Tunisie : Les journalistes condamnent les agressions policières

Tunisie Actualités, 28 février 2012 :

Plusieurs journalistes tunisiens des différents médias nationaux ont condamné « la violence verbale et physique dont avaient été victimes certains de leurs collègues de la part des agents de l’ordre » durant la couverture de la manifestation organisée, samedi 25 février 2012 par l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) à Tunis.

Ils ont affirmé, lors de la réunion de concertation à laquelle avait appelé le Syndicat National des Journalistes Tunisiens (SNJT), tenue en son siège lundi à Tunis, que « Personne n’a le droit d’étouffer leurs voix ni de les empêcher d’accomplir leur mission en toute liberté, une liberté dont ils ont été privés des décennies durant, proposant l’organisation d’une grève générale après l’épuisement de tous les moyens permettant d’exprimer leur refus catégorique de la prise pour cible des journalistes. »

La présidente du SNJT, Néjiba Hamrouni a souligné l’impératif qu’il y a à ce que « les journalistes prennent conscience de la situation dangereuse que vit actuellement le secteur de l’information, soient solidaires entre eux et avec les structures qui les représentent et œuvrent à défendre leurs droits matériels et moraux et à consacrer la liberté de l’information au service de l’intérêt de la Tunisie. »

Après avoir indiqué que « la réforme du secteur de l’information doit passer impérativement par l’adoption de nouvelles législations, Mlle Hamrouni a rappelé que les autorités se sont référées dans l’arrestation du directeur du journal « Ettounissia » aux dispositions du Code pénal privatives de liberté et n’ont pas pris compte du décret-loi n°115, en date du 2 novembre 2011, relatif à la liberté de la presse, d’impression et de distribution.

De son côté, le journaliste Aymen Rezgui, membre du Bureau exécutif du SNJT, chargé des libertés et qui a été victime de coups en compagnie de son collègue Zouheir Zouidi du journal « Attariq Al-Jadid », durant l’exercice de leur devoir professionnel, a affirmé que « l’agression des journalistes aujourd’hui vise la totalité du secteur et tend à masquer la vérité. »

Il a souligné que « les excuses présentées par le syndicat des agents de sécurité et l’ouverture d’une enquête par le ministère de l’Intérieur, ne suffisent plus pour calmer le personnel du secteur et les journalistes qui ont été victimes de violence. »

Pour sa part, et après avoir relevé « l’existence d’un nouveau climat de terrorisme intellectuel exercé sur les journalistes, le secrétaire général du SNJT Mongi Khadhraoui a appelé à la poursuite des efforts en vue de promouvoir le rendement de l’information et d’exposer les problèmes et les véritables préoccupations du citoyen, telles que le chômage, le développement, le dossier des martyrs et autres questions prioritaires.

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