Grève illimitée à l’usine Cévital de Béjaïa : «Rebrab n’a pas tenu ses promesses».

L’Expression, le 2 avril 2012 :

«Aujourd’hui, nous exigeons l’installation d’un syndicat en bonne et due forme pour mieux nous défendre en dépit des menaces et autres représailles qu’on nous réserve.»

L’usine Cevital de Béjaïa a été secouée hier par un mouvement de grève illimitée des travailleurs, le deuxième mouvement du genre que connaît ce groupe depuis le début de l’année en cours. Ils étaient plus de 300 travailleurs à afficher leur mécontentement suite aux «fausses promesses» avancées par la direction générale il y a quelques mois.
La contestation, déclenchée soudainement hier matin, gagne en ampleur par l’adhésion progressive des travailleurs. Interrogé sur les raisons qui ont déclenché ce mouvement de colère, une fois de plus, l’un des grévistes nous répond: «On nous a eus quelque part par naïveté et surtout par confiance.
Aujourd’hui, nous exigeons l’installation d’un syndicat en bonne et due forme pour mieux nous défendre en dépit des menaces et autres représailles qu’on nous réserve étant donné que ce n’est pas la totalité de l’effectif qui est en grève», affirme ce travailleurs parlant sous l’anonymat par peur de représailles.
Un autre ouvrier accuse le groupe Cevital de «fraudeur» en matière d’application des lois relative à la grille des salaires: «Hormis les 5% accordés suite à notre grève, rien n’est encore venu malgré les promesses avancées. Nous constatons même du favoritisme dans l’octroi de primes et autres augmentations. Nous exigeons tout simplement une grille des salaires et des primes à la hauteur de nos aspirations et des richesses qu’on crée pour cette société.» 
Au lendemain de la première grève, les ouvriers du groupe Cévital et l’opinion publique se demandaient si Isaad Rebrab, le patron du groupe allait répondre à leurs doléances, s’il allait accepter l’installation d’un syndicat et s’il allait tenir aussi ses promesses. La réponse est désormais trouvée: «Rebrab n’a pas tenu ses promesses» disent les travailleurs à l’unisson.
Les «fausses promesses avancées»étaient faites juste pour «asphyxier la première contestation», ajoutent les travailleurs grévistes de ce groupe qui détient 60% du marché national en plus de ces intentions affichées d’investir le marché maghrébin et africain.
En dépit d’un mouvement de grève largement suivi au début de l’année, qui a alerté l’opinion publique locale nationale, voire même internationale, les revendications transmises et négociées avec les délégués mandatés par les travailleurs ne semblent pas trouver d’écho auprès du président-directeur général dudit groupe.
Pourtant, il a promis de répondre entièrement aux points inscrits sur la plate- forme de revendications des travailleurs. Il était acquis, comme nous l’avions déja rapporté, que l’immédiateté de la réaction du patron du groupe, qui avait d’où dépêché illicopresto sur les lieux du piquet de grève son fils, Salim Rebrab, avait beaucoup plus étouffé le mouvement de grève que réglé les véritables problèmes posés par les travailleurs.
Sinon comment expliquer ce rebondissement et ce retour à la contestation au sujet des mêmes questions posées il y a de cela des mois? En somme, même si l’ampleur de la grève n’est pas la même relativement au premier mouvement de protestation, il n’en demeure pas moins qu’elle a sérieusement secoué ce complexe agroalimentaire.
Dépourvu d’un conseil syndicat depuis la création du groupe en 1998, les travailleurs du groupe Cévital relevant du complexe agroalimentaire de Béjaïa se disent «privés de leur droit le plus fondamental», à savoir, celui relatif à l’exercice syndical par l’installation d’un conseil syndical pour mieux s’organiser, à même de faire entendre leurs revendications et défendre leurs droits auprès de leur administration relativement à la loi 90-14 régissant l’exercice du droit syndical.

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