Grève reconduite à l’usine Poujoulat

La Nouvelle République, 6 janvier 2011 :

Chez Poujoulat, les négociations salariales entre direction et représentants du personnel se sont poursuivies hier. En vain. La grève est reconduite aujourd’hui à l’usine de Saint-Symphorien.

Une seule heure de débrayage l’année dernière, mais déjà ce matin un troisième jour de grève et de blocage ( depuis mercredi) du site de production de Saint-Symphorien : les salariés de Poujoulat semblent au moins aussi déterminés qu’en 2007 – ils avaient obtenu, entre autres, un treizième mois pour les administratifs au terme de cinq jours de grève – à négocier une augmentation substantielle de leurs rémunérations.

Cette détermination est d’autant plus forte que leur entreprise, spécialisée dans les conduits de cheminée en inox, affiche une santé presque insolente dans un contexte de crise : alors que Poujoulat bat fièrement pavillon sur les océans avec son bateau de course, alors que son expansion va conduire au déménagement, sous quinzaine, du personnel administratif et de la direction dans des locaux flambant neufs, et alors surtout que 2011 se solde par une augmentation du chiffre d’affaires de plus de 15 %, les salariés s’estiment légitimement fondés à réclamer une part du gâteau.

Ils campent contre vents et marées, et c’était particulièrement le cas hier à l’entrée de l’usine, sur une augmentation salariale de 5 % pour tous.

Assignation en justice et négociation aujourd’hui

Alors que les braseros avaient été entretenus par quelques courageux, puis que le blocus s’est densifié au lever du jour par la présence d’une centaine de salariés, y compris des bureaux, la première proposition de la direction de 2 % plus une variable de 0,8 % au mérite, n’était pas jugée satisfaisante. Pas plus que celle, rapportée en milieu de matinée par Philippe Rousseau (FO) et Jean-Michel Bernelas (CGT), au terme de deux heures de négociation dans le bureau du directeur de production, par visioconférence avec le P-DG à Paris : 2, 6 %, avec encore une variable de 0, 5 %, ainsi qu’une éventuelle prime pérenne à discuter.

Une nouvelle réunion en début d’après-midi n’a fait que crisper les positions, la direction exigeant sur le terrain judiciaire – les syndicats sont assignés devant le tribunal des référés de Niort ce vendredi à 14 h – que le blocus de l’usine soit levé. Sur quoi, et en dépit d’une nouvelle négociation prévue ce matin, les salariés grévistes ont décidé de reconduire leur grève, quitte à s’exprimer ailleurs que devant leur usine.

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