A propos du fascisme

Topo d’introduction à la réunion organisée par l’Initiative Communiste-Ouvrière le 1 décembre à Lille sur le thème « Sommes nous face à un danger fasciste ? »

"Guerre et cadavres : le dernier espoir des riches"

Qu’est-ce que le fascisme ?
Dans la gauche et l’extrême-gauche, le mot « fasciste » a tendance à être utilisé pour désigner n’importe quel régime réactionnaire, autoritaire ou répressif. Les dictatures militaires sont souvent décrites comme « fascistes », De Gaule en son temps ou Sarkozy aujourd’hui peuvent être traités de « fascistes », les dictatures de Staline ou de Mao sont parfois appelées « fascisme rouge », et si on prend le lexique des staliniens, le mot « fasciste » ou des équivalents ont pu désigné n’importe quel adversaire politique, on parlait de « sociaux-fascistes » pour désigner la social-démocratie, de « hitléro-trotskistes » pour parler de l’opposition communiste de gauche ou de « hitléro-titistes » pour les nationalistes yougoslaves, etc.

Plus près de nous, on se souvient des appels à « faire barrage au fascisme », en votant Chirac, en 2002… Notons tout de suite que si à cette époque il y avait vraiment eu un « danger fasciste » et que la seule option aurait été de voter Chirac, il aurait alors fallu se préparer à la clandestinité. On reviendra un peu sur l’histoire, mais lors des élections présidentielles de mars et avril 1932 en Allemagne, et alors qu’il y avait un vrai danger fasciste, le SPD pour « faire barrage aux nazis », avait appelé à voter Hindenburg, ce même Hindenburg qui nommera Hitler chancelier en janvier 1933.

Pour les marxistes, les mots en politique ne visent pas à insulter les adversaires ou les ennemis de classe ou à donner une impression de radicalité en les désignant par des mots comme « fascistes » ou « nazis », mais à analyser et décrire une réalité afin de pouvoir agir et transformer le monde. En traitant n’importe quel régime, dès lors qu’il se montre répressif, de « fasciste », on oublie que l’Etat, quelque soit sa forme, est toujours la dictature d’une classe sur une autre, et que la bourgeoisie ne réprime pas parce qu’elle est fasciste mais parce qu’elle est la classe dominante qui veut conserver son pouvoir. Désigner tout régime répressive ou toute politique réactionnaire comme « fasciste » s’est aussi, comme dans « Pierre et le loup », ne plus avoir de mots lorsqu’il faudra réellement faire face à un danger fasciste.

Fascisme et racisme
Aujourd’hui, lorsque l’on parle du fascisme, nous avons toutes et tous en tête les images, non seulement des camps de concentration, mais aussi des camps d’extermination et de la politique raciste des nazis. Alors, avant de revenir sur le début des années 1930 en Allemagne, il convient de rappeler que le fascisme est né en Italie. En 1919-1920, l’Italie est traversée par une vague révolutionnaire : des conseils ouvriers se mettent en place, les ouvriers agricoles entrent en lutte, etc. Des soldats démobilisés, des petits-bourgeois qui ne retrouvent plus dans l’Italie de l’après-guerre leur ancienne position sociale, des aventuriers sont regroupés dans des bandes qui attaquent, cognent et terrorisent les militants ouvriers. Le Parti National Fasciste est créé en mars 1919 dans une salle prêté par le patronat industriel à Milan. En octobre 1922, après la marche sur Rome, Mussolini est nommé à la tête du gouvernement italien par le roi. Si on note des premières lois racistes en 1937 avec l’occupation de l’Éthiopie (un édit royal d’avril 1937 interdit les relations sexuelles entre soldats italiens et femmes éthiopiennes), le massacre de Graziani entre le 19 et le 21 février 1937 à Addis-Abeba (de 5.000 à 30.000 morts en trois jours), cette atrocité et ces discriminations sont finalement assez comparables à celle des autres puissances coloniales. Pour donner un exemple, la répression de l’insurrection malgache de 1947 a fait, selon une mission de l’assemblée de l’Union Française en 1948, 89.000 morts.

