Face aux attaques contre notre classe sociale : Ne nous laissons pas diviser !

Editorial de « Communisme-Ouvrier » n°15 (décembre 2011), bulletin de l’Initiative Communiste-Ouvrière :

Les plans d’austérité du gouvernement se suivent et se ressemblent. A chaque fois, il s’agit, encore et toujours, de nous faire payer à nous, travailleuses et travailleurs, le prix de la crise du capitalisme. Le dernier des plans de rigueur, annoncé le 7 novembre par Fillon, vise à économiser 7 milliards d’euros sur notre dos : hausse du taux réduit de la TVA porté de 5,5% à 7% , soit une hausse des prix ; gel de la revalorisation de la plupart des prestations sociales à 1% pour 2012, indexée non plus sur l’inflation mais sur la croissance ; et enfin l’application anticipée de 2018 à 2017 de la réforme des retraites qui relevait en 2010 à 62 ans l’âge légal de départ à la retraite. C’’est ainsi que, dans les ateliers et les services, bien des salariés ont appris que leur départ en retraite est repoussé de plusieurs mois.

Aux attaques de ce plan d’austérité s’ajoutent d’autres mesures contre les travailleurs, comme la tentative d’imposer un quatrième jour de carence en cas d’arrêt maladie dans le secteur privé et la mise en place d’un jour de carence dans le public ou la mise en place du travail obligatoire, sous-payés, pour les allocataires du RSA.

Dans ce contexte, la hausse du SMIC de 2,1% au 1er décembre 2011, qui n’est en rien un cadeau du gouvernement mais la stricte application du Code du Travail, n’en est que plus ridicule. C’est bien plus que 2,1% de hausse du SMIC qu’il nous faudrait pour vivre décemment et rattraper des années de hausses des prix et d’inflation. Le SMIC à 1.700 euros mensuels, une hausse immédiate de 300 euros pour tous et l’indexation des salaires sur la hausse des prix, voilà ce qui serait le minimum !

Dans bien des entreprises, les patrons, qui profitent depuis des années d’exonérations de cotisation, d’aides publiques et autres cadeaux, multiplient les plans de licenciements, de fermetures de sites et de suppressions d’emplois : fermetures annoncées de l’usine Honeywell de Condé-sur-Noireau, du site de Dannemarie de Peugeot Scooters ainsi que d’une centaine de suppressions d’emploi à l’usine de Mandeure, suppression de 2.000 emplois dans les stations services Total, suppression de 6.800 emplois en Europe chez PSA, menaces pour l’emploi chez Arkéma et aux Fonderies du Poitou…

Ne pouvant ni ne voulant s’en prendre aux actionnaires et aux patrons, les politiciens au gouvernement développent les discours visant à diviser notre classe sociale : travailleurs « bien portants » contre travailleurs malades à propos des jours de carence, travailleurs du privé contre salariés du public, travailleurs salariés contre travailleurs privés d’emploi, etc. Et on entend, depuis les plus hauts sommets de l’Etat, dans la bouche de ministres comme Besson ou Hortefeux les pires déclarations xénophobes à l’encontre des immigrés, on voit les politiques de chasse aux sans-papiers, des prises de position racistes à l’encontre des Roms et toute une propagande puante de nationalisme et de chauvinisme autour de « l’identité nationale ». Ailleurs en Europe, on voit à l’œuvre les mêmes politiques de chasse aux immigrés et de remises en cause du droit d’asile, en Hongrie des politiques de discriminations et de violences systématiques contre les Roms sont mise en place dans plusieurs villages, en Grèce c’est un parti ouvertement raciste et antisémite qui entre au gouvernement…

Comment s’étonner que dans ce contexte, la mosquée de Montbéliard le 10 novembre et celle de Villeneuve-sur-Lot le 19, aient été victimes d’incendies criminelles, incendies accompagnés à chaque fois de slogans ouvertement racistes ? Tout comme lorsque des synagogues brûlaient dans les années 1930, derrière ces incendies c’est, bien au-delà d’une question religieuse, toute une partie de la population qui est ainsi visée et menacée en raison de ses origines.

Les divisions racistes et nationalistes sont non seulement une honte pour l’humanité, mais n’ont toujours servi que les puissants et les plus riches pour nous diviser et nous affaiblir face à la misère et à l’exploitation.

Que nous disions « mein Schatz » ou « Habibi » à ceux qui nous sont chers, que nous chantions des berceuses en chinois ou en peul à nos enfants, que nos ancêtres soient enterrés dans les montagnes d’Anatolie ou les plaines de Pologne, nous subissons les mêmes conditions de travail, les mêmes licenciements, les mêmes bas salaires et les mêmes politiques anti-sociales. Le chauvinisme, le nationalisme et le racisme ont toujours été des poisons mortels pour la classe ouvrière, divisant ses rangs alors qu’il est de plus en plus indispensable d’être unis pour faire face aux attaques du patronat et du gouvernement, et cherchant à nous faire croire que nous aurions quelque chose en commun avec ceux qui nous exploitent. Alors que nous subissons de façon de plus en plus violente les effets de la crise du capitalisme, le chômage, les politiques d’austérité, les bas salaires, les hausses des prix, etc. nous devons, travailleurs et chômeurs, être plus que jamais unis pour faire face aux patrons.

Ne nous laissons pas diviser par les racistes, les nationalistes et autres réactionnaires ! Quelques soient nos origines, que nous travaillions dans le privé ou le public, que nous soyons au chômage ou en activité, c’est tous ensemble qu’il faut lutter pour refuser de payer leur crise et leurs dettes, pour faire face aux sales coups du patronat et pour construire un monde digne du 21ème siècle où chaque être humain pourra vivre décemment !

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