Social. Les salariés de Sevarome en grève pour préserver leur outil de travail.

Social. Les quarante salariés de l’entreprise spécialisée dans l’industrie aromatique refusent la fusion proposée par le dirigeant du groupe Nactis auquel ils appartiennent. Ils s’inquiètent pour la pérennité de leurs emplois.

Hier matin, les quarante salariés de l’entreprise Sevarome Nactis Gourmet à « La Guide » à Yssingeaux ont déposé un piquet de grève. « Fusion égale disparition » pouvait-on lire sur les banderoles disposées à l’entrée de l’établissement.

La raison de ce mouvement est en effet le projet de fusion que leur a présenté, la veille, le dirigeant du groupe Nactis auquel ils appartiennent.

Hervé Lecesne, 62 ans, entend procéder à une TUP (Transmission universelle de patrimoine) le 31 décembre 2012 avec, selon les déléguées du personnel, effet rétroactif au 1 er janvier 2012.

Concrètement, il s’agirait pour la société mère Nactis, basée à Bondoufle, dans l’Essonne, d’absorber la société fille, l’Yssingelaise Sevarome Nactis Gourmet.

Celle-ci englobe trois marques : Sevarome, Prochar et Prodéal, spécialisées dans l’industrie aromatique.

Les salariés s’opposent à cette fusion qu’ils jugent préjudiciable pour leur entreprise. Comme l’expliquent les délégués du personnel, Rebecca Tomas et Marie-Christine Tosi : « Nactis Gourmet présente un chiffre d’affaires en hausse constante (plus 18 % en 2011, NDLR). Alors que la société mère, elle, connaît des difficultés financières. La TUP doit servir à payer ses dettes et à lisser les comptes du groupe. Il faudrait plutôt mettre Nactis en plan de sauvegarde et arrêter le pillage de Sevarome Nactis Gourmet ».

Ils ajoutent : « Notre dirigeant préfère prendre le risque d’absorber la dernière société qui gagne de l’argent et mettre en péril notre outil de travail. Cette fusion, c’est un piège ».

Des antécédents en défaveur d’une TUP au sein même du groupe nourrissent leurs inquiétudes : « Des transmissions se sont déjà soldées par des licenciements. À Strasbourg, où ce type d’opérations financières a déjà été réalisé, certains sites ont fermé. Notre dirigeant nous demande d’être solidaires. Nous ne voulons pas être absorbés et dans quelques mois être placés en liquidation judiciaire ». Les salariés demandent des garanties concernant le maintien des emplois sur le long terme, la présentation d’une stratégie commerciale, l’annulation de la TUP et une collaboration entre les différentes unités du groupe. « Aucune stratégie économique ne nous a été présentée. Nous craignons que M. Lecesne cherche ensuite à revendre le groupe à un fonds de pension ou autre ». Ce conflit est le premier de l’entreprise depuis sa création, en 1964 par Pierre Paillon.

Isabelle Devoos, le 3 mars 2012.
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