Lens : Les ouvriers de Draka en grève pour les salaires

La Voix du Nord, 15 avril 2012 :

Une fumée noire s’échappe depuis mardi du parc industriel Artois-Flandres de Douvrin. Un incendie dans l’usine de fibres optiques Draka ? Non, un nuage chargé de la colère des salariés, portés par les drapeaux bleus et rouges de la CGT et CFTC.

L’entrée du boulevard Est du parc industriel est encore accessible ce samedi. « Il sera bloqué dès dimanche soir », prévient Jean-Michel Legros, représentant de la Confédération générale du travail. L’entrée du site Draka est délimitée de cônes oranges. Les flammes lèchent les palettes de bois et dégagent une fumée derrière laquelle on devine les traits renfrognés des salariés de l’usine.

La grève a commencé mardi, à « vingt-trois heures », se souvient précisément l’un deux. Ils étaient ce soir-là 75 % à cesser leur activité. Aujourd’hui, seules deux personnes travaillent, selon les syndicats. « Il faut assurer la sécurité, ça peut être dangereux ! », justifie un représentant de la CFTC. La firme Draka, classée dans le top 5 mondial des usines de fibres optiques, utilise du gaz. « Le but n’est pas que l’on perde notre travail, en faisant exploser l’usine ! », détonne un gréviste. Ce qu’ils contestent ? « Les négociations salariales du 29 mars ! », lancent en coeur les grévistes présents hier matin. Alors que la direction propose une hausse générale de 1.3 %, les syndicats CGT et CFTC en veulent 2.5 %. « Ils pourraient s’aligner sur le coût de la vie, qui est de 2.4 % ! », tempête un représentant de la confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC).

À cette exigence, les syndicats ajoutent une demande de prime de 500 euros, « car il a fallu en 2011, s’adapter aux changements de postes, à la flexibilité du marché », décrit un salarié, qui se sent lésé.

Samedi matin, CGT et CFTC avaient recontacté la direction. « On a demandé que les jours de grève soient payés jusqu’à arrangement », expliquent-ils. Réponse attendue… et tombée, samedi après-midi. Nous avons contacté, en cours de journée, Monique Thoreau, directrice des ressources humaines de la société Draka (Calais et Douvrin). « Pour nous, il était hors de question de payer les jours grèvés. Mais on avait convenu, entre la direction et les syndicats, que si on acceptait une rencontre jeudi, le mouvement de grève serait levé dès lundi, rapporte-t-elle. C’était la condition sine qua non pour mener la rencontre de jeudi. » Date fixée en raison de l’agenda chargé du début de semaine.

La condition était encore confirmée samedi matin. Mais le délégué syndical central aurait changé d’avis. Monique Thoreau reprend ses propos : « Il nous a dit : »d’abord la réouverture des négociations, on verra après pour le reste ! » » La grève s’était déjà envenimée, jeudi dernier, avec le blocage de tous les approvisionnements. Le site de Calais (câbles optiques) est lui aussi en arrêt.

Jusqu’où ira le mouvement ? « Ils vont flancher, c’est sûr ! », lâche un représentant CFTC avant de démontrer sa certitude. « Avec le blocage, on va mettre à l’arrêt les usines de Draka Eindhoven, Claremont aux États-Unis, et YOFC en Chine. » Interrogée sur le devenir de la grève, la DRH l’ignore. « Ce sera à la direction de décider ». Le directeur du site Draka Douvrin, Gérard Leu, a alors émis son (bref) avis : « Je refuse de communiquer sur la question. »

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