Un centime d’augmentation, la provocation de la direction de GTEC Industrie

L’Est Républicain, 20 avril 2012 :

Etupes (Pays de Montbéliard) : « CYNISME ». « PROVOCATION ». « Humiliation ». Les termes des élus du Pays de Montbéliard et des salariés ne sont pas assez forts pour dénoncer la manière dont la direction de GTEC Industrie, implantée sur la ZAC Technoland d’Étupes (Doubs), mène les négociations salariales avec son personnel. Mercredi matin, il aura fallu que leur directeur leur propose 2 % d’augmentation sur la prime de transport pour mettre le feu aux poudres. « Cela correspond à une augmentation d’un centime » , grondent Nelly Laclef pour la CGT et Mohamed Fahem de la CFDT. « Du foutage de gueule », embrayent-ils. Aussitôt, la quasi-totalité des 150 salariés s’est mise en grève.

Depuis 1999, l’entreprise spécialisée dans les tubes pour fluides moteurs de l’industrie automobile n’avait plus connu de mouvements sociaux. Créée en 1936, la société a même bénéficié en début d’année d’un coup de pouce des salariés qui ont renoncé à certains acquis et accepté de travailler 1 h15 de plus par semaine afin que l’entreprise « puisse réaliser 500.000 € d’économies », lancent les syndicats.

Si aujourd’hui le personnel se met en grève, ce n’est pas pour bénéficier d’une forte hausse des salaires mais d’un alignement avec l’inflation. Selon le calcul de la CGT, cela correspond « à une enveloppe globale de 80.000 € pour l’année ».

La réponse de la direction ne semble pas désamorcer le conflit. Si elle consentait hier à « payer les jours de grève, à condition d’une reprise immédiate du travail, elle refuse de négocier sur les revalorisations salariales », déclare Nelly Laclef qui rappelle que l’entreprise propose aussi une hausse de 3 % du panier-repas, laquelle n’entre pas dans le salaire.

Hier, le groupe stéphanois GMD, propriétaire de GTEC, a dépêché dans le Doubs son directeur des ressources humaines. Son message n’a pas apaisé les tensions. : « Il nous a clairement expliqué que s’il fallait augmenter les salaires en fonction de l’inflation, le directeur du groupe pourrait venir annoncer, ce vendredi, le placement en redressement judiciaire de l’entreprise », assurent les salariés, déterminés à poursuivre le mouvement.

Depuis deux jours, nous tentons d’interroger la direction. Mercredi, elle s’est refusée à tout commentaire. Hier, elle n’a pas répondu à notre appel.

Pour débloquer la situation, les élus du Pays de Montbéliard, dont Pierre Moscovici, ont adressé un courrier au directeur du site. Ils écrivent : « Nous avons rencontré des salariés qui connaissent les difficultés actuelles. Ils ont affirmé qu’ils n’étaient, en aucune manière, partisans du tout ou rien… Nous vous demandons, avec conviction, de rouvrir les négociations dans les meilleurs délais possibles ».

Depuis, si les négociations ont repris, aucune avancée n’a été constatée par les syndicats. Le personnel entame donc ce vendredi matin son troisième jour de grève.

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