En Arabie Saoudite, tout reste à faire pour les droits des femmes

RFI, 8 mars 2012 :

Le 8 mars commémore dans le monde entier la Journée internationale des femmes. Au Moyen-Orient, les Saoudiennes ne peuvent pas sortir en public sans être accompagnées d’un homme de leur proche entourage. Un système qui leur interdit de travailler, de voyager, de se marier ou d’avoir accès aux services médicaux sans l’autorisation d’un père, d’un mari ou même d’un fils.

300 coups de fouets pour une femme non accompagnée

C’est parce qu’elle était sortie sans chaperon que la Saoudienne, Sawsan Salim a été condamnée, en février 2010, à 18 mois de prison et 300 coups de fouet. Pourtant elle avait une bonne raison de quitter sa maison puisqu’elle était attendue au tribunal et que son mari était lui-même en prison. En Arabie Saoudite, les femmes doivent toujours être accompagnées d’un homme de leur proche entourage lorsqu’elles sortent en public.

Ce système de tutelle masculine ne concerne pas uniquement les femmes saoudiennes, il peut aussi s’appliquer aux touristes étrangères, comme le souligne Nadia Khalifeh, spécialiste des droits de la femme au Moyen-Orient au sein de Human Rights Watch : « Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, les femmes sont soumises à toutes sortes de discriminations familiales et juridiques. Mais l’Arabie Saoudite reste un cas exceptionnel puisque c’est le seul pays dans la région qui applique un système aussi strict et qui prive même les femmes d’un minimum de droits », affirme-t-elle.

La coutume l’emporte sur le droit

En Arabie Saoudite, les femmes n’ont toujours pas le droit de conduire un véhicule. En outre, quelque soit leur âge ou leur condition, elles sont obligées, non seulement de se voiler pour circuler dehors, mais aussi de se faire accompagner par un homme de leur parentèle. Pourtant, il ne s’agit en fait que d’une coutume locale et non point d’une obligation légale comme l’explique Nadia Khalifeh. « Aucun texte écrit ne règlemente ce sujet. Il n’est pas mentionné dans le code pénal saoudien. Ce n’est qu’une tradition. L’Arabie Saoudite avait promis de l’abolir. Mais jusqu’à maintenant aucune initiative n’a été prise pour mettre en oeuvre cette promesse ».

L’interprétation du Coran en question

Les avis divergent concernant la position qu’occupe la femme dans la religion musulmane. De l’islam très radical à un islam moderne, il y a tout un éventail d’interprétation. C’est ce qu’affirme le professeur et historien de la pensée islamique Mohamed Arkoun : « La majorité des musulmans tiennent à appliquer ce qu’ils appellent la loi divine, la charia, définie dans un lointain Moyen Age. Ils ne veulent pas comprendre que toute religion a une histoire et que les sociétés évoluent et par conséquent, le droit évolue constamment. Les femmes continuent de subir des lois tout à fait arbitraires et personne ne peut intervenir parce que l’islam actuel est étatisé ».

Pour sa part, la Saoudienne Sawsan Salim se plaint d’un harcèlement de la part des juges et des autorités locales. Il y a deux ans, elle a même écrit au roi Abdallah pour s’en plaindre. Sans résultat. Le verdict vient de tomber, la peine est lourde : 18 mois de prison et 300 coups de fouet. Une peine trop lourde selon Human Rights Watch qui demande à Ryad sa libération immédiate.

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