Montée des protestations sociales en Tunisie

24 Heures, 17 janvier 2012 :

Les troubles ont atteint mardi le palais présidentiel de Carthage, près de Tunis, un an après la chute du régime de l’ancien président Zine el Abidine ben Ali.

La contestation sociale prend de l’ampleur en Tunisie malgré l’appel à la trêve lancé par le nouveau président Moncef Marzouki.

L’onde des grèves, sit-ins et coupures de route s’est propagée en quelques jours dans plusieurs régions du nord au sud en passant par le centre du pays, entravant la circulation et paralysant l’activité économique dans plusieurs localités.

La contestation, comme sous Ben Ali, est alimentée par le chômage et la précarité des conditions de vie. A Siliana, une région pauvre du centre tunisien, une grève générale se poursuit ainsi depuis cinq jours dans la localité de Makthar, dont les habitants qui réclament des emplois et l’amélioration de leurs conditions de vie.

Selon l’agence de presse officielle TAP et des images diffusées par la télévision publique, les établissements scolaires étaient fermés et les accès de la ville étaient bloqués par des troncs d’arbre et des pneus en flammes empilés par des groupes de chômeurs.

Les mêmes revendications sous-tendaient des actions similaires au Kef et Jendouba (nord-ouest), où les protestataires ont coupé des routes et perpétré des actes de vandalisme visant des commerces, des écoles et des parkings municipaux notamment dans la localité de Ghardimaou, selon la TAP.

Des troubles ont été enregistrés également à Grombalia (nord-est) où le siège de la délégation (sous-préfecture) et à Gafsa, chef-lieu du bassin phosphatier, où 40 personnes ont entamé une grève de la faim, rapporte radio Mosaïque FM.

Lundi soir, un groupe d’une douzaine de contestataires venus pour la plupart de Thala et de Kasserine campait devant le palais présidentiel de Carthage.

Ces deux villes du centre-ouest tunisien ont payé un lourd tribu lors du soulèvement populaire qui a fait chuter le régime Ben Ali, en enregistrant un grand nombre de morts et de blessés.

Assise sous un arbre à même le sol par un temps particulièrement froid, une jeune femme tenait son bébé d’un an et trois mois enveloppé dans un drap.

« Mon fils a été touché à la tête par du gaz lacrymogène lors d’une manifestation à Kasserine. Avec le salaire de 104 dinars (environ 52 euros) que je perçois dans le centre de santé de base où je travaille, je ne peux pas le soigner. Je veux que l’Etat prenne en charge les soins et améliore ma situation professionnelle », a déclaré à l’Associated Press Thouraya Ghodbani, âgée d’une trentaine d’années.

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