Après le débrayage, la grève pour les Manoir Industries

L’Est Eclair, 14 décembre 2011 :

Les salariés de l’usine Manoir Industries de Bar-sur-Aube, qui fabrique notamment des pièces pour l’aéronautique, ont profité, hier, de la journée nationale de mobilisation contre l’austérité en France, pour débrayer une nouvelle fois dans le but d’obtenir une revalorisation salariale. Se sentant particulièrement « mal chaussés » par rapport à d’autres unités de production du groupe, ils demandent, notamment, la fin de ces disparités. Et ce, d’autant plus que l’usine de Bar-sur-Aube se porte bien et qu’ils ont l’impression de ne pas en voir les retombées. Un débrayage qui a conduit, hier, au vote d’une grève à compter d’aujourd’hui mercredi.

Le 1er décembre déjà, près de 120 des salariés avaient arrêté le travail pendant près de deux heures. L’entrevue avec la direction du site baralbin les avait alors conduits à attendre la suite des NAO (négociations annuelles obligatoires) lors d’une réunion, le 9 décembre, au cours de laquelle des annonces spécifiques pour le site baralbin devaient être faites.

C’est dans un tract intitulé « Indigne » que les élus CGT et FO de l’entreprise ont réagi à ces annonces et invité les salariés à une nouvelle mobilisation, hier.

« C’est du mépris »

Dès 11 h, plus de soixante-dix personnes se sont ainsi retrouvées à l’entrée du site baralbin. « C’est du mépris. On nous promet 0,5 % d’augmentation générale, 0,75 % d’augmentation individuelle pour l’ensemble du groupe. Et, pour Bar-sur-Aube, on nous donne une prime de 100 € net », lançait Patrick Gracia, délégué CGT, alors qu’Olivier Beça, son collègue de FO, dénonçait : « Le patron nous a encore menés en bateau. »

Dans les rangs, les salariés des ateliers de production mais aussi une douzaine de personnes des services administratifs, absentes lors du premier débrayage mais qui, cette fois, avaient décidé de se mobiliser aussi. « Quand on voit le prix des courses… », indiquait une employée de l’administration. Un de ses collègues ajoutait : « Il arrive un moment où il faut qu’on se montre aussi. » « Les clients ne font que nous relancer : ils ne sont pas contents du tout », ajoutait cette autre, car les Manoir dénoncent aussi le manque d’investissement en hommes comme en matériel qui conduirait à des retards dans les commandes pourtant bien là.
Une délégation a, une nouvelle fois, été à la rencontre de la direction du site baralbin. Une entrevue qui n’a pas donné satisfaction aux salariés qui ont voté, à la majorité et à main levée, le début d’une grève reconductible dès ce matin. Et ce, à l’image notamment de leurs collègues de Bouzonville (Moselle) qui ont entamé, lundi, un mouvement de grève.

Les salariés aubois attendent d’ailleurs, jeudi, la venue annoncée de Philippe Royer, président du groupe Manoir Industries, sur le site baralbin pour lui faire part directement de leurs revendications. La direction de Manoir industries, que ce soit au niveau national ou local, s’est refusée à tout commentaire et n’a pu confirmé la tenue d’une telle visite.

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  1. Pingback: Bar-sur-Aube : La lutte des ouvriers de l’usine Manoir Industries | Solidarité Ouvrière

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