Carcassonne : Grève à la Polyclinique Montréal

La Dépêche, 3 avril 2012 :

Le personnel soignant et administratif de la polyclinique Montréal est en grève depuis ce matin minuit. Une grève historique dans cet établissement, en forme de coup de théâtre au terme d’une soirée à rebondissements. Il était 23 heures, hier soir, lorsque la direction de la clinique a annoncé avoir trouvé un accord avec le personnel soignant et administratif portant sur une augmentation des salaires. Avant de rétropédaler dix minutes plus tard car après consultation de la base, les représentants du personnel ont indiqué à contrecœur que le compte n’y était pas.

Depuis le début de soirée, une centaine d’infirmières, aides-soignantes, agents de service hospitalier et personnel administratif de la polyclinique Montréal étaient réunis sur le parking de l’établissement en attendant le verdict des négociations sur les salaires menées à l’intérieur. Une mobilisation inédite dans cet établissement du groupe Médi Partenaires qui avait dépêché son directeur des ressources humaines national, Jean-René Legendre, pour tenter de désamorcer le conflit qui nécrose les relations sociales dans l’établissement depuis trois mois.

Le motif du ras-le-bol du personnel ? Les bas salaires. Maïté, infirmière en chirurgie : « 32 ans de boîte, 1 900 € par mois. Et même pas de treizième mois ! » Bénédicte, infirmière de nuit aux urgences : « 1 800 € par mois, en comptant les heures de nuit et le revenu annuel garanti, une sorte de prime qui échappe donc au calcul de la retraite. » Une aide-soignante de nuit : « 660 € par mois pour un mi-temps. » On pourrait multiplier les exemples à l’infini. Pourtant, de l’aveu de tous, le groupe Médi Partenaires, qui gère 25 cliniques, dégage des bénéfices, tout comme la clinique Montréal, ce que nous ont confirmé Jean-René Legendre et Brigitte Théron, la directrice de la polyclinique, sans préciser les bons résultats de l’établissement.

« foutage de gueule »

Quoi qu’il en soit, la situation s’est passablement détériorée fin 2011, lorsque la directrice de Montréal, Brigitte Théron, s’est engagée à augmenter les salaires du seul personnel du bloc opératoire (1), au cours de négociations en catimini, menées à l’insu des représentants du personnel.

Une « maladresse », convient le DRH qui la justifie toutefois par le nécessaire rattrapage des salaires anormalement bas des personnels du bloc de Montréal par rapport à leurs homologues des autres cliniques. Ce que confirmaient des infirmières du bloc, présentes hier soir aux côtés des personnels.

Hier à minuit, Brigitte Théron déplorait ces négociations avortées : « C’est dommage, je ne sais pas ce qu’ils vont obtenir de plus… » De plus que quoi ? « Des augmentations de 12 points en deux ans pour les infirmières (+ 35 € nets par mois en 2012 et la même chose en 2013), 8 points pour les aides-soignantes (23 € et 23 €), 3 points pour les autres catégories (17,50 € et 17,50 €)».

« Foutage de gueule », lâche laconiquement une gréviste décidée qui, comme ses camarades manifestera ce matin dès 7 h 30 devant la clinique. J.-L. D.-C.

(1) De 50 € à 150 € nets mensuels, selon les professions.

Hier, peu avant minuit, le personnel de la clinique Montréal a décidé de se mettre en grève aujourd’hui. Il déborde ses représentants sur le point de signer un accord avec la direction portant sur les salaires qui ne lui convient pas.

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