» On va laisser des enfants sur le bord du chemin « 

Quinze postes d’enseignants seront supprimés dans les réseaux d’aide spécialisée à la rentrée 2012. 700 enfants ne bénéficieront plus du dispostif.

Chaque année, les enseignants spécialisés viennent en aide à une cinquantaine d’enfants en difficulté.

Comment supprimer des postes d’enseignants sans réduire le nombre de classes et alourdir les effectifs ? Nicolas Sarkozy a trouvé la solution. Pour la rentrée 2012, il préconise de restreindre le nombre d’enseignants « hors classe ». Traduction concrète en Indre-et-Loire : en septembre, les réseaux d’aide spécialisée aux élèves en difficultés (Rased) compteront quinze postes en moins.

« Pour nous, c’est très dur à vivre. Aider les enfants en difficultés, c’est un engagement fort. On nous prive d’un travail que l’on a envie de faire et qui n’est plus reconnu », commente Catherine Beauvillain, maîtresse G (rééducatrice) depuis 22 ans. « On va laisser sur le bord du chemin des enfants pour qui on n’a pas de solution dans la classe. Tout ça pour des questions budgétaires. C’est inacceptable ! »s’insurge Laurence Cornier-Goehring, maîtresse E (aide pédagogique) dans le secteur d’Amboise. Secrétaire départemental du SE-Unsa, Vincent Le Roy déplore lui aussi que les postes d’enseignants remplaçants et de Rased soient transformés en« variable d’ajustement » dans une seule « logique comptable »« A travers les réseaux d’aide, on touche aux élèves les plus faibles et les fragiles », insiste-t-il. Au SnuIPP, syndicat majoritaire dans le premier degré, on estime que la suppression de 15 postes Rased affectera plus de 700 enfants en difficultés dans le département. « Le gouvernement fait un mauvais calcul, prévient Jacques Robert, maître E dans le quartier du Sanitas à Tours. En aidant les enfants en difficulté, on évite que le problème se transforme en échec. Et l’échec scolaire, cela a un coût humain et économique à long terme. »

Seuil critique

Ce n’est pas la première fois que le gouvernement s’attaque aux Rased. En 2008, le ministère de l’Éducation avait déjà voulu supprimer les réseaux. Près de la moitié avait alors été sauvés avec le soutien des parents d’élèves. Cette fois encore, l’heure est à la mobilisation. Des pétitions circulent dans les écoles. Les élus sont interpellés. Certaines municipalités ont déjà voté des motions pour dénoncer la « casse » du dispositif. Mais les enseignants ont bien conscience que le temps presse et que la conjoncture ne joue pas en leur faveur. « Depuis trois ans, nous sommes placardisés »,constate Jacques Robert en rappelant que le nombre d’enseignants spécialisés a déjà été ramené de 140 à 95 postes en Indre-et-Loire. Selon lui, le seuil critique est désormais atteint.

Pascal Denis, 11/02/2012
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