RSA : Mainmise sur les allocations contre un travail obligatoire

Article publié dans « Communisme-Ouvrier n°15« , décembre 2011, bulletin de l’Initiative Communiste-Ouvrière :

Dans le pack cadeau du gouvernement distribué en cette fin d’année 2011 intitulé, « au nom de la fraude aux prestations sociales », Saint Nicolas et ses élèves, les dénommés Vauquiez et Daubresse, ont décidé d’offrir aux travailleurs privés d’emploi et percevant le RSA, un « contrat de travail obligatoire » de 7 heures. Non pas 7 heures par jour comme pour un vrai emploi, mais 7 heures par semaine pour leur « redonner de la dignité ». Instaurer le travail obligatoire pour les bénéficiaires du RSA afin de leur « redonner de la dignité » relève de la pure provocation.

Ce qui revient à dire, qu’à défaut de proposer aux chômeurs un véritable emploi, le gouvernement les stigmatise encore en les présentant comme des « assistés » qui profiteraient des collectivités à raison de 460 euros par mois. C’est la manière que Sarkozy a trouvé pour s’intéresser aux pauvres qui survivent : ressusciter le travail forcé et renforcer l’esclavage salarié grâce aux entreprises complices, qui se transforment de plus en plus en bagnes militarisés. Ces mêmes entreprises qui ont par ailleurs reçu 75 milliards d’euros d’aides d’exonération pour soi-disant créer des emplois.

L’objectif de la mesure est avant tout diviser travailleurs mal payés et travailleurs privés d’emploi percevant le RSA. Au lieu d’être « assistés », ils devront travailler 7 heures par semaine pour une misère, soit 130 € par mois au lieu de 214 € au taux horaire du SMIC, au nom « des droits et des devoirs ». Il s’agit donc bien là de faire entrer en concurrence les travailleurs entre eux, pour que le patronat puisse profiter et d’une main d’œuvre à bon marché et de contrats CDD de 7 heures par semaine. Ceci au lieu d’embaucher des travailleurs sur des contrats « ordinaires » et de les rétribuer par des salaires décents pour vivre. Ce qui veut dire, qu’au lieu de d’augmenter le SMIC, l’État et le patronat trouvent toujours des combines économiques pour tirer encore plus les salaires vers le bas. Et les familles monoparentales, des femmes pour la plupart, qui élèvent RSA : Mainmise sur les allocations contre un travail obligatoire seules leurs enfants, devront payer des frais de gardes beaucoup plus élevés que ce qu’elles gagneront en sus de leur RSA : trouver des assistantes maternelles acceptant également de travailler entre 7 et 8 heures par semaine, et payées au SMIC ! Qui fraude qui, qui se moque de qui, les allocataires du RSA qui travaillent à perte ou l’État qui pousse vers la pauvreté ?!

Sans compter que les travailleurs du RSA devront réaliser « des taches contribuant à l’intérêt collectif de la société », sans pour cela être assujettis « au droit du travail » ! Ce qui signifie que le travailleur RSA, n’aura même pas les mêmes garanties qu’un « salarié ordinaire ».

L’objectif premier de cette mesure est donc bien de diviser la classe ouvrière pour mieux régner. Et en plus, le gouvernement exerce une pression par un chantage à la suppression des allocations RSA pour les récalcitrants !

L’Initiative Communiste-Ouvrière s’oppose au travail au rabais avec des salaires toujours plus bas et refuse les divisions de la classe ouvrière, entre les travailleurs allocataires du RSA et travailleurs payés au SMIC. Nous dénonçons également les Conseils Généraux des 11 départements* qui se sont portés volontaires « d’expérimenter » sur le dos des travailleurs précaires allocataires du RSA, des mesures allant à l’encontre des droits inscrits dans la législation du travail. Au contraire, revendiquons un emploi décent et aucun revenu inférieur au SMIC.

Saphora Boiszeau

*Vauquiez : Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche ; Daubresse : Secrétaire Général Adjoint de l’UMP.

*Les 11 départements complices de l’Etat et prêts à expérimenter les contrats de 7 heures : les Alpes-Maritimes, la Savoie, la Haute-Savoie, la Vendée, la Manche, le Rhône, le Haut-Rhin, le Bas-Rhin, la Côte d’Or, la Marne et la Haute-Marne

Une réponse à “RSA : Mainmise sur les allocations contre un travail obligatoire

  1. Non seulement il s’agit de travaux forcés puisque les personnes désignés n’auront pas le choix de refuser mais de travaux sous-payés alors qu’il existe un salaire minimum. Cela sera donc doublement pénalisant et doublement humiliant. Cherchez l’erreur. Sinon tout est au mieux.

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