Les salariés de Bénédicta inquiets de l’avenir du site de Seclin

Hier midi, une centaine de salariés de Bénédicta, à Seclin, a cessé le travail pour protester contre la politique sociale du groupe. Selon les représentants CGT, le climat se détériore depuis le rachat de leur entreprise par le groupe Heinz, en 2008. D’autre part, les salariés s’inquiètent de l’avenir de leur usine, dont l’outil de production serait vieillissant.

Sur les 160 salariés que compte l’usine, ils sont une bonne centaine à se retrouver devant les grilles. Drapeaux en main, ils ont choisi de débrayer, durant deux heures, pour se faire entendre. La production de l’usine est donc arrêtée. « Elle est de toute façon arrêtée depuis cette nuit, raconte un salarié. Une ligne est tombée en panne. » C’est une des raisons du courroux des salariés : l’outil de production est selon eux vieillissant. Les pannes s’accumulent. « Beaucoup de machines sont obsolètes et dangereuses. Récemment, on a eu un accident de travail qui aurait pu avoir des conséquences mortelles. »

Exemple : sur une des lignes de production de tubes de mayonnaise, les machines datent de 1971 : « Des techniciens sont venus il y a deux ans. Ils ont fait des devis à 350 000 euros. Depuis, rien. Les machines sont tellement vieilles qu’il faut aller chercher les pièces détachées sur Ebay pour continuer à produire. » Selon la CGT, cette « volonté politique de ne pas investir dans l’outil de production inquiète les salariés quant à l’avenir et à la pérennité du site. »

En début d’année, un changement de directeur a eu lieu sur le site de Seclin. « L’ancien directeur est parti en janvier et le nouveau n’est arrivé qu’en février. On n’avait aucune information. On croyait que le site allait fermer. » Cette anecdote reflète, selon les salariés, l’absence de dialogue avec la direction. « Depuis que Heinz est arrivé, le climat social ne fait que se dégrader. Nous demandons l’arrêt immédiat de cette pression psychologique, qui a comme conséquence de créer des troubles psychosociaux et un taux d’absentéisme à plus de 10 %. »

Enfin, la CGT s’inquiète de la mise en place d’un projet de transformation du modèle opérationnel en Europe. En clair, Heinz voudrait « séparer juridiquement le site de production, qui deviendrait un centre de coût, et le siège commercial. Ces deux entités seront rattachées à une holding hollandaise qui absorbera tous les bénéfices. » Conséquences : des suppressions de poste pourraient être envisagées. Le maire de Seclin, Bernard Debreu, présent hier midi, a fait part de son intention d’écrire à la direction de Bénédicta pour exprimer son inquiétude au sujet de l’avenir du site.

Contactée hier après-midi, la direction de l’usine a fait savoirqu’elle n’avait aucun commentaire à faire. •

PAR JEAN-FRANÇOIS SOLERI

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