En Italie même, les premières déclarations et publications officielles antisémites datent de 1936, et c’est en 1938, alors que l’Italie fasciste s’est rapprochée de l’Allemagne nazie, que sont prises les « lois raciales fascistes » et que commencent les discriminations et persécutions à l’encontre des Juifs. Ainsi, pendant une quinzaine d’années, le régime fasciste italien réprime et muselle la classe ouvrière, abolit les libertés, mais sans avoir de politique raciste. Le racisme n’est pas une caractéristique du fascisme : en Italie, le fascisme ne développait pas de politique raciste à ses origines, alors qu’à la même époque, et jusqu’au mouvement pour les droits civiques, la plupart des Etats du sud des Etats-Unis avaient des législations ségrégationnistes à l’encontre des Noirs.

En Allemagne, par contre, la propagande antisémite sera présente dès les origines du NSDAP et plus largement dans les cercles d’extrême-droite. Dès 1933, les SA multiplient les attaques contre des commerces juifs, et les premières lois antisémites sont instaurées (révocation des juifs de la fonction publique en avril 1933, limitation du nombre d’étudiants juifs dans les universités, radiation du barreau de près de 80% des avocats juifs, etc.), suivies par les lois de Nuremberg en 1935, le pogrom de la nuit de cristal le 9 novembre 1938, etc.

Le mouvement ouvrier, y compris les organisations en marge du KPD et du SPD, qui ont une analyse assez fine de ce que sera le régime nazi, ont généralement fait l’impasse sur l’aspect raciste du NSDAP. Une brochure de la FAUD (anarcho-syndicalistes), publiée en 1932 et signée par le pseudonyme Gerhard, développe ainsi une critique assez complète de ce que sera la politique des nazis, la terreur contre la classe ouvrière, les buts économiques du national-socialisme, le militarisme, etc., mais balaye en un paragraphe l’antisémitisme comme « une démagogie héritée du Moyen-Age (…) qui disparaîtra dès la prise du pouvoir ». Sur ce point, d’ailleurs, Juan Rustico dans son témoignage « 1933 : La tragédie du prolétariat allemand » raconte comment, rappelant la politique antisémite du NSDAP à sa logeuse, juive, qui parle de voter pour les nazis, cette dernière lui répond que l’antisémitisme des nazis ne la concerne pas mais vise uniquement les « Ostjuden », les juifs immigrés de Pologne.

Un des rares à se pencher et à comprendre l’antisémitisme du national-socialisme est Trotsky. En juin 1933 dans « Qu’est-ce que le national-socialisme ? », il écrit : « Sur le plan politique, le racisme est une variété hypertrophiée et vantarde du chauvinisme associé à la phrénologie. De même que l’aristocratie ruinée trouvait une consolation dans la noblesse de son sang, la petite bourgeoisie paupérisée s’enivre de contes sur les mérites particuliers de sa race. (…) Tout en se prosternant devant le capitalisme dans son entier, le petit bourgeois déclare la guerre à l’esprit mauvais de lucre, personnifié par le juif polonais au manteau long et, bien souvent, sans un sou en poche. Le pogrom devient la preuve supérieure de la supériorité raciale. » En décembre 1938, après le pogrom de la Nuit de Cristal, il écrira même : « Il est possible d’imaginer sans difficulté ce qui attend les Juifs dès le début de la future guerre mondiale. Mais, même sans guerre, le prochain développement de la réaction mondiale signifie presque avec certitude l’extermination physique des Juifs. »

La montée du nazisme en Allemagne
Pour comprendre l’arrivée au pouvoir des nazis en 1933 en Allemagne, il faut oublier les images d’un peuple allemand qui serait complétement nazifié dès les années 1930. De 1918 à 1923, l’Allemagne est secouée par une vague révolutionnaire : soulèvement des matelots à Kiel les 4 et 5 novembre 1918, création de conseils d’ouvriers et de soldats dans les principales villes allemandes, insurrection spartakiste à Berlin en janvier 1919, proclamation de la République des Conseils de Bavière en avril 1919, grève générale en mars 1920 contre le coup d’Etat de Kapp et création de l’armée rouge de la Ruhr… Le SPD, le parti social-démocrate, au pouvoir, se charge de réprimer le mouvement révolutionnaire. L’armée étant désorganisée, Noske, ministre de l’intérieur SPD, fait non seulement une fraction de l’ancien appareil militaire mais aussi des corps francs, c’est-à-dire des troupes de volontaires contre-révolutionnaires dont certains formeront plus tard des cadres du parti nazi ou des SA et des SS, pour réprimer les soulèvements ouvriers de Berlin et de Bavière.

