Elections présidentielles en Egypte : Une claque aux islamistes

Si les réactionnaires des Frères Musulmans arrivent en tête au premier tour des élections présidentielles en Egypte, cette élection marque un véritable désaveu et un net recul des islamistes dans le pays à peine cinq mois après leur succès aux législatives de janvier 2012.

Le grand vainqueur de ces élections, c’est tout d’abord l’abstention : le taux de participation n’est que de 42% selon les chiffres, probablement truqués et gonflés par les islamistes et/ou les militaires, du samedi 26 mai.

De 40% des suffrages aux législatives de janvier 2012, les Frères Musulmans sont certes en tête, mais avec 25,3% des voix pour leur candidat Mohamed Mursi, suivi de 23,7% pour Ahmed Shafiq, ancien premier ministre de Moubarak soutenu par les militaires, et par le nassérien Hamdeen Sabbahi avec 21,6%. Bref que le futur président égyptien soit le candidat islamiste ou celui des militaires, il n’aura même pas obtenu 8% des voix au premier tour.

A Alexandrie, ville de 10 millions d’habitants où les islamistes avaient recueilli 70% des voix aux législatives, leur chute est particulièrement spectaculaire. C’est le nassérien Sabbahi qui arrive en tête avec 34 % des voix (602 634 voix) loin devant l’islamiste contestataire Abul Fotouh, 22% (387 747 voix), et l’ancien ministre des affaires étrangères de Moubarak Amr Moussa avec 16,5% (291 950 voix) puis Mursi le candidat des Frères musulmans (269 455) et enfin seulement Shafiq candidat de l’armée (212 197). Pourtant les autorités religieuses de la ville n’ont eu de cesse d’appeler à voter pour Mursi ou, à la rigueur, pour Fotouh.

S’il y a une chose à retenir de ce premier tour des élections en Egypte, c’est qu’il n’aura même pas fallu cinq mois pour que les islamistes, grands vainqueurs des législatives, s’effondrent. Cinq mois où pour les ouvriers et pour la population, le quotidien est resté le chômage, les salaires qui ne permettent pas de manger, et la répression policière et militaire lors des manifestations. Pour une grande majorité de la population égyptienne, il n’y a rien à attendre des élections et des différents partis qui promettent de maintenir l’ordre capitaliste. Par contre, cette même population a fait l’expression qu’elle avait la force de virer un dictateur en 2011 et c’est encore sur cette seule force qu’elle peut et doit compter pour faire appliquer ses revendications de la révolution : pain, liberté et dignité humaine !

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