La grève d’agents de sûreté aéroportuaires reconduite

Le Monde, 16 décembre 2011 :

Faute d’ouverture de négociations sur les salaires et les conditions de travail, la grève d’agents de sûreté aéroportuaire, chargés du contrôle avant l’embarquement, devait se poursuivre partiellement samedi 17 décembre, notamment à Roissy et à Lyon.

Vendredi matin, seuls trente-deux vols sur les quarante prévus ont pu décoller de Lyon avec un retard moyen de deux heures. Deux autres aéroports, Roissy et Toulouse-Blagnac, étaient actuellement perturbés par la grève. Pour l’instant, le mouvement n’affecte pas les aéroports de Lille, Marseille, Montpellier ou Nice, pas plus que ceux de Chambéry et Grenoble. Au niveau national, cette grève de vingt-quatre heures reconductible lancée par les syndicats des entreprises de sûreté aéroportuaire de France, qui emploient 10 000 salariés, est suivie à 50 % selon le SESA (Syndicat des entreprises aéroportuaires), la fédération patronale du secteur.

Les organisations demandent une revalorisation de leurs salaires et l’amélioration des conditions de travail. « Nos conditions de travail empirent chaque jour, on subit de plus en plus de pression, on est de moins en moins nombreux sur les filtres, et notre pouvoir d’achat ne cesse de baisser », déplore Christine Hamiani, déléguée CGT Brink’s à Roissy. Les agents gagnent de 1 100 à 1 400 euros en moyenne, selon les syndicats, 1 600 selon le SESA.

En prévision de la grève, des agents à Roissy conseillaient aux voyageurs de se présenter le plus tôt possible aux postes de contrôle des passagers. Plus de 200 agents d’accueil supplémentaires d’Aéroports de Paris (ADP) sont présents dans les aérogares afin d’aller au devant des passagers pour les orienter et les renseigner.

A Roissy – Charles-de-Gaulle, une cinquantaine d’agents de sûreté ont manifesté, encadrés par des CRS, dans le terminal 2F, qui dessert notamment la France, l’Afrique et le Moyen-Orient. ADP a décompté environ 40 % des agents grévistes dans ce terminal, précisant toutefois que ce mouvement n’avait pas d’impact sur les vols. Plus de deux cents grévistes se sont ensuite rassemblés dans le hall de la gare TGV de Roissy – Charles-de-Gaulle, où des heurts les ont opposés aux forces de l’ordre.

« On n’est pas là pour embêter les voyageurs mais pour que les patrons respectent nos revendications », a déclaré Danièle Hanrion, déléguée CGT de l’entreprise de sécurité ICTS France. La syndicaliste a accusé les responsables des entreprises de sûreté de tenter de contrer la grève. « Ils ont fermé des postes et ils mettent des agents qui ne sont pas des agents de sûreté », a-t-elle indiqué. Une accusation catégoriquement démentie par ADP. « C’est entièrement faux », a martelé Patrick Thouverez, président du SESA. « Nos cadres agents de sûreté sont tous là, ils sont tous formés. On est très contrôlés tous les jours par la DGAC, la gendarmerie, et on respecte strictement les procédures de sûreté, y compris dans les grèves », assure-t-il.

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