Colère de chômeurs en Algérie : « Nous réclamons du travail depuis 10 ans, en vain »

Dernières Nouvelles d’Algérie, 7 janvier 2012 :

Des chômeurs de trois villes pétrolières algériennes, Skikda, Ouargla et Laghouat, manifesteront dimanche 08 janvier devant les agences de l’emploi de ces villes pour réclamer du travail et protester contre des embauches extérieures. Chômage, corruption, passe-droits, clientélisme, pressions, les sans-emplois dont certains sont titulaires de diplômes universitaires accusent les autorités locales de bafouer leur droit à un travail garantit par la Constitution.

Les chômeurs des wilayas de Skikda (510 km à l’est d’Alger), Ouargla et Laghouat (sud du pays) ont entamé des actions de protestation depuis plusieurs jours et accusent les multinationales et les sociétés algériennes de recourir à l’embauche extérieure, indiquent leurs représentants à l’AFP

« Nous réclamons du travail depuis 10 ans, en vain. Rien qu’à Ouargla, il y a une offre de 40.000 emplois pour 5.000 chômeurs de la région, mais les entreprises ne recrutent pas localement et ramènent des travailleurs hors-zone », affirme Tahar Belabès, coordinateur national du Comité national pour la défense des droits des chômeurs (CNDDC).

« Nous réclamons en urgence une enquête indépendante sur les dépassements, la corruption et les passe-droits à l’ANEM (Agence nationale de l’emploi). Ils veulent faire passer la question du chômage pour une question sécuritaire en nous accusant de tous les maux », indique Riad Lamri, porte-parole de la CNDDC à Skikda, qui a ajouté détenir des preuves de ce qu’il avance.

« Nous sommes plus de 12.000 chômeurs dont la plupart sont détenteurs de diplômes universitaires et nous ne recevons que des offres de pré-emploi à 5.000 dinars (50 euros mois). Notre seule revendication est d’avoir un travail permanent à même d’assurer notre dignité, voilà pourquoi nous marcherons demain (dimanche) », ajoute M. Lamri.

« L’ANEM utilise les postes de travail à pourvoir à des fins électorales. Elle exerce un chantage sur des chômeurs en exigeant d’eux qu’ils adhèrent à des partis », explique Abbes Hadj Aissa, de la CNDDC de Laghouat.

« Les sociétés pétrolières recrutent sans passer par les agences locales, ce qui est contraire à la loi. Nous ne faisons que réclamer notre droit au travail comme nous l’accorde la Constitution », poursuit M. Hadj Aissa.

Au cours de l’année dernière, plusieurs manifestations de jeunes chômeurs ont secoué la région de Laghouat, l’une des plus riches d’Algérie grâce à la fiscalité pétrolière.

Les sans-emplois accusent les autorités locales de clientélisme et de népotisme dans l’octroi des postes de travail.

Abdellah Kebaïli, avocat au chômage qui s’est immolé le 14 novembre 2011 dans l’enceinte de la Direction de l’emploi de la wilaya de Ouargla (, a succombé à ses blessures, lundi 21 novembre au Centre des brûlés de l’avenue pasteur (Alger Centre).

Diplômé de droit, titulaire d’un CAPA, l’avocat âgé de 25 ans n’avait pas réussi à trouver un emploi en dépit de ses multiples démarches auprès de l’administration.

En Algérie, le taux de chômage chez les jeunes, qui atteignait 50% il y a dix ans, est de 21%, selon le Fonds monétaire international (FMI).

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