Lunel. Lidl : le travail reprend après une forte tension

Des files de camions, des remorques abandonnées aux abords de la RD 34 et de l’entrée de la plateforme Lidl : la grève des salariés du site de Lunel ne passait pas inaperçue depuis deux jours. Et ce n’est qu’hier, après 17 h 30, que les camions ont pu à nouveau bouger, à l’issue d’une journée d’attente et de tension.

Des dizaines de camions ont été bloqués ou dérouté avant le vote final, hier soir. (© D.R)

Des dizaines de camions ont été bloqués ou dérouté avant le vote final, hier soir.

Des files de camions, des remorques abandonnées aux abords de la RD 34 et de l’entrée de la plateforme Lidl : la grève des salariés du site de Lunel ne passait pas inaperçue depuis deux jours. Et ce n’est qu’hier, après 17 h 30, que les camions ont pu à nouveau bouger, à l’issue d’une journée d’attente et de tension.

Après la grève nationale de jeudi, les Lunellois se sont réveillés seuls grévistes, hier matin. Mais bien décidés à ne pas s’en laisser compter. « Nous avons décidé en AG de poursuivre la grève tant que nous n’aurions pas de propositions », expliquait Stéphan Gély, représentant CGT, devant une quarantaine de salariés. « Tout le service réception est en grève. » En grève et en colère, lorsqu’un camion s’est mis à manœuvrer à l’intérieur du site : « Il n’a pas le permis poids lourds ! Il n’a pas le droit ! »

Négociations à distance

Les négociations, elles, se jouaient à Strasbourg, en deux temps. Le matin, avec une proposition de la direction jugée insuffisante. Puis une contre-proposition syndicale l’après- midi. Enfin, le directeur du site et le directeur régional sont venus discuter avec les grévistes, leur indiquant qu’un accord avait été signé.

Coups de fil à Strasbourg : « Ce n’est pas signé ! Ils nous manipulent. » Et les discussions de repartir de plus belle entre salariés.

Devant le feu de sarments, ces derniers se racontent : dix ans d’ancienneté, 1 480 € dont 200 € de primes ; un an et demi de présence et 1 300 € dont 200 € de primes. « Leur augmentation, elle me paie juste un aller-retour d’autoroute pour aller voir mes enfants. » Un autre ajoute : « Quand on voit ce qu’ils font en chiffre d’affaires, et les voitures de luxe, des Audi, qui sont livrées. Ils nous parlent de la crise. Ce n’est pas à nous de payer les conséquences ! Ils n’ont qu’à rouler en Dacia ! »

Et puis, l’accord a fini par venir, même s’il n’est pas signé au niveau national : 2 points d’augmentation (dont 0,4 de rattrapage d’inflation), une prime de 100 €, une prime pour vingt-cinq ans d’ancienneté. La reprise a été actée localement. Un accord interne de rattrapage des jours de grève et de non « représailles » mis sur pied. Stéphan Gély tirant une leçon : « Ce mouvement a créé des liens de solidarité. Beaucoup de jeunes ont eu le courage de faire grève. On a oublié les broutilles. On a été exemplaires. La direction devra nous regarder d’un nouvel œil. »

La direction, contactée, n’a pas souhaité répondre à nos questions.

LES CHAUFFEURS ÉTRANGERS BLOQUÉS

Plusieurs dizaines de semi- remorques transportant des marchandises sont restés bloqués sur le site lunellois. Certains depuis la nuit de mercredi à jeudi. Jeudi, 1 200 palettes étaient attendues, et 1 600 vendredi (un camion transporte 33 palettes). Avec un volume important de produits frais, bloqués sur le parking dans l’attente d’un déchargement. Sur les camions, des plaques espagnoles et allemandes en majorité. Mais aussi polonaises, lituaniennes et quelques françaises. « Nous sommes solidaires mais nous n’avons rien à voir avec cette grève », précisait un Espagnol. « J’ai un gros problème. Je suis séquestré », ajoutait un chauffeur de Barcelone, qui avait peur de passer le week-end sur le parking. « Je ne gagne pas d’argent pour ma famille », se plaignait un Allemand. Avant de reprendre l’attente en partageant le déjeuner des grévistes.

RAYONS VIDES POUR LES CLIENTS

Les deux jours de grève sur la plateforme ont eu des conséquences pour les magasins locaux. Les rayons de frais du celui de Lunel s’étaient ainsi largement vidés, hier. À l’entrée du magasin, le mouvement n’était pas annoncé par la direction mais les clients étaient prévenus par affichage de « retards dans l’approvisionnement ». Ils ont compris par eux-mêmes qu’il y avait plus que cela. « Évidemment, on a remarqué qu’il y avait grève, expliquaient les Lunellois Jacques et Danièle. Il y avait moins de choses dans les rayons. On voulait des croissants mais c’était vide. Il n’y avait plus de légumes, pas d’avocats. Mais ce n’est pas une catastrophe… On ira compléter ailleurs. On est retraités, on tourne en fonction des prix. Ce n’est pas étonnant qu’il y ait des grèves. Les salariés ont sans doute leurs raisons. »
Pour la Saint-Justoise Marie-Josée aussi, « beaucoup de trucs manquaient. Mais j’ai quand même gaspillé pas mal d’argent ! » Quant à Philippe : « J’ai eu du mal à trouver ce que je voulais. Sur le frais, il ne restait plus rien. Les rayons étaient vides. »

Midi Libre, 03/03/2012.

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