Florange : Les ArcelorMittal engagent le bras de fer

L’Est Eclair, 21 février 2012 :

Début d’occupation, hier, des bureaux de l’usine de Florange par des syndicalistes déterminés, mobilisés pour la survie du site mosellan.

Les ArcelorMittal de Florange, en Moselle, occupaient hier les locaux de la direction de l’usine, déterminés, selon leurs syndicats, à obtenir des engagements des pouvoirs publics pour « assurer la survie du site. »

Répondant à l’appel d’une intersyndicale CFDT-CGT-FO-CFE/CGC, entre 150 et 200 métallurgistes casqués ont pris, vers 8 h, possession des « grands bureaux » de l’usine au cri de « Mittal, on veut travailler ! »

Arrivés dans les étages supérieurs, désertés par la direction générale et les cadres, ils se sont rapidement rendus, avec leurs drapeaux et leurs chasubles chamarrées, dans la grande salle du comité directeur de l’établissement. « Aujourd’hui, Florange est à nous », a lancé un syndicaliste sous les vivats de ses camarades. « À partir de tout de suite, la direction est au chômage technique. Nous resterons dans ces bureaux tant que les hauts fourneaux de l’usine n’auront pas redémarré », a renchéri le responsable de la CFDT, Edouard Martin.

« Que les candidats (à la présidence de la République) qui affirment aimer les usines s’engagent pour assurer la survie du site », a-t-il poursuivi devant une forêt de micros et de caméras, promettant « au moins une action par semaine jusqu’au 6 mai », date du 2e tour de l’élection présidentielle.

« L’Etat a sauvé les Lejaby. Il doit intervenir pour nous », a poursuivi le responsable FO, Walter Broccoli. « Si Mittal ne veut plus de Florange, qu’il s’en aille. Mais il est hors de question qu’il démantèle l’usine uniquement pour qu’elle ne soit pas reprise par un concurrent », a affirmé le syndicaliste, très déterminé.
« Que le gouvernement fasse voter une loi interdisant le démantèlement. Avec les ouvriers et les pouvoirs publics territoriaux, nous trouverons des partenaires intéressés par le site », a encore assuré Edouard Martin.

Des tentes, des tables et des bancs

Dans un communiqué publié à Paris, la direction d’ArcelorMittal France a dit « vouloir croire que la raison l’emportera sur des actions qui risquent d’empêcher un dialogue social constructif. »

Vers 10 h, les protestataires étaient confortablement installés dans les locaux administratifs du site mosellan, où chauffaient les cafetières et où l’on confectionnait les sandwiches, alors que sur le parvis ensoleillé, les responsables syndicaux enchaînaient les interviews aux chaînes de TV.

En début d’après-midi, des tentes, des tables et des bancs ont été dressés devant l’immeuble administratif pour « officialiser » l’occupation, a expliqué Jean Mangin, responsable de la CGT. « Ce sera le village de la résistance, où les ouvriers pourront venir s’exprimer sur leur lutte. »

Cette occupation constitue la première étape du « cauchemar » promis par les syndicats au gouvernement après l’annonce par la direction que les deux hauts fourneaux du site ne redémarreraient pas au 2e trimestre. Pour les syndicats, cette décision annoncerait la « mort programmée du site », où travaillent 5 000 personnes.

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