Sûreté aéroportuaire : « Rien n’est fini, tout commence »

L’Humanité, 28 décembre 2011 :

Thierry Ménard, secrétaire fédéral de la CGT commerce et services, revient sur les onze jours de grève des agents de sûreté aéroportuaire qui ont secoué le ciel et le patronat.

Quel bilan tirez-vous de cette grève des agents de sûreté ?

Thierry Ménard. Cette lutte a permis de montrer un autre visage des salariés de la sûreté aéroportuaire, qui sont souvent mal perçus. Ça a été une grève exemplaire, dans un contexte où les patrons et le gouvernement s’obstinent à refuser de parler d’augmentation des salaires. L’accord qui a été signé, même si la CGT n’en est pas signataire, prouve au moins que le rapport de forces avec le patronat peut le forcer à concéder quelques avancées et que l’argent existe pour verser des primes.

Les agents de sûreté s’étaient déjà mobilisés en 2001 et 2008, mais pas avec 
la même ampleur. Qu’est-ce qui explique que la grève 
ait été aussi immédiatement massive cette fois-ci ?

Thierry Ménard. Le matraquage médiatique, politique et patronal qui consiste à dire que la hausse des salaires est impossible a ses limites. Le ras-le-bol des agents de sûreté a été immédiat car ils ont bien compris qu’on les roulait dans la farine depuis des années. Ces salariés, qui sont soumis à des pressions et à une répression très forte dans leur travail, en ont eu marre de courber l’échine. Ils ont bien vu qu’ils étaient soumis aux mêmes conditions de travail, quelle que soit l’entreprise de 
sécurité. Ils ont réussi à déjouer les pièges de la culture d’entreprise et de la concurrence entre salariés instaurés par les patrons. Cela fait des mois que la CGT consulte les agents et 
interpelle la direction sur la question des salaires. La surdité du patronat a eu un impact.

La fin de la grève est-elle 
une marque de résignation des salariés ?

Thierry Ménard. Il n’y a pas de résignation chez les agents de sûreté. Mais à partir du moment où quatre organisations syndicales ont signé un protocole de fin de conflit, la poursuite du mouvement n’était plus crédible. Pour la CGT, la question des salaires comme celle des conditions de travail ne sont pas réglées. Nous avons demandé l’ouverture de négociations anticipées immédiates sur les salaires, à l’échelle de la branche et de chaque entreprise. Si les autres organisations syndicales souhaitent encore se battre sur les salaires et les conditions de travail, la CGT les invite à une concertation pour élaborer un cahier revendicatif commun. Pour la CGT, rien n’est fini, tout commence.

Une réponse à “Sûreté aéroportuaire : « Rien n’est fini, tout commence »

  1. octobrerouge

    Même si quatre syndicats ont trahi les salarié(e)s de cette lutte, il ne faut pas dire que le mouvement n’était plus crédible! Les gars auraient pu continuer la grève! Les votes des AG étaient bien clairs!
    La signature d’un protocole d’accord de fin de conflit par les quatres syndicats est bien une trahison!

    J’aime

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