Pôle emploi débordé : « Une frange de la population qu’on n’accompagne plus »

La Voix du Nord, 20 janvier 2012:

« Autrefois, tous les demandeurs d’emploi étaient traités de la même manière. Dorénavant, il n’y a plus d’égalité de traitement. » L’accusation est portée par Emmanuel Deleplace, secrétaire régional du Syndicat national unitaire, majoritaire chez Pôle emploi dans le Nord – Pas-de-Calais. Un syndicat très amer quant à la surcharge avérée des portefeuilles de conseillers.

« Jusqu’à présent, le principe du suivi mensuel personnalisé tel qu’il a été instauré dès le début disait que la totalité des demandeurs d’emploi devait être vue mensuellement. Dans la réalité, ça s’est allégé. Les entretiens avec les conseillers se font de plus en plus par contact téléphonique, Internet ou via des ateliers où on regroupe plusieurs demandeurs. » Vincent Lalouette, secrétaire régional adjoint du même syndicat, en remet une louche : « Il y a le téléphone, les mails, les ateliers. Tout ça fait partie des « tambouilles » internes.

L’important, c’est que ça rentre dans les résultats statistiques. » Malgré ces entorses à l’esprit initial du suivi mensuel personnalisé, les conseillers ne parviennent vraisemblablement pas à faire face à l’étendue de leurs portefeuilles : « On ne voit plus tout le monde tous les mois. Tout le monde est dans le rouge. Clairement, on privilégie les plus employables et les demandeurs indemnisés. » Au détriment donc de ceux qui sont le plus éloignés de l’emploi.

Souffrance au travail

Le secrétaire régional du SNU emploi confirme : « Il existe toute une frange de la population qu’on n’accompagne plus, une population variable en fonction des bassins mais tout de même, la réalité d’aujour-d’hui est celle-là. » De quoi étonner, si cela se vérifie, le moins ardent défenseur du service public.

Le cahier de doléances ouvert par le responsable syndical ne se referme pas de sitôt : « On est réellement confrontés à des problèmes d’effectifs et de formation des personnels. Il y a des CDD qu’on envoie au feu sans formation ou presque. » Corollaire de cette situation pour le moins tendue, la violence. « Il y a une montée de l’insécurité », confirme le syndicaliste qui conclut : « Si Pôle emploi ne remplit pas sa mission, ce n’est pas la faute des conseillers. Ils ont une vraie conscience professionnelle mais ils perdent vraiment leurs repères. Ce qui donne une réelle souffrance au travail. »

 

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