Transpole : la grève quasi totale d’hier s’achève par un accord surprise

On n’avait pas connu pareille démonstration de force syndicale depuis longtemps, chez Transpole. Hier, dans la métropole lilloise, aucun bus n’a circulé, les tramways sont vite rentrés, et la ligne 2 du métro n’a pas fonctionné. Les grévistes exigeaient des hausses de salaires supérieures à l’inflation. L’accord a été signé, hier soir. Le trafic des métros et tramways doit reprendre normalement ce matin, et progressivement pour les bus.

C’est ce qu’on appelle une journée très mouvementée. Elle commence hier matin à l’aube, devant les trois dépôts Transpole de la métropole lilloise.

Répondant à un appel de la CGT (accompagné par FO qui préférait, au départ, un arrêt de travail de 17 h à 17 h 59, et Sud), les grévistes empêchent tout bus urbain de sortir. Le trafic est à zéro et le restera. Les tramways, eux, rentrent vite après que des grévistes se sont couchés sur les voies à Marcq-en-Baroeul. Et même la ligne 2 du métro doit s’arrêter, faute d’agents en ligne en effectif suffisant. La direction annonce une moyenne globale de 50 % de grévistes. Assez pour une paralysie rarement observée sur le réseau.

À l’origine, l’échec des huit réunions organisées pour les négociations annuelles obligatoires. Elles portaient sur les salaires. La direction proposait + 2 %, correspondant à l’inflation les syndicats demandaient + 3 %, souhaitant profiter du gâteau de la croissance. Transpole affiche + 6 % d’usagers transportés par an depuis 2003, et vise les 242 millions de voyages pour 2017 (165 millions en 2011) ! « Les salariés font aussi beaucoup d’efforts pour permettre ces bons résultats, martèle Francis Boittelle de FO Transpole.

Mais Transpole fait une politique antisociale. Elle a signé avec LMCU un contrat de gestion au rabais (en délégation de service public), pour être sûre d’avoir le marché du réseau lillois qui est une vitrine en France. Elle impose une rentabilité maximum à ses salariés. Et 80 % des bénéfices partent à l’actionnaire, Kéolis (38 ME de bénéfice net en 2011). » La réponse d’Hervé Lanco, le directeur général de Transpole, tombe à midi : « On n’a pas les moyens d’augmenter les salaires au-delà de l’inflation. » Il n’y aurait donc aucun gâteau à partager chez Transpole. « Le transport public, en France, est un secteur à faible marge. L’entreprise se développe parce que son trafic s’accroît, avec encore plus de 200 recrutements prévus d’ici l’année prochaine. Mais le résultat (bénéfice), lui, n’augmente pas (1 ME en 2011, pour 2 500 salariés). »

2,3 % d’augmentation

En début d’après-midi, la CGT vote la reconduction du mouvement pour aujourd’hui et, vers 19 h 30, c’est le coup de théâtre. Syndicats et direction se retrouvent autour d’une table. À 22 h, la nouvelle tombe : l’accord est signé, la grève est finie. Principaux acquis : 2,3 % d’augmentation de salaire, et le passage de la prime de mai de 850 à 950 E. Satisfaction de Jean-Marc Morin, délégué syndical CGT : « La direction a joué un coup de poker, elle ne pensait pas que la CGT allait mobiliser autant. Demain (aujourd’hui), on se préparait à aller au meeting de Hollande : dans une ville de gauche, on n’allait pas rater une occasion pareille ! Ça a peut-être joué sur la reprise des discussions… »Transpole s’attend donc à un trafic métro et tram normal ce matin, et à une reprise progressive pour les bus.

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