Douai : Grève des ouvriers de l’abbatoir

La Voix du Nord, 10 janvier 2012 :

Grève de l’abattage des boeufs à l’abattoir, hier. Les ouvriers réclament une augmentation supérieure à celle qui leur est promise en 2012.

Les boeufs rescapés leur disent merci. « D’ordinaire, le lundi on tue cent boeufs. Là, on en a fait quarante », dit Claude Turel, délégué du personnel, et délégué syndical CFTC à la Douaisienne d’abattage située en zone industrielle de Douai – Dorignies. Hier donc, les pistolets pneumatiques sont restés relativement silencieux. En cause : une grève à laquelle s’est jointe une vingtaine des trente-huit personnes employées dans l’abattoir.

Les ouvriers n’ont pas eu les « étrennes » qu’ils voulaient. « 3 % d’augmentation, ça fait 45 E brut par mois », souligne Claude Turel, rappelant que ses collègues font vache maigre depuis 4 ans. Côté direction, Philippe Pruvost, l’un des trois associés (trois frères) de la SARL Pruvost-Leroy qui, outre Douai, fait tourner l’abattoir de Saint-Hilaire-Cottes (Pas-de-Calais), annonce un 2 % d’augmentation garanti en 2012. « Il n’y a que 1 % d’écart », soupire-t-il, se disant déçu de l’attitude des grévistes. Séverine Duhamel, assistante de direction, présente à ses côtés, se porte au secours de son employeur : « Au 31 décembre 2010, l’abattoir pouvait fermer tant les résultats étaient mauvais (- 37 000 E de résultat net en 2009). » Claude Turel, lui, a plutôt en mémoire les 100 000 E de résultat net dégagé sur l’exercice 2010 (2,7 millions d’euros de chiffre d’affairespour10 000 tonnes de bovins abattus). Réponse de Séverine Duhamel : « Les salaires n’ont pas été revus à la baisse lors de la reprise de l’abattoir. Et en plus, fin 2011, trois embauches ont été faites. » À cela s’ajoute l’investissement en cours pour remettre aux normes la chaîne d’abattage, et donc augmenter sensiblement le tonnage. « On a mis plus de 3 millions d’euros sur le site », dit Philippe Pruvost, qui annonce aussi l’installation d’une chaîne d’abattage des moutons cette année. Certes, répond Claude Turel, qui peste tout de même contre le fait qu’« on ne va attendre 10 ans, le temps qu’ils aient remboursé le prêt, pour être augmentés ». « On n’a plus de marge de manoeuvre, il faut laisser du temps au temps », rétorque Philippe Pruvost.

Les ouvriers, qui se plaignent aussi de ne pas retrouver sur leur fiche de paie, d’un mois sur l’autre, la dizaine d’heures supplémentaires effectuées en moyenne tous les mois, se sont satisfaits de l’augmentation : ils ont décidé de reprendre le travail ce matin.

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