Le NSDAP, Parti National-Socialiste des Travailleurs Allemand, est alors un groupuscule parmi les nombreuses organisations nationalistes et réactionnaires qui existent en Allemagne. Ayant surmontée, par la répression la crise révolutionnaire, ainsi que la crise et l’hyperinflation de 1923, le régime bourgeois se stabilise en 1924. Aux élections de mai 1928, le NSDAP n’obtient que 2,6% des voix.

La crise de 1929 a des conséquences dramatiques en Allemagne. Suite au traité de Versailles de 1918, l’Allemagne doit payer d’énormes réparations de guerre et a perdu ses colonies et certaines riches régions minières (comme l‘Alsace-Lorraine). Le prolétariat reste turbulent et, face à la crise, n’est pas prêt d’accepter à en payer le prix. La petite bourgeoisie, étranglée par la crise économique, se tourne vers le NSAPD, le parti nazi, et sa démagogie nationaliste, raciste, et anti-communiste, mais aussi sociale. Contrairement aux partis conservateurs ou réactionnaires classiques, le NSDAP s’afirme “socialiste”, il développe une propagande anti-capitaliste, non pas un anti-capitalisme prolétarien, mais un anti-capitalisme petit-bourgeois, utopique et réactionnaire. Daniel Guérin cite dans Fascisme et Grand Capital la définition par un étudiant nazi de ce “socialisme rétrograde” : “Le national-socialisme veut arrêter le mouvement mécanique de la roue capitaliste, mettre un frein à cette roue, puis la faire tourner en sens inverse jusqu’à son point de départ et, à ce point, la stabiliser”.

Aux élections du Reichstag du 14 septembre 1930, le KPD obtient 13,1% des voix et le NSDAP 18,3%. Le 31 juillet 1932, le KPD monte à 14,5% et le NSDAP à 37,4%, et le 6 novembre, le KPD obtient un score de 16,9% tandis que le NSDAP baisse à 33,1%. Le SPD, qui reste malgré tout un parti ouvrier à cette époque, fera respectivement 24,5%, 21,6% et 20,4%. Le NSDAP obtient aussi, de plus en plus, le soutien financier d’une fraction croissante de la grande bourgeoisie, ce qui lui permet des campagnes électorales spectaculaires. Mais surtout, en plus de ces scores électoraux, le parti nazi organise des petits-bourgeois déclassés, des anciens membres des corps francs et des sous-officiers démobilisés dans la SA, ses troupes de choc qu’il lance contre la classe ouvrière. En 1931, 103 militants communistes sont assassinés par des nazis lors de combats de rue.

Si la bourgeoisie allemande, qui a senti avec frayeur le souffle de la révolution prolétarienne il y a à peine dix ans, trouve dans les bandes nazies un moyen de prendre sa revanche, une politique nationaliste agressive lui est aussi nécessaire pour faire face aux autres puissances impérialistes, relancer l’industrie par le militarisme et récupérer des régions minières. Ce n’est donc pas seulement pour briser les os du prolétariat que le capital fait le choix du nazisme, mais aussi et surtout parce que, dans le contexte de crise économique mondiale, la barbarie du fascisme et de la guerre est la seule issue pour que les capitalistes puissent s’enrichir à nouveau.

"Instrument entre les mains de Dieu ? Instrument entre les mains de Thyssen"

