PSA : Face aux licenciements et aux suppressions d’emplois

Article publié dans “Communisme-Ouvrier” n°17, bulletin de l’Initiative Communiste-Ouvrière :

Dans le cadre du plan de 6800 suppressions d’emplois annoncées par PSA le 15 novembre, la direction veut supprimer la production de 206+ et de 308 à Mulhouse d’ici le mois de mars ce qui va entraîner le licenciement de 600 intérimaires. Absurdité de la logique capitaliste, alors qu’à Mulhouse des centaines d’intérimaires vont retrouver la galère du chômage, à l’usine de Sochaux il est question d’imposer des samedis travaillés pour produire des 308. Aussi, le 26 janvier, la CGT avaiet décidé d’une journée d’action sur la ville pour dénoncer ce plan de licenciement des ouvriers intérimaires. Entretien avec Vincent Duce, ouvrier à l’usine PSA de Mulhouse, militant de la CGT et du Courant Communiste Révolutionnaire du NPA.

– Le 26 janvier, la CGT de l’ usine PSA de Mulhouse a organisé une action contre le licenciement de 600 ouvriers intérimaires. Pourtant, le 15 novembre, lorsque PSA a présenté son plan de suppression de postes, patrons et politiciens disaient qu’ il n’ y aurait pas de licenciement. Peux-tu nous en dire plus ?

– Vincent Duce : En effet si tu pars du principe que 600 intérimaires mis en fin de mission ne sont pas des licenciements et que le plan de suppressions d’emplois plus connus sous le nom de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC), qui consiste a faire partir du monde dans le cadre des projets personnels ou encore partir en retraite de façon anticipée avec un maximum de 45 milles euros après plus de 40 ans de boite et au Pôle Emploi aussi. En réalité c’est bien un licenciement économique payé intégralement par nos impôts, une arnaque d’une ampleur que les gens ne peuvent pas imaginer. Que ce soient les intérimaires ou les embauchés, c’est bien tous ensemble que nous devons nous y opposer, c’est un question cruciale pour l’avenir de notre classe et de nos enfants.

– Au delà des ouvriers intérimaires qui sont envoyés au Pôle Emploi, quelles sont les conséquences de ces licenciements pour les autres ouvriers de l’usine ?

– Et bien dans un premier temps l’objectif c’est de démonter une équipe entière de la chaîne 206/308, plus de 557 salariés et de les reclasser dans les autres équipes. C’est bien ces salariés qui sont sensés remplacer les intérimaires qui vont être virés en mars, mais surtout faire baisser la masse salariale globale et de supprimer plus de 700 postes.

– Et pour ceux des autres sites du groupe ?

– Pour les autres sites du groupe PSA, Sochaux va récupérer les 208 que Mulhouse ne fera plus et saturer le site de Sochaux avec à la clé une aggravation des conditions d’exploitation et de samedis obligatoires et le site de Poissy va recevoir une partie de l’activité d’Aulnay pour permettre de fermer le site d’Aulnay. C’est pourquoi la mobilisation contre la fermeture d’Aulnay est centrale en terme de lutte. Notre détermination doit être sans faille avec un seul mot d’ ordre pas un poste supprimé, pas une usine ne doit fermer. Nous devons répondre à l’appel des camarades d’Aulnay qui seront encore mobilisés samedi 18 février (1).

– Et as-tu une idée des conséquences pour les travailleurs des entreprises de sous-traitance ?

– Et bien ce sont en fait des suppressions d’emplois d’ampleur aux quelles nous allons assister puisque la plus part des sous-traitants vivent en perfusion en fonction du donneur d’ordre qu’est PSA. Si la production baisse chez PSA de façon mécanique, c’est la même chose chez les équipementiers avec les mêmes conséquences voire encore pire. Pour prendre un seul exemple le site de Pulversheim qui travaille en flux tendu avec PSA Mulhouse, et qui a perdu le marché de la C4 l’année dernière et donc ne livre plus que les sièges pour les 208/308, risque de fermer ses portes avec l’arrêt d’une équipe à Mulhouse.

– Quel est le sentiment dans les ateliers à l’ usine de Mulhouse ?

– Le sentiment de colère est très grand et également de peur du lendemain. Les intérimaires n’ont aucune perspective de travail ailleurs et les embauchés eux vont se retrouver avec des postes surchargés, avec des cadences infernales. Les anciens et les malades sont dans le collimateur de la direction et nous sommes confrontés de façons quotidienne aux suppressions de postes des salariés à capacité restreinte et les licenciements de ces salariés risquent encore de s’aggraver. Les anciens sont poussés vers la porte via le plan de départs.

– As-tu des échos de luttes dans d’ autres usines contre le plan de suppressions d’ emplois chez PSA ?

– Et bien oui, les luttes dans les autre usines sont bien sur les salariés d’Aulnay qui luttent contre le plan de suppressions d’emplois et pour la survie de leur usine, mais également les travailleurs de Sevel–Nord qui eux aussi sont sous le coup d’une fermeture avec des arrêts de travail. En fait, dans la plupart des sites, il y a des actions contre le plan de suppressions d’emplois, d’ abord contre le licenciement des intérimaires , mais l’idéal serait de se coordonner entre tous les sites et les sous-traitants pour être une force collective qui peut être le moteur d’une lutte d’ ensemble.

– Avec l’approche des présidentielles, de nombreux candidats semblent découvrir l’ existence des ouvriers. Sarkozy, Hollande, Bayrou, Le Pen… cherchent à s’adresser aux travailleurs menacés de licenciements en parlant de « patriotisme économique », de « produire et consommer français », etc. Quel est ton avis sur la question ?

– Aujourd’hui les idées nationalistes réactionnaires font le lit du repli sur le territoire national alors que le vrai problème réside dans l’existence d’un système qui ne crée que misère et souffrance de masse, c’est le capitalisme. Nos ennemis ne sont pas les travailleurs des autres pays mais bien leurs patrons qui sont également les nôtres. Le patriotisme, quel qu’il soit, est étranger au intérêts de la classe ouvrière qui est mondiale. Même patrons, même combat contre les exploiteurs du monde entier.

– Quelles sont selon toi les perspectives pour continuer la lutte contre les licenciements à PSA Mulhouse ?

– Je pense que nous devons continuer à organiser les intérimaires et les embauchés pour les faire lutter ensemble contre les suppressions d’emplois, qui sont une attaque d’une force terrible contre nos vies et celles de nos enfants. Nous sommes condamnés à lutter et à gagner et ceci dans un cadre encore plus large que le seul site de PSA Mulhouse.

(1) Les ouvriers de PSA Aulnay appellent à une manifestation le 18 février à 13 h 30, Place du Général de Gaulle, à Aulnay / Bois (93) contre la fermeture de l’usine.

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