Tunisie : Mobilisations face à la répression

Dès hier, 9 avril, la population de Tunisie s’est mobilisée dans plusieurs villes pour dénoncer la terrible répression qui s’est abattue à Tunis. Dès lundi après-midi, une manifestation a eu lieu à Sousse, à Hammamet, la marche à l’occasion de la journée nationale des martyrs est vite devenue une marche de soutien à la manifestation de Tunis qui a été fortement réprimée. Ce sont entre 3.000 et 4.000 personnes, dont beaucoup de femmes, qui ont manifesté avec des slogans comme  « Oui à la liberté , non au despotisme », « Vous êtes en Tunisie et non en Iran », « Liberté, tu es ma vie », « pour la sauvegarde des acquis de la femme » ou « pour une constitution civile ». Dans la soirée du 9 avril, c’est à Sfax qu’un rassemblement a été organisé contre la répression et les violences policières. A Monastir, c’est un local de Ennahdha qui a été attaqué par un groupe de manifestants en colère.

A Tunis, en fin d’après-midi, un sit-in s’est mis en place devant l’Assemblée Nationale, sit-in qui a dû se dissoudre pour des raisons de sécurité puisque des salafistes se préparaient à l’attaquer. La police avait alors déclaré aux manifestants qu’elle ne pourrait pas intervenir en cas d’attaque des brutes salafistes. Voilà bien la « liberté » selon Ennahdha : interdiction faite aux progressistes de défiler sur l’Avenue Habib Bourguiba, symbole de la révolution de 2011, mais droit des salafistes de terroriser et d’agresser la population.

A Sidi Bouzid, des affrontements ont opposés manifestants et forces de répression lundi lorsque la population a appris avec quelle brutalité a été réprimée la manifestation à Tunis. Après les tirs de lacrymogènes, c’est l’armée qui est intervenue. La population révoltée a incendié les portes du bureau d’accueil du district de la sûreté nationale, saccagé le poste de la police municipale et brûlé quatre voitures de police.

Par la bouche de Mohamed Néjib Gharbi, membre du bureau politique d’Ennahdha, les islamistes ont dès le 9 avril annoncer qu’ils envisagent d’intenter une action en justice contre Hamma Hammami, Président du Parti Communiste des Ouvriers de Tunisie, lui-même victime des violences policières dans la matinée, pour avoir dénoncer la présence de milices islamiste aux côtés des flics dans la répression brutale de la manifestation. Peut-être suite aux protestations contre la répression ou par une trop grande crainte du ridicule, Ennahdha a annoncé aujourd’hui qu’il n’y aurait pas dépôt de plainte contre Hamma Hammami.

Aujourd’hui, 10 avril, les protestations pour dénoncer les violences policières continuent. Une dépêche publiée par Tunisie Numérique indique ainsi que « de nombreux établissements secondaires à travers la Tunisie ont observé un mouvement de grève, mardi 10 avril 2012 (…). Ces mouvements sont organisés, selon ces mêmes sources, en protestation contre la répression policière à l’égard de la manifestation organisée lundi sur l’Avenue Habib Bourguiba en vue de célébrer la journée des Martyrs du 9 avril. » Ces mouvements de grève touchent des établissements à Tunis et à Sfax.

Une autre dépêche indique également que ce mardi à Jebeniana (Gouvernorat de Sfax), a été organisée « une manifestation de protestation dénonçant l’assaut donné, hier lundi, contre le siège du Parti Communiste des Ouvriers de Tunisie (PCOT) ont rapporté des sources de TunisieNumerique. Les partisans du PCOT ont fait le tour des lycées et collèges de la ville pour faire sortir les élèves avant de se diriger vers le siège de la délégation pour y tenir un sit-in, précisent ces mêmes sources. Le slogans des manifestants dénoncent la connivence entre les barbus et le RCD et condamnent l’agression perpétrée contre le siège du PCOT à Tunis. Des renforts de militaires ont été dépêchés à la délégation de la ville où une forte présence des forces de sécurité est perceptible. »

A Tunis, une dépêche du 10 avril à 16 h 34 indique que « quelques 1000 personnes se trouvent (…) devant le siège du ministère de l’Intérieur à l’Avenue Habib Bourguiba à Tunis, en train de braver l’interdiction de manifester sur cette artère principale de la capitale tunisienne, a constaté sur place la correspondante de TunisieNumerique. (…) Le nombre des manifestants est en constante augmentation, a affirmé notre reporter qui a noté une forte présence des forces de sécurité sur l’avenue. (…) La tension se lisait sur les visages des représentants des forces de l’ordre et face à l’augmentation du nombre des manifestants, ils ont  lancé des avertissements pour leur faire quitter les lieux. »

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