TER de la Loire : Cheminots en lutte depuis neuf semaines

20 Minutes, 3 janvier 2011 :

Des cheminots des TER de la Loire sont entrés lundi dans leur neuvième semaine de grève. Mobilisés par les syndicats SUD, CGT et FO, ils contourneraient la loi sur le service minimum afin d’être payés tout en faisant grève, selon le journal Les Echos de ce mardi. Faux, répond Jean-Luc Ravachol, conducteur et militant SUD-Rail, interrogé par 20 Minutes.

Où en est le mouvement après huit semaines de grève et la réunion de ce mardi matin avec la direction ?

Pour l’instant, rien n’avance. La direction est revenue sur ce projet de restructuration début 2011 alors que tout avait été suspendu après la grève nationale d’avril 2010. Aujourd’hui, l’opposition massive du personnel date depuis très longtemps et la direction sait qu’il ne veut pas y aller pour deux raisons: d’une part pour l’emploi, et d’autre part pour la sécurité ferroviaire parce que cet établissement rassemblant tous les corps de métiers (agents de gare, contrôleurs, conducteurs) va nous couper de notre filière et sera géré par des gens qui n’ont pas les compétences.

Qu’en est-il de ces informations selon lesquelles certains grévistes sont «payés normalement»?

C’est ce que dit la direction. On avait le choix de faire une grève dure mais notre volonté était de ne pas bloquer complètement le système, d’amener les gens au boulot le matin et de les ramener chez eux le soir. On est des salariés comme eux. Que la direction privilégie une ligne (pendant les perturbations, ndlr), c’est son problème, c’est elle qui fait les attributions. Nous, on est tout à fait dans la loi et cette grève nous coûte de l’argent. C’est Josiane Beaud (directrice régionale de la SNCF, ndlr) qui a dit qu’elle ne nous coûtait rien, mais si c’était le cas, on n’irait pas au boulot.

Comment voyez-vous la suite du conflit ?

On ne maîtrise rien. La grève est une extrémité parce que la direction veut passer en force. Même s’il est en vigueur depuis le 1er janvier, on nie cet établissement comme la SNCF a nié cette grève. Ils ont attendu 33 jours après le début de la grève avant de réunir une table ronde, refusé des expertises qu’on voulait sur les conséquences d’un projet qui ne fonctionne pas dans d’autres régions, et l’action en justice qu’ils envisagent montre à quel point ils n’ont pas envie de négocier. On a conscience qu’on est en train d’emmerder les usagers depuis deux mois, qu’il faudrait qu’on arrête, mais la balle est dans le camp de la direction.

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