Les travailleurs du transport aérien défendent le droit de grève

AFP, 6 février 2012 :

Des perturbations sont attendues dès lundi matin et jusqu’à jeudi dans les aéroports français, en raison d’un appel à la grève lancé par plusieurs syndicats de différentes catégories de personnels du transport aérien, pilotes en tête, qui refusent tout « service minimum ». Le conflit est provoqué par le projet du gouvernement, via une proposition de loi d’un député UMP, d’encadrer le droit de grève dans l’aérien, comme il l’a fait en 2007 dans les transports terrestres, à la SNCF et à la RATP notamment.

Le texte du député des Bouches du Rhône Eric Diard impose notamment aux grévistes de se déclarer individuellement 48 heures à l’avance. Il impose aussi un devoir d’information pour les compagnies avec des prévisions de trafic 24 heures à l’avance. Les organisations syndicales, que ce soient des personnels navigants et de cabine (pilotes, hôtesses, stewards) que les personnels au sol (agents en escale, ravitailleurs, bagagistes, mécaniciens, etc…) représentés par les grandes confédérations ouvrières, voient dans ce texte une tentative du gouvernement de « restreindre le droit de grève« .

« LE MOUVEMENT SERA TRÈS SUIVI »

Il est difficile de savoir qu’elle sera l’ampleur du mouvement, même si la réunion dans un même conflit de tant de catégories de personnels est plutôt inédite. Autour de Noël un conflit salarial de onze jours concernant les seuls agents de sûreté aéroportuaire n’avait que peu perturbé le trafic. « Le mouvement sera très suivi, dire combien c’est toujours très compliqué mais il y aura du monde qui fera grève », a affirmé dimanche le président du SNPL Yves Deshayes.

De son côté la compagnie Air France, qui transporte de 130 000 à 150 000 passagers par jour et représente 50 % des vols à Roissy et Orly, a assuré dès vendredi soir qu’elle pouvait assurer 80 % de ses vols court et moyen courrier et 85 % des long courriers. Prévision très optimiste, a-t-on rétorqué côté syndical, notamment des syndicats de pilotes d’Air France qui ont mis en garde les voyageurs « contre le risque de très sérieuses perturbations ».

Dimanche, Aéroports de Paris (ADP) conseillait aux passagers de consulter leur compagnie aérienne ou de s’informer par téléphone ou sur Internet, pour avoir confirmation du maintien de leur vol pendant la période de grève. La proposition de loi Diard, adoptée le mois dernier à l’Assemblée, doit être examinée le 15 février au Sénat, à majorité de gauche, puis revenir en commission mixte paritaire avant une dernière lecture à l’Assemblée.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s