Colère en Espagne et au Portugal face à l’austérité

Le Figaro, 12 février 2012 :

Les coupes sociales et les mesures d’austérité provoquent des remous sociaux dans toute la péninsule ibérique. En Espagne, la réforme du marché du travail, adoptée vendredi par décret, a suscité une première vague spontanée de protestation. Au Portugal, c’est l’application du plan de sauvetage qui suscite une mobilisation massive.

Lisbonne, 11 février

À la Puerta del Sol de Madrid, des centaines de personnes se sont réunies vendredi soir pour protester contre la réforme. Qualifié d’«historique» par le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy, le décret est la dernière tentative de Madrid de freiner l’avancée du chômage, qui semble irrépressible. À 22,85% de la population active, le taux espagnol bat tous les records du monde industrialisé.

L’exécutif entend favoriser l’embauche en rendant les CDI plus attractifs. Outre quelques incitations fiscales, la réforme abaisse les coûts des licenciements et autorise des baisses de salaires unilatérales dès que l’entreprise traverse une mauvaise passe.

Grève générale en suspens

La manifestation de vendredi, non autorisée, a été dissoute violemment par la police alors que les protestataires s’approchaient du Parlement. Les syndicats, critiqués par les manifestants, qui les jugent trop timorés, n’étaient pas représentés Puerta del Sol. Comisiones obreras (CCOO) et Union general de trabajadores (UGT) entendent canaliser la colère sociale dimanche prochain: une «mobilisation générale» est convoquée et des cortèges seront organisés dans toute l’Espagne. La possibilité d’une grève générale, elle, reste en suspens.

Au Portugal, la mobilisation a déjà eu lieu. «La plus grande manifestation depuis trente ans» a rassemblé samedi 300.000 personnes à Lisbonne, selon la CGTP, le principal syndicat. Lors d’un long discours, le secrétaire général de la centrale s’en est pris à la fois à la troïka (Commission européenne, BCE et FMI), chargée de contrôler l’application du plan de sauvetage, et au gouvernement, accusé de soumission. Plusieurs fois, Arménio Carlos a été interrompu par les manifestants lorsqu’il citait le nom du premier ministre, Pedro Passos Coelho. «Gatuno! Gatuno!» («Voleur!»), scandait la foule. Mis également en cause, le ministre des Finances, accusé de porter atteinte à la «dignité» et à la «souveraineté» des Portugais. Lors d’un échange avec son homologue allemand, Vitor Gaspar avait remercié Berlin pour avoir accepté un «ajustement» du plan financier.

Prônant une renégociation de la dette, Carlos a réclamé une hausse du smic portugais, établi actuellement à 485 euros brut. Une nouvelle journée de mobilisation est prévue le 29 février.

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