations, nous fassions tourner la grève entre les haltes d’accueil du matin ou du soir, ainsi que la cantine. Et là, nous ne préviendrons pas. Ce sera la surprise». Fâché tout rouge, le délégué syndical s’étrangle: «C’est quand même terrible que, dans une municipalité dite de gauche, les élus ne comprennent pas la lutte et qu’il faille toucher à l’humain pour faire réagir». Hier, d’autres agents issus d’autres services ont mené une assemblée générale. Une contagion à d’autres compétences municipales n’est donc pas à exclure. «Et puis dans une semaine, il y a des élections. Nous devons ouvrir les bureaux de vote…». Vaste programme.

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