Algérie. Grève au centre d’enfouissement technique

 Le centre d’enfouissement technique (CET 02) de Biskra n’est pas opérationnel depuis presque une semaine à cause d’une grève de ses quelque 40 travailleurs.

Après avoir bloqué les accès au moyen de véhicules roulants, ils se regroupent tous les jours devant le siège de l’entreprise de gestion et de traitement des déchets urbains de Biskra (Epic Net-Bis) pour réclamer, banderoles à l’appui, le limogeage du directeur de cette entreprise publique qui gère le CET, et aussi mettre en avant un ensemble d’autres revendications ayant trait à leurs conditions de travail, qu’ils qualifient d’ «exécrables», dans un communiqué transmis à la presse. Comme préalable à l’arrêt de ce mouvement de contestation, ils exigent l’intervention des autorités locales concernées et l’ouverture d’une enquête sur les dépassements qui seraient commis par leur directeur à leur encontre.

De leur avis, les décisions de ce responsable sont entachées d’«irrégularités, injustes et irresponsables», du fait que celui-ci refuse d’appliquer les termes de la convention de branche signée au début de l’année en présence des représentants syndicaux et de ceux de l’inspection du travail, qu’il userait «de diffamation et de menaces pour réprimer ceux qui osent demander leurs droits légitimes», et, enfin, qu’il refuserait toutes négociations avec les représentants des travailleurs, offusqués «par ces comportements irrespectueux, générant la zizanie et le malaise au sein de l’entreprise», est-il précisé dans ce même document. Il faut savoir que le CET 02 de Biskra, lequel est situé sur le territoire de la commune de Loutaya, traite 140 t/j de déchets ménagers. Le samedi, ce chiffre atteint les 200 t/j. Sa fermeture prolongée risque d’avoir de graves répercussions environnementales.  

En attendant un dénouement de cet énième conflit opposant les travailleurs de Net-Bis à leur directeur, les agents de l’APC et ceux des entreprises privées en charge du ramassage des déchets urbains sont contraints de déverser les tonnes d’ordures ménagères sur des sites improvisés, comme celui de Sidi Zarzour à l’ouest de Feliache d’où montent des odeurs pestilentielles et des volutes de fumées noirâtres provoquées par le brûlage des déchets. Une agression à l’environnement et une dégradation de ce lieu qui n’est pas pour plaire aux riverains. Invité à commenter cette situation conflictuelle secouant l’entreprise, Mourad Messaoudi, directeur général de l’Epic Net-Bis, ne trouve aucune excuse à ses détracteurs et réfute toutes leurs accusations. «Cette grève est illégale car ses auteurs n’ont présenté aucun préavis; la justice a été saisie contre ceux qui ont utilisé le matériel de l’entreprise pour en geler les activités administratives et pratiques. Un huissier de justice a établi un rapport détaillé de la situation de blocage des entrées au CET et chacun devra prendre ses responsabilités», a-t-il dit. Pour expliquer la contestation des travailleurs, il invoque la manipulation et le refus de certains d’entre eux de voir l’entreprise se développer sur de nouvelles bases de gestion «lesquelles sont cautionnées par le conseil d’administration de l’entreprise et l’inspection du travail», selon lui.

A son tour, il refuse qu’un groupe d’employés mécontents dicte sa loi, paralyse le CET et hypothèque les efforts consentis par les pouvoirs publics pour améliorer le ramassage et le traitement des déchets urbains de Biskra. «Ce n’est pas une prérogative des travailleurs de discuter les décisions de gestion de la direction générale. Nous avons le souhait d’être au diapason d’une stratégie de développement ambitieuse. Nous avons inauguré une nouvelle unité de ramassage des déchets ménagers et décrocher un marché de 42 millions de dinars avec la commune de Biskra pour collecter les déchets d’El Alia. Nous travaillons pour pérenniser cette entreprise mais il semble que cela déplaise à certains», plaide notre interlocuteur, qui se dit désolé de devoir recourir aux tribunaux et à la force publique pour faire revenir les travailleurs grévistes à de meilleurs sentiments car, argumente-t-il, ils ont rejeté toutes les tentatives de médiation initiées par le directeur de l’environnement de Biskra.

Une réponse à “Algérie. Grève au centre d’enfouissement technique

  1. le problème est le même en France, l’ouvrier toujours exploité.
    assos.gadef

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