Saint-Girons. Grève tournante à la « Moulasse ».

La Dépêche, le 21 mai 2011 :

Les trois cents salariés de la papeterie de la Moulasse, à Saint-Girons, ne cachent pas leur inquiétude, et leur colère face aux choix industriels du groupe SWM. La CGT appelle à un nouvel arrêt de travail mercredi prochain.

La CGT a programmé des débrayages de deux heures sur les différents postes de travail de l'usine, pour ce mercredi. Le syndicat réclame la reprise des investissements prévus sur le site de Saint-Girons./Photo DDM, P.H.

La CGT a programmé des débrayages de deux heures sur les différents postes de travail de l’usine, pour ce mercredi. Le syndicat réclame la reprise des investissements prévus sur le site de Saint-Girons./Photo DDM, P.H.

Deux heures d’arrêt de travail par poste, soit huit heures de mobilisation au total : mercredi prochain, les machines vont de nouveau s’arrêter en signe de protestation à l’usine papetière de la Moulasse.

Le syndicat CGT vient de lancer un nouvel appel à la mobilisation conformément à la décision prise par le personnel de l’entreprise, réuni en assemblée générale en milieu de semaine. Forte baisse du carnet de commandes, transfert d’une partie de la production vers l’usine bretonne du groupe, à Quimperlé, délocalisation d’une partie de l’activité vers la Pologne et le Brésil, gel des investissements prévus (soit 2,5 M€ en sommeil), voire abandon de certaines commandes à la concurrence : « la stratégie des actionnaires du groupe SWM est claire, explique la CGT. Ils préfèrent la spéculation financière plutôt que l’intérêt des salariés et du tissu économique du Couserans ». Et de rappeler qu’au printemps dernier, les carnets de commande étaient pleins, et que la direction peinait à organiser les congés de l’été. Pour Christophe Couderc, la stratégie du groupe Schwietzer Mauduit France répond à un seul objectif : « affaiblir le site de Saint-Girons » (lire ci-contre).

En avril 2009, le groupe, leader mondial du papier à cigarettes, qui emploie 1 700 personnes dans le monde, décidait de fermer l’usine de Malaucène, dans le Vaucluse, qui employait environ deux cents salariés. Le groupe ne compte plus que trois sites en France : l’usine de Saint-Girons (environ 300 salariés), l’usine LTR Industries du Mans (420 personnes) et le site de Quimperlé, qui a subi deux plans sociaux successifs.

« La direction baisse artificiellement les commandes »

Pour Christophe Couderc, responsable départemental de la CGT, les difficultés actuelles de « La Moulasse » répondent à une volonté délibérée de la direction « d’affaiblir le site ». Et d’expliquer : « Nous constatons une baisse importante du carnet de commandes de l’entreprise. Mais elle est parfaitement orchestrée. Des commandes particulièrement importantes sont confiées à d’autres unités de production, celle de Bretagne ou celle du Brésil notamment ». Christophe Couderc affirme que pour l’une d’elles, très importante, la direction du groupe SWM, propriétaire du site ariégeois, aurait tout simplement préféré laisser faire la concurrence, lorsque l’unité brésilienne s’est désistée, incapable d’honorer cette commande pour du papier à cigarettes nouvelle génération.

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