Un homme s’immole par le feu en Tunisie.

Un homme s’est immolé par le feu jeudi 5 janvier dans l’après-midi, devant le gouvernorat de Gafsa, région du centre-ouest de la Tunisie ravagée par le chômage, le jour de la visite de trois ministres dans cette ville, selon des témoins et une source syndicale.

L’homme, au chômage, s’est immolé en pleine après-midi, selon ces sources, et il a été transféré dans un état très grave à l’hôpital des grands brûlés de Ben Arous, près de Tunis, selon un syndicaliste local, Amar Amroussia.

Le porte-parole du ministère de l’intérieur, Hichem Meddeb, a confirmé l’immolation. Selon lui, environ deux cents jeunes se sont alors rassemblés et ont jeté des pierres sur les forces de l’ordre. « La situation est très inquiétante et risque de dégénérer », estime Amar Amroussia.

SIT-IN DE CHÔMEURS

L’homme, âgé de 48 ans et père de trois enfants, faisait partie d’un groupe de chômeurs qui faisait un sit-in devant le gouvernorat de Gafsa depuis plusieurs jours. « Il a demandé à rencontrer la délégation de ministres en visite à Gafsa et n’a pas eu de réponse », selon une source locale. « Il s’est arrosé d’essence et s’est enflammé, sans rien dire », a déclaré pour sa part un témoin.

Les ministres des affaires sociales Khalil Zaouia, de l’industrie, Mohamed LamineChakhari, et de l’emploi, Abdelwahab Maatar, étaient en visite jeudi à Gafsa pour se rendre compte de la situation dans la région minière tunisienne, secouée par des violences et ravagée par le chômage.

IL Y A UN AN, L’IMMOLATION DE MOHAMED BOUAZIZI

Cette immolation par le feu survient un an après la révolution tunisienne, commencée le 17 décembre 2010 par une autre immolation, celle d’un jeune marchand ambulant à Sidi Bouzid, une ville également défavorisée du centre-ouest de la Tunisie. Mohamed Bouazizi, un jeune chômeur diplômé, s’y était immolé par le feu après la saisie de son étal de fruits et légumes par la police municipale pour défaut de licence.

Le jeune homme, devenu le symbole d’une jeunesse sans espoir dans une Tunisie subissant la férule et la corruption de Zine El-Abidine Ben Ali et de son clan, avait succombé à ses brûlures le 4 janvier. Son acte, rarissime dans une société musulmane, avait déclenché une vague de manifestations de grande ampleur contre le régime, qui avait gagné tout le pays. Le 17 janvier, le chef de l’Etat était renversé et s’enfuyait en Arabie saoudite.

VIOLENCES RÉCURRENTES DANS LA RÉGION DE GAFSA

La région de Gafsa est l’une des plus défavorisées et des plus frondeuses du pays. Elle est en proie à des violences récurrentes, exacerbées fin novembre après la publication des résultats d’un concours de recrutement à la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG), quasiment l’unique employeur de la région. Deux localités avaient été mises à sac, des locaux de la CPG incendiés.

Depuis la révolution, des troubles sociaux dans la région de Gafsa ont paralysé l’activité minière. La CPG et sa maison-mère le Groupe chimique tunisien (GCT) ont perdu près de 800 millions de dinars (environ 450 millions d’euros) en 2011 avec la chute de la production de près de 60 %.
Avec le tourisme, le secteur des phosphates est l’un des principaux pourvoyeurs de devises en Tunisie, cinquième producteur mondial.

LEMONDE.FR avec AFP | 05.01.12 | 

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