Gatineau : 161 étudiants arrêtés

Info 07, 18 avril 2012 :

L’escouade anti-émeute a été appelée en renfort ce matin lors d’une manifestation qui a débuté à l’UQO pour se conclure sur la promenade du Lac-des-Fées, dans le secteur de Hull. Au total, plus de 150 personnes ont été arrêtées pour entrave. Après un siège de plus de quatre heures, le retour au calme s’est fait vers 14h15.

Après un siège de plus de quatre heures, le retour au calme s’est fait vers 14h15. Les manifestants arrêtés pour entrave à la circulation ont été emmenés au poste à bord d’autobus de la Société de transport de l’Outaouais (STO) nolisés à cette fin. Une fois sur place, ils ont été identifiés formellement. Parmi les personnes arrêtées figurait l’activiste et candidat de Québec Solidaire dans la circonscription de Hull, Bill Clennett.

Les gens arrêtés vont hériter d’un constat d’infraction de 444$, lequel leur sera acheminé par la poste dans les prochaines semaines. La majorité des personnes interrogées ont affirmé avoir l’intention de ne pas payer ce montant. «Je vais le contester», de dire Caroline, une étudiante.

Après un début de journée relativement calme, les esprits se sont échauffés lorsque la police a procédé à l’expulsion de manifestants ayant réussi à pénétrer à l’intérieur du pavillon Alexandre-Taché.

Depuis les premiers balbutiements du mouvement étudiant, il s’agissait de l’un des plus imposants regroupements à avoir lieu dans la région, des professeurs, des représentants syndicaux (CSN) et des représentants d’organismes communautaires s’étant joints aux étudiants. Parmi eux, on comptait notamment François Roy, de Logemen’Occupe.

Dans un geste de vandalisme inusité, des grillons ont été libérés par dizaines dans des salles de bain, à la bibliothèque ainsi que dans les plafonds du campus universitaire en matinée, forçant la direction à avoir recours à des exterminateurs pour éliminer les bestioles. Le recteur Jean Vaillancourt assure que la salubrité des lieux n’est pas à remettre en question.

Le rassemblement a soudainement pris une tournure différente vers 10h lorsque les manifestants ont déambulé en direction Est sur le boulevard Alexandre-Taché pour se diriger vers le campus Lucien-Brault. Des agents au volant de véhicules banalisés du SPVG ont tenté de les disperser en les suivant à peine à quelques centimètres de distance, mais la manœuvre a mis le feu aux poudres, les étudiants répliquant en s’assoyant au milieu de la chaussée. Des slogans tels que «Police partout, justice nulle part» étaient scandés haut et fort.

Une fois rendu sur la promenade du Lac-des-Fées, où le terrain est propriété de la CCN, l’escouade anti-émeute leur a rapidement bloqué la route. Ils ont voulu revenir sur leurs pas mais ont été encerclés. En même temps de leur faire des signes de paix en protestation, les manifestants ont lancé plusieurs injures aux policiers.

Après plus d’une heure sans mouvement et alors que l’étau se resserrait sur eux, les manifestants ont reçu la consigne de quitter un à la fois afin d’être identifiés à l’aide d’une carte d’identité en vue de l’envoi éventuel de leur constat d’infraction. Une fois cette manœuvre complétée, le SPVG les a sommé de quitter les lieux et a averti qu’ils ne devraient plus être revus dans d’autres manifestations durant la journée sous peine d’être arrêté et de devoir répondre à un chef d’accusation d’entrave au travail des policiers. La technique étant passablement longue, ils ont plus tard finalement été apportés en petits groupes directement au poste de police.

La réaction des participants à la manifestation n’a pas tardé. «En ce moment, on vit beaucoup de brutalité policière. J’en ai été personnellement victime hier et encore aujourd’hui. Ce matin, je me suis fait pousser alors que j’aidais une étudiante à se relever parce qu’elle se faisait piétiner par un agent. C’est inacceptable. Elle est sortie de là en pleurs. Hier, j’ai été provoquée alors qu’un agent m’a dit que c’était fini notre petite guerre pour ensuite m’envoyer un bec», affirme Joëlle.

«Nous ne sommes pas des criminels, nous sommes des étudiants qui essaient de se faire écouter. Le recteur rit de nous. On s’est fait dire que nous sommes des intrus, mais on est sur notre propre terrain», d’ajouter l’étudiante.

Une autre personne, un professeur du Collège de Maisonneuve à Maisonneuve d’après nos informations, a été arrêtée pour entrave au travail des policiers, plus tôt en journée. Il aurait refusé de s’enlever du trottoir à la demande des policiers.

Un nouveau groupe de manifestants s’est par la suite formé dans le stationnement du pavillon Lucien-Brault. Un fossé séparait ceux-ci des autres manifestants encerclés par l’escouade anti-émeute. Une poignée d’agents de la Sûreté du Québec (SQ) ont été demandés en renfort pour contenir la foule. Personne n’a cependant été intercepté à cet endroit, les gens respectant les cordons de sécurité.

Le SPVG ne croit pas avoir perdu le contrôle de l’opération policière lors de ce jour 3 d’action même si le torchon brûlait à certains moments. «C’est certain que dans de telles manifestations, on ne peut pas tout contrôler. Déjà, hier, on avait averti que ce serait tolérance zéro. On n’acceptait plus que les gens demeurent dans la rue ou s’y assoient», affirme le porte-parole Pierre Lanthier.

Médias

Les membres de la presse ont d’autre part dû quitter le cercle par mesure de sécurité. Bloqué à la suite d’une altercation verbale, le journaliste d’Info07.com présent sur place a dû s’identifier à l’escouade anti-émeute pour réussir à sortir de l’espace occupé par les manifestants. Il aura fallu l’intervention du relationniste du SPVG, Pierre Lanthier, pour procéder à son identification.

Par ailleurs, notons que dans la foulée de l’agitation survenue en matinée, une journaliste du quotidien Le Droit, Justine Mercier, aurait été agrippée puis poussée par un policier malgré le fait qu’elle ait montré sa carte de presse. Les autorités n’ont pas voulu commenté l’affaire mais ont précisé respecter le travail des médias et être sensible à leur travail.

Des étudiants de Montréal à l’UQO?

Par ailleurs, selon les rumeurs, des étudiants de Montréal dont certains de la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), prévoient se joindre au mouvement de l’UQO jeudi matin. Un transport en autobus pour les intéressés est prévu dès 6h à partir de la métropole, selon le site web bloquonslahausse.com.

Le Service de police de la Ville de Gatineau et l’UQO risquent donc une fois de plus d’être sur le qui-vive jeudi.

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