Marée humaine à Montréal en soutien au conflit étudiant

Le Monde, 23 mai 2012 :

Des dizaines de milliers de personnes se sont réunies mardi 22 mai au centre de Montréal pour marquer le centième jour du conflit étudiant au Québec. Rassemblés dans une atmosphère bon-enfant, les manifestants – des étudiants et des syndicalistes mais aussi des gens de tous les horizons et de tous les âges – ont dénoncé la loi spéciale adoptée vendredi dernier par le gouvernement du premier ministre Jean Charest pour restreindre le droit de manifester.

« On déplore que le gouvernement Charest ait choisi la voie de la répression plutôt que la voie de la négociation », a déclaré l’un des dirigeants étudiants, Léo Bureau-Blouin.

« Pour s’assurer que les gens puissent manifester en toute légalité […], on a donné un trajet [à la police] qu’on va demander aux gens qui nous suivent de respecter pour permettre aux citoyens de manifester en toute sécurité », a ajouté M. Bureau-Blouin.

Un groupe n’a pas respecté cet itinéraire et a provoqué quelques incidents lors desquels trois vitrines de magasins ont été brisées à coups de projectiles. Le groupe a été déclaré illégal et invité à se disperser, mais la police a indiqué n’avoir opéré aucune arrestation.

LEVÉE DE BOUCLIERS

La loi spéciale prévoit une suspension des cours jusqu’au mois d’août dans les universités et collèges touchés par la grève étudiante, une façon de casser un mouvement qui dure depuis plus de trois mois. Si la suspension des cours a été plutôt bien accueillie au sein de la population, le reste de cette loi d’exception, notamment la restriction du droit de manifester pour quelque raison que ce soit a suscité une levée de boucliers.

La loi oblige notamment les organisateurs de manifestations de plus de 50 personnes à soumettre à la police, au moins huit heures à l’avance, la trajectoire du rassemblement, au risque de lourdes amendes pour les contrevenants. Les amendes peuvent aller de 1 000 à 5 000 dollars par jour pour les contrevenants et de 25 000 à 125 000 dollars pour les organisations (le double en cas de récidive).

Dès son adoption, la loi a été défiée ce week-end à Montréal et dans d’autres villes de la province, donnant une tournure plus politique et violente aux manifestations, qui ont été ponctuées de centaines d’arrestations. Quelque 36 manifestants, pour la plupart des étudiants, sont ainsi devenus les premières personnes arrêtées en vertu de la loi, dans la nuit de lundi à mardi à Sherbrooke (sud du Québec), a annoncé la police.

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