La terreur nazie au pouvoir
Le 30 janvier 1933, le président Hindenburg nomme Hitler chancelier. Le 22 février, les SA et les SS deviennent officiellement des auxiliaires de la police d’Etat. Dans la nuit du 27 au 28 février, le Reichstag brûle, ce qui sert de prétexte aux nazis pour interdire le Parti Communiste et abolir la plupart des libertés démocratiques : une répression s’abat sur les militants communistes et plus largement les militants ouvriers. Cette répression est avant tout l’oeuvre des SA. A Berlin par exemple, les SA occupent la Maison Karl Liebknecht, le local du KPD, et y font flotter le drapeau à croix gammée. Dans toute l’Allemagne, des SA et des SS font la chasse aux communistes et aux militants ouvriers, les arrêtent et les enferment dans les premiers camps de concentration, alors des camps de fortune, constitués à la hâte dans des anciennes friches industrielles par exemple. Ainsi, en février 1933, le camp d’Oranienburg est édifié dans une ancienne brasserie. Les élections du 5 mars 1933, dans ce climat de terreur, donne 44% aux nazis… et si le KPD obtient malgré tout 81 députés un décret leur interdit de siéger. Le 23 mars, avec le soutien de tous les partis, sauf le SPD, le Reichstag vote les pleins pouvoirs à Hitler. Le 30 mars 1933, le premier camp de concentration officiel est ouvert à Dachau pour y interner les communistes et antifascistes. Le 26 avril la Gestapo est formée, le SPD se retire de l’internationale socialiste le 30 avril, ce qui n’empêchera pas son interdiction le 2 juin, suivie de celles de tous les autres partis, le 2 mai les locaux syndicaux sont occupés par les nazis et les dirigeants arrêtés, le 10 mai c’est l’autodafé de Berlin, le 14 juillet le NSDAP devient parti unique… le 30 janvier 1934, l’Allemagne devient officiellement le Troisième Reich. La terreur nazie s’abat sur tous les opposants, e, particulier les militants ouvriers : du 30 janvier 1933 au printemps 1936, 1.359 personnes sont assassinées par des agents du régime nazi ; de 1933 à 1939, 225.000 personnes sont condamnées pour motifs politiques à des peines de prison et un million d’Allemands et d’Allemandes sont envoyés dans les camps de concentration pour motifs politiques et on compte plus de 32.000 condamnations à mort et exécutions pour motifs politiques de 1933 à 1945 en Allemagne. Pour l’année 1941, ce sont encore 11.405 militants du mouvement ouvrier, essentiellement du KPD mais aussi du SPD ou d’autres organisations, qui sont arrêtés par la Gestapo en Allemagne.

Toute organisations ouvrières interdites, la population mise au pas par les nazis et leurs organisations, les conventions collectives supprimées (30 janvier 1934), la mise en place d’un programme industriel en préparation à la guerre permet à la bourgeoisie de retrouver ses profits.

Ce qu’il convient de noter, c’est qu’à la différence des dictatures “classiques”, le fascisme, que ce soit en Italie et plus encore en Allemagne, ne s’appuie pas tant sur des structures traditionnelles de l’Etat bourgeois, comme l’armée dans les dictatures militaires, mais sur de nouvelles structures, liées à un parti de masse. En Italie au début des années 1920, comme en Allemagne en 1933, ce n’est pas tant les institutions comme la police ou l’armée qui font la chasse aux militants ouvriers, mais les chemises noires ou les SA et les SS. Pendant toute la durée du IIIème Reich, aux organismes d’Etat classiques, sont ajoutées des structures sous la direction du NSDAP, comme la SA puis la Gestapo en parallèle à la police, la SS en parallèle à l’armée, les camps de concentration sous la direction de la SS en parallèle aux prisons et pénitenciers, etc.

Aujourd’hui en Europe Occidentale ?
Nous assistons bien entendu à un développement des idées réactionnaires. En France, depuis le sommet de l’Etat, nous assistons par la voie des Hortefeux, Besson et autres ministres de Sarkozy, a un déferlement de discours xénophobes et même racistes, en particulier à l’encontre des Roms. Les partis d’extrême-droite ont pignon sur rue, comme le Front National, la liste d’un Parti Anti-Sémite (officiellement Parti Anti-Sioniste mais il n’y a qu’à lire ses “oeuvres” pour y voir une vieille obsession antisémite) peut se présenter aux élections européennes, et des groupuscules comme les Identidaires se montrent de plus en plus régulièrement dans les rues de grandes villes comme Lyon ou Lille. Au niveau de l’Europe, on peut voir des membres de partis d’extrême-droite participer à des gouvernement comme avec Berlusconi en Italie, ou depuis peu, avec les sociaux-démocrates et les conservateurs dans une “grande coalition” en Grèce. On pourrait, dire comme Trotsky dans les années 1930 que « Tout ce que la société, si elle s’était développée nor­ma­le­ment aurait dû expul­ser (…) comme l’excrément de la culture, elle est en train de le régurgiter : la civilsation capitaliste vomit aujourd’hui la barbarie non digérée ».

Mais peut-on, pour autant, parler d’un danger fasciste immédiat en Europe de l’Ouest ? Avant d’aborder cette question, il convient de préciser que les choses peuvent se précipiter dans l’avenir. En Italie, il n’a fallu que trois années pour aller de la formation du parti fasciste (1919) à sa prise du pouvoir (1922), et en cinq année le NSDAP passe de petit parti marginal en 1928 à parti au pouvoir en 1933. C’est dire si, en particulier dans les périodes de crise, les mois peuvent se transformer en années.

Mais aujourd’hui, il serait abusif de considérer l’Italie des différents gouvernement où ont siégé des membres de l’Alliance Nationale ou d’autres partis d’extrême-droite comme ayant été un régime fasciste. Les organisations ouvrières n’ont pas été brisées ni même réprimées, les libertés collectives n’ont pas été remises en cause. Même chose en Autriche, le gouvernement de coalition FPÖ / ÖVP de 2000 à 2003 n’a pas été un régime fasciste. En France, le FN ne dispose pas de milices de types SA ou chemises noires pour semer la terreur contre le mouvement ouvrier, et une option à l’italienne ou à l’autrichienne, c’est à dire une coalition entre la droite conservatrice ou une de ses fractions et l’extrême-droite apparaît comme un scénario plus réaliste dans la période qu’un gouvernement fasciste. Cela ne signifie pas, bien au contraire, qu’il ne faudra pas, si un tel gouvernement se met en place, le combattre, dénoncer, comme il faut le faire aujourd’hui, les mesures réactionnaires et xénophobes, la politique anti-ouvrière, etc. On notera d’ailleurs que le gouvernement Sarkozy n’a pas besoin d’avoir en son sein des militants d’extrême-droite pour mener une politique qui, en matière de réaction, de nationalisme et de xénophobie, faut bien celui qui a été jusqu’à récemment au pouvoir en Italie. De la même façon, s’il faut combattre et se défendre face aux groupuscules néo-nazies, en particulier dans des villes comme Lyon où des militants d’extrême-gauche et des immigrés ont été agressés, parfois violemment par ces bandes, on est loin du climat de terreur de l’Italie ou de l’Allemagne pré-fascistes.

Par contre, il faut garder à l’esprit que, dans le contexte de crise mondiale du capitalisme, la bourgeoisie peut très bien avoir besoin, dans les années qui viennent, à la fois d’exacerber des politiques nationalistes dans le cadre de la guerre de tous contre tous et de briser toute résistance ouvrière. Pour cela, une chose doit être clair : les formules « anti », comme l’antifascisme, ne peuvent jamais être suffisantes. Dans un contexte de crise, de chômage de masse, de dégradation des conditions de vie de la majorité de la population, se contenter d’opposer l’antifascisme au fascisme s’est se préparer à la défaite. C’est bien des réponses, et donc un programme, que les révolutionnaires doivent opposer aux réactionnaires.

A ce sujet, il faut bien avoir à l’esprit que les nazis, comme aussi les fascistes italiens, ont pu, aussi, développer une démagogie anti-capitaliste réactionnaire. Il est donc important de bien défendre, non pas un vague « anti-capitalisme », mais les principes et le programmes du socialisme prolétarien. Pour prendre un simple exemple, l’extrême-droite, quand elle tient des discours anti-capitalistes, oppose toujours ce qui serait un « bon capitalisme national et productif » à ce qui serait un « mauvais capital financier mondial ». Or, on ne peut diviser le système capitaliste entre « capital industriel » et « capital financier », l’un et l’autre sont liés pour former un tout. Le capital financier est indispensable au capital industriel, et le capital financier ne saurait exister sans un capital industriel. Or, il arrive dans des milieux de gauche que la même distinction soit faite, il faut aussi se débarrasser de toute complaisance à l’égard du nationalisme et de ses thèses ou conclusions. Prenons l’exemple de l’Europe, ce n’est pas la sortie de l’Euro ou de l’Union Européenne que doivent défendre les communistes, mais l’unification des luttes des travailleurs à l’échelle de l’UE pour faire face aux attaques.

Les atrocités du nazisme, régime qui s’est imposé dans ce qui était à l’époque un des pays les plus industrialisé au monde, un des pays qui avait le plus fort prolétariat organisé, nous montre jusqu’où peut aller la barbarie du régime capitaliste. Si on ajoute les monstruosités liées à la guerre mondiale elle-même, les villes quasiment rayés de la carte, comme Tokyo, Berlin, Minsk, Varsovie, Hambourg, Dresde sans parler de Hiroshima et Nagasaki, on voit avec quelle folie destructrice le capitalisme a relancé son économie après la crise de 1929. Toutes ces atrocités ont finalement donné un visage à la phrase de Karl Marx : « Socialisme ou Retombée dans la barbarie ».

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