Irak : Déclaration pour le 1er Mai 2012

Déclaration du 1er Mai 2012 du Parti Communiste-Ouvrier de Gauche d’Irak :

Nous sommes les 99 % !

Les villes, les rues et les usines sont à nous. Nous avons le droit de décider de notre futur.

Vive le Premier Mai, Journée Internationale des Travailleurs

Cette année le Premier Mai est très différent de celui des précédentes années depuis la Révolution Socialiste d’Octobre en Russie. Cette journée est cette année unique grâce à la large intervention des masses dans la vie politique et de leur volonté de décider de leur propre destin. Des millions descendent dans les rues de nombreuses villes à travers le monde dans une protestation anti-capitaliste sans précédent. Les flammes du Printemps Arabe d’abord, puis le mouvement des 99%, d’Occupy Wall Street et les villes, les soulèvements et luttes des masses et des travailleurs en Espagne, en Grèce, en Italie, aux Etats-Unis et dans les capitales du monde ont créé un tournant historique dans le déroulement de la lutte des classes en faveur des masses. Cela représente un tournant pour avancer vers la fin du pouvoir capitaliste, le pouvoir des 1%. Les mouvements révolutionnaires en Afrique du Nord ont fait tombé les dictatures les plus répressives du monde arabe. Les vagues des révolutions sont toujours hautes et se développent jour après jour. C’est au coeur de cette atmosphère qu’a lieu la Journée Internationale des Travailleurs en 2012.

La classe bourgeoise, alors qu’elle fait face à une masse énorme de protestations, est engluée dans une de ses pires crises économiques, politiques et intellectuelles, en particulier après la crise des sub-primes, crise qui s’est étendue à travers le monde. La bourgeoisie est aujourd’hui incapable de résoudre ce problème, tout en gaspillant des milliards de dollars d’impôts pris aux travailleurs et aux masses laborieuses. Ces tentatives ne résoudront rien. Le chômage a atteint ses taux les plus hauts en Europe, des politiques économiques d’austérité sont appliquées, toutes les conquêtes ouvrières sont attaquées, on coupe dans les budgets pour les personnes qui en ont le plus besoin comme les anciens et les malades, les travailleurs et les retraités, dans la majorité des pays capitalistes les plus développés, alors que dans ce qui est appelé tiers-monde, des milliards de personnes vivent dans la faim, la misère, la privation de nourriture saine, d’eau potable, de service de santé, d’éducation, d’électricité, de logements décents, et autres besoins vitaux les plus basiques, tout en travaillant de longues heures, prenant des risques permanents pour leur santé à cause des dangereuses conditions de travail et l’absence de législation protectrice et la négation des droits syndicaux. Alors que l’on prive les masses du bien-être, que l’on impose l’austérité, les licenciements et les expulsions de logement, cela s’accompagne des politiques réactionnaires contre les identités et les droits de citoyenneté, la dégradation des droits des femmes, l’imposition d’identités religieuses, sectaires et ethniques, la négation de la dignité humaine de milliards de personnes. Toutes ces attaques de la classe bourgeoise ont poussé la population dans les rues et sur les « Places de la Libération » (NdT : Tahrir en arabe) pour montrer leur mécontentement et leur colère, leur rejet et leur dénonciation, leur refus et leur insoumission, et pour commencer une révolution.

La lutte révolutionnaire des masses dans le monde arabe, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, continue. Les places de la libération à Tunis, au Caire, à Damas, Alep, Da’ra, Sanaa, Eden et Manama sont chaque jour un lieu de confrontation entre ceux qui n’ont rien et les forces répressives, qu’elles soient monarchistes ou républicaines. Le renversement de dictatures est le début de la révolution et a donné confiance au coeur des masses dans leur capacité à imposer un changement à la bourgeoisie. L’organisation de la population en conseils, syndicats et organisation de masse est la question la plus urgente pour faire progresser les révolutions. Cependant, l’absence de forces communistes-ouvrières organisées en partis constitue le principal point faible. Combler cette lacune est une étape urgente pour poursuivre l’élan des révolutions et arriver à la victoire finale des masses.

La classe bourgeoise, que ce soit à l’échelle locale ou internationale, forme les 1% de la société. Cette classe tente de toutes ses forces de maintenir sa position et de tout posséder. Cela se voit clairement avec l’alliance des Etats-Unis et de l’Occident avec les partis islamistes contre-révolutionnaires, qui sont soutenus et aidés militairement. Il devient clair qu’une telle alliance a pour objectif de permettre aux contre-révolutionnaires d’atteindre leur but, la défaite de la révolution, et de briser le dos du mouvement des 99%, afin de sauver le système capitaliste et les intérêts de la minorité parasitaires des 1%. Mais cela n’arrivera pas. Ce n’est que le début, et pas la fin, de l’histoire.

En Irak, la classe bourgeoise traverse, surtout après le départ des forces militaires américaines, une crise sévère, une fragmentation et de profonds conflits. L’alternative démocratique occidentale en Irak n’a su apporter qu’encore plus de désastres, de terrorisme, de manque de logements, de déplacements de population, de guerres sectaires de l’imposition d’identités ethniques et de la destruction du pays à tous les niveaux, tout en le poussant vers des guerres sectaires, nationalistes et tribales. Grâce à la marée du mouvement révolutionnaire, à l’absence d’alternatives bourgeoises, et à une lutte des classes de plus en plus visibles, les masses en Irak n’ont pas d’autres alternative que de continuer leur mouvement révolutionnaire pour chasser les milices du pouvoir, de prendre le chemin d’une alternative humaine et de former leur propre pouvoir politique.

Nous, Parti Communiste-Ouvrier de Gauche d’Irak, saluons la population d’Irak et la classe ouvrière irakienne pour le 1er Mai et déclarons qu’il s’agit de la journée de toute la société, la journée des 99% de l’humanité. Pour ce grand jour, journée de solidarité, nous appelons la population en Irak, au Kurdistan, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, à témoigner de leur solidarité et de leur unité avec les masses du monde entier, avec les travailleurs en lutte et le mouvement des 99%, et à mener la révolution jusqu’à la destruction du système capitaliste, un système d’exploitation, d’inégalité et de négation de la dignité humaine, et de construire à sa place une société humaine qui offrira à chacun la liberté, l’égalité et le bien-être.

Vive la Solidarité Internationale des Travailleurs !
Vive le 1er Mai, Journée Internationale des Travailleurs !
Vive le mouvement révolutionnaire pour un monde meilleur !
 Vivent la liberté et l’égalité !

Parti Communiste-Ouvrier de Gauche d’Irak, 7 avril 2012

Voir les autres articles sur le 1 Mai et la carte des rendez-vous.

2 réponses à “Irak : Déclaration pour le 1er Mai 2012

  1. Pingback: Bulletin de nos camarades d’Irak pour le 1 mai 2012 | Solidarité Ouvrière

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