Les quatre jours de grève des salariés de Betafence ont payé

La Voix du Nord, 31 mars 2012 :

Les négociations n’ayant pas fait mouche, les salariés de Betafence France, à Bourbourg, se sont mis en grève, afin d’obtenir une hausse de leurs salaires. Les représentants de la CFDT, le syndicat majoritaire absolu, en discutaient en vain avec la direction belge du groupe depuis le mois de juin. Selon leur ancienneté, le salaire des 71 Nordistes sera augmenté de 1,5 à 2,5 %. Ils récupéreront aussi la moitié de l’inflation 2013 et cela dès janvier, grâce à la rétroactivité. Leur salaire n’était plus indexé sur cette variable depuis 2005. Enfin, ils toucheront l’intégralité de leur prime d’intéressement, sans condition.

Leur demande faisait suite à la confirmation des bons résultats obtenus en 2011 (ils dépassent le million d’euros et donnent le droit à une prime d’intéressement aux salariés) par leur site, Betafence France. « En janvier 2010, après le plan social de juillet 2009, nous n’avions rien demandé. Nous avions négocié le plan social et essayé de préserver un maximum de postes », rappelle Fabrice Maes, secrétaire de section la CFDT et délégué du personnel.

Un travail plus pénible

Depuis, les salaires étaient gelés, à la différence de la charge de travail. « Il y a eu une réorganisation. La pénibilité a augmenté », précise Vincent Delannoy, le représentant de la maîtrise. Passés de quelque 120 à 71, les salariés du site bourbourgeois restent des employés pilotes. Généralement, les nouveaux équipements et nouvelles méthodes y sont testées avant d’être exportées dans les autres filiales. Si les tâches chronophages sur lesquelles peu de marges sont faites sont désormais réalisées par les filiales chinoise et polonaise du groupe, les Nordistes ont recentré leur activité. « Avant, nous transformions le produit semi-fini en produit fini. Maintenant, nous nous contentons du semi-fini, nous ne faisons plus le tissage », résume-t-il.

En revanche, le site innove. Il est le seul à effectuer le tréfilage (c’est-à-dire le tirage de fils métalliques) en ligne des gros diamètres. « C’est plus pénible. Mais cette réorganisation permet de continuer le travail en étant moins nombreux », commente Fabrice Maes.

Ce cumul de faits a abouti à la demande d’augmentation de 6 % du salaire de la poignée de Nordistes, sur les 2 000 employés du groupe. Ni le dialogue avec les responsables belges, ni l’intervention de Fernand Donnet, le secrétaire général de la métallurgie du littoral Côte d’Opale, n’a abouti à un compromis satisfaisant. Il aura fallu un mouvement de grève suivi à 86 %, entamé jeudi à 21 h et stoppé mardi à 5 h, pour que salariés et responsables trouvent un consensus